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CHAPITRE IV

a, et les cendres de tous les bois et végétaux produisent des ingrédients terreux fort appréciés et tout à fait convenables à cette espèce de sol. Ici, je le répète, : .pect des lieux, la fertilité du territoire, la facilité des communications, la proximité des grands centres, la circulation toujours croissante, tout semble inviter d'avance le fermier canadien à venir déposer quelques sous, verser quelques sueurs. Son travail y ouvrira des trésors, c’est connu. Que son seul regret aujourd’hui soit de n’y être pas encore rendu. Faute de connaissances et de renseignements suffisants, on perd souvent des avantages immenses.

Un très-joli cours d’eau, la rivière Kaïakamak ou, comine on l’apy ‘le plus communément, la rivière Sauvage, coule du sud au nord à travers toute la paroisse de St-Zénon. Elle prend sa source à quelques miilés plus bas que l'établissement Provost, vers le sud-ouest, et va déboucher, après de longs circuits, dans le grand lac Kaïakamak, lequel touche à la rivière Mantawa par une décharge de quelques arpents. Cette rivière donne une vallée assez large et un paysage remarquablement beau. À une distance régulière d'environ un mile, à droite, le chemin longe cette rivière et présente une suite de bons établissements qui sont déjà pour la plupart bien avancés et qui continuent à se développer rapidement. Dans ces trois lieues, il est parfois aussi droit et aussi aplomb que ceux des gramdes lignes des paroisses d'en-bas, Le côté sud-ouest de la rivière Sauvage, au delà du premier mille, s'élève gradueltement et

reprend à peu près le même niveau que le côté opposé, celui de l'Est où passe le chemin actuel. Ces hauteurs se prolongent avec de légères inégalités de surface par çi par là jusqu’à la rivière Mantawa ellemême, c’est-à-dire sur une distance d'environ trois lieues. Sur le revers de ces collines et au delà, on trouve de jolis lacs, un terrain bien plan et de grandes érablières. Ces terres répondent à celles qui aboutissent au chemin, et sont par conséquent bien faciles à trouver. Nous avons marché des journées entières, allant de surprise en surprise, dans ce beau territoire. Le lac Doria en particulier est entouré du plus beau bois que j'aie jamais vu. [l existe là de belles sucreries dans lesquelles nous pouvons partout circuler avec aise même à cheval. Vis-à-vis le lac, mais un peu au sud, et près de la rivière, il y a une dépression d’une étendue considérable; le sol en est glaiseux et convient particulièrement à la culture des pois. Un grand avantage que je signale en passant, est que cette dépression a été rasée de sa forêt par le feu et qu’en conséquence les travaux pour la préparation de la terre y sont de beaucoup diminués. Le second rang de la paroisse de St-Zénon, du côté sud-ouest de la rivière, sera donc un théâtre bien certain de succès pour ses futurs propriétaires.

Si nous traversons à l’Est maintenant et que nous nous placions en arrière du lac St-Louis, nous avons devant nous le trait carré de profondeur des lots qui ont frontière sur le chemin. Quelle uniformité de niveau, peut-on dire, jusqu'au lac Kaïakamak.

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