CHAPITRE III
Qui aurait dit qu’on y pouvait circuler avec une si grande aisance ? Voilà donc une trouée bien faite et déjà maintenant tout change d'aspect. Voyez-vous ce chemin de traverse qui débouche dans le nôtre, il court sur le revers de la montagne et donne accès à de magnifiques sucreries qui sont là à quelque distance. Ce que nous en voyons dans le moment n’en est que l'annonce pour ainsi dire. En effet ce terrain, bien qu’élevé, devient régulièrement plan sur un espace considérable, des défrichements sont faits dans ces érablières même, et plusieurs colcas y ont fixé leurs demeures. Traversons la rivière sur le pont des sept châtes, voici un autre chemin qui se dirige vers l'Est. Au delà des collines qui sont en face de nous, des établissements importants ont été faits depuis
| quelques années. Des lots d'excellente terre.sont cull'tivés avec succès, un moulin vient d’y être construit,
le village y surgira tôt ou tard sans aucun doute. Un homme d’entreprise et d'énergie, M. Martel, y a mis
É tout son avoir.
Hâtons-nous de franchir le terrain ou plutôt les ro-
ichers des sep chûtes. Ici, sur une longueur de qua-
rante arpents, il n’y a pas de colonisation possible ni auprès, ni à distance du chemin. D’énormes blocs de branit, superposés parfois jusqu’à une altitude consilérable, s'élèvent à côté, en face et derrière nous ; ette stratification gigantesque, disposée irrégulière. ment et sur laquelle ne se produit aucune végétation, orme une surface lisse, souvent verticale, partout
oircie par la pluie, l'air et le soleil. Il était difficile
nn — e—}, an
de fajre passer un chemin à travers ces crètes de rochers dont l1 mine et le marteau néanmoins ont fini par avoir raison. M. Brassard, il y a dix ans, a fait là des travaux qui sont encore bons aujourd’hui.
En amont des chutes, le terrain redevient uni : la rivière Noïre que nous côtoyons tantôt de près, tantôt de loin, donne une vallée passablement large ; le sol en est de bonne qualité, le bois qui y domine est le rnerisier blanc, dont les proportions se soutiennent et en font un arbre d’une grosseur et d’une hauteur extraordinaires. Il y a par endroits une grande quantité d’épinettes rouges très-grosses aussi et d’une longueur non commune. Nous trouvons ici quelques défrichements et cinq ou six maisons. En observant toutes choses avec attention, l’on est surpris de la profondeur de la couche de terre et de la facilité avec laquelle elle peutêtre travaillée, lorsque les pierres qui paraissent à sa surface en ont été enlevées. Toutes ces roches sont à fleur de terre et il reste un sol profond de terre grasse qui est très- productive. Nous sommes ici dans une vallée qui peut avoir un mille de largeur et qui s'étend jusqu'à cette autre montagne escarpée qu’on appelle la Grande muraille. Cette vallée mesure ainsi une longueur d’environ deux lieues. Elle est coupée en son millieu par la rivière Noire, et, par-ci par-là, nous voyons d'assez grandes clairières d’aulnages et de foin bleu. Nul doute qu'on y
puisse faire plusieurs établissements prospères quil
abrègeront la distance sans habitations jusqu'à Man tawa. Vers le milieu de cette vallée, lorsqu'on a fran
s de ro-
ont fini
5, 4 fait
hui.
jent uni:
. de près,
ent large ;
y domine
e soutien-
d’une hau-
ne grande
si et d’une
i quelques observant
rpris de la
acilité avec
» Jes pierres
byées. Toureste un soi
ctive. Nous
ir un mille
re montagne
re, Cette val-
deux lieues.
ière Noire;
ndes clairiè-
oute qu'on y
rospères quil
jusqu’à Man
squ'on a fran