‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 28 sur 153 · CHAPITRE INT · texte numérisé non relu

CHAPITRE INT

distante de quelques lieues, dans les nouveaux cantons, le revenu qui donne la force de résister aux accidents ou aux revers ordinaires de la vie. Convenons donc qu'ils ne comprennent pas ou qu’ils comprennent fort mal leurs vrais intérêts ceux qui, ayant à lutter pour leur existence quotidienne, se laissent décontenancer par la perspective, soit de l'ouvrage à faire sur une terre en bois debout, soit de l’éloignement de quelques lieues dans les montagnes, soit de l'isolement temporaire où ils peuvent se trouver. Et ceux qui, par des réflexions inconsidérées, entretiennent de l’indécision, ou apportent du découragement dans l’âme de quelques nouveaux colons, devraient prendre garde à la responsabilité qu'ils assument. Juelle autre carrière plus noble, plus importante et blus rémunératrice leurs belles paroles ouvriront-elles 1 de pauvres familles qui vont languir et périr dans a servitude ! Une compassion intempestive et fort éplacée n’est pas un conseil d'ami; le gain, l'argent, > bien-être, les richesses ne se substituent pas aux onséquences désastreuses d’un jugement mal fondé, t surtout, qu’on le rappelle souvent à sa mémoire, s conseilleurs ne sont pas les payeurs.

Dieu sait quelles déceptions suivent les folles idées un homme qui prend en dégoût le sillon qu'il a éparé dans la forêt, qui trouve sa terre ingrate, qui tte un œil d'envie sur les villes et les villages de sa ovince, qui pense que toutes les aises de la vie arrent sans qu'on se donne la peine de les mériter !

fidèle à la voix de la raison et de la religion, il ne

tm.

SAR A PRE TS Un > RE nee 4

veut pas se fixer au lieu où la Providence l’appelle ; alors il s’agite, se démène, se tourmente afin de porter ailleurs ses destinées ; le bonheur qu’il aurait pu goûter dans une humble aisance, il le remplace par l'inquiétude, la souftrance et la misère. O imprudent, o malheureux, o insensé, comme si le droit de jouir sans travailler lui était acquis ! Po rquoi laisser son ouvrage sur la parole irréfléchie sinon malicieuse d’un faux docteur, d’un sinistre prophète ?

Encore à l'heure qu'il est, et maïgré tout, le jeune homme se détache bien trop aisément de son champ comme de son pays; il ext curieux, avide d'aventures, désireux de changement, il ne tient plus guère à la maison de sa mère, au métier de son père, il abandonne sans regret le nid de son enfance, l’horizon béni dont l’image a pris la première place dens ses affections et ses souvenirs. Un grand malaise tourmente son existence, il faut qu’il sorte, qu’il s’éloigne, qu'il se répande au loin. Puis quand il est parti, son âme boulevers ie comme un volcan n’a plus de repos ; il pense à fa patrie, à son clocher, à sa famille, à son avenir ; il voit les terres qu'il a laissées, les succès que le travail procure, les positions que Pon s’y est assurées ; i! entend les louanges qu’on en fait ; d’un autre côté les désappommtements qu’il éprouve le poursuivent à toute heure et partout. Un jour il reviendra, mais il reviendra affecté de la maladie commune, c’est-à-dire, n'ayant rien dans sa bourse, physiquement <éshabitué du travail agricole, affaibli, indifféi::nt ou plein d’un mépris déguisé pour ses an-

elle ; porit pu > par dent, jouir : son cieuse

jeune hamp itures, guère ère, Il l’horie dens alaise vil s’éd il est a plus sa fahissées, pns que u’on en éproun jour maladie bourse, affaibli,

ses an-

Page 1