‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 32 sur 153 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ches nous ont quittés, le désert s’est fait pour moi et pour mes enfants qui pourront s'établir à mes côtés. Je ne saurais donc être mécontent de mon sort actuel ; tout au contraire, je remercie la divine Providence de m'avoir inspiré l’idée de venir ici d'abord et de m'y établir ensuite avec ma famille. »

Le nom de cet homme est Didace Thériault.

Quand il est venu à Mantawa pour la première fois, il était à peine âgé de quinze ans, il n'avait aucune ressource et ne pouvait attendre aucun secours de ses parents. Force lui fut donc de s'engager. Dès les premières années, il gagna beaucoup d’argent ; mais étant jeune encore, sans expérience, sans surveillani, il se dissipa comme tant d’autres font malheureusement, perdit de l'argent et des avantages. Ce ne fut que plus tard, après des misères et des embarras de toutes sortes, qu'il s’aperçut de son erreur. Il sut alors réparer ses pertes et racheter le ternps perdu. En homme de cœur, il se mit consciencieusement à l'ouvrage. Il choisit un lot à St-Zénon et commença résolument à le défricher. Homme fort et robuste, en peu de temps il nettoya son abattis, et se prépara le terrain nécessaire pour une bonne semence. Sa première récolte fut bonne, elle lui fournit le moyen d'agrandir son défrichement et de commencer de bonnes bâtisses. Une seconde le paya davantage, et alors notre colon aussi persévérant dans son labeur que dans ses bonnes résolutions, parfaitement réhabilité aux yeux de tous par une conduite exemplaire, s'adjoignit une honnête et fidèle compagne qui sut le

seccnder et l’encourager dans ses louables entreprises. Ils ont bien réussi jusqu’à présent ; aujourd’hui leur avoir est d'au moins deux mille piastres; tout leur fait espérer de plus grands succès encore; et voilà pourquoi ce jeune père de famiile parle un si franc langage aujourd’hui à ceux qui le questionnent. Il considère son avenir comme assuré, et certes rien n’est mieux fondé que cette espérance.

Parmi le grand nombre de ceux qui, dans nos paroisses, ont besoin d'établissements, en est-il un qui soit moins fortuné que ne l'était Didace Thériault ? En est-il un parmi ceux-là qui ne désirerait jouir du bien-être qu2 ce jeune homme ressent aujourd’hui sur sa propriété de St-Zénon ? Faites un pas, chers amis, un acte de courage et tout est dit, tout est fait. Vous avez un exemple de succès prompt et frappant, vous avez sous kes yeux le vrai modèle d’un colon qui n'a eu recours qu’à ses bras e: à sa hache pour arriver Où 1l est.

Un autre colon, voulant répondre d’une manière péremptoire à certaames objections qui lui était faites sur la nature et la qualité de son terrain, s’avança de quelques pas dans la pièce de grain en face de lui, puis usant croier les épis verts sur sa tête, il répond par le proverbe : « Jugez du sol par ses fruits ». Cependant c'était la troisième récolte qu'il faisait sur ce morceau de terre.

Rien de plus facile que de préparer ce beau terrain pour toutes les fins principales de l’agriculture. Le feu détrut Fexcès de matière végétale quanil il y en

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