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s’apercevra que la Mantawa était peu connue, et cependant il y a longtemps qu'elle aurait dû l'être. Que de familles nous aurions conservées sur le sol natal si nous avions pu leur faire connaître à temps les précieux renseignements, les succès étonnants, les heureux exemples que vous mentionnez dans votre livre. De telles publications sont de nature à faire un bien immense, elles sont un trésor pour le peuple. On lira ce livre avec un vif intérêt, et marchant sur les données qu’il renferme, encouragé par le spectucle du bien-être et du confort ‘dont jouissent déjà tant de familles établies sur ces terres nouvelles, on ira se choisir des lots, se créer un chez-soi, et donner ainsi de nouvelles forces à la patrie.
Vous avez fait une œuvre qui mérite les plus chaleureuses =pprobations, vous en recevrez de tous les côtés, sans aucun doute, quand on anra pris communication de votre excellente brochure, mais aucune ne sera plus sincère ou mieux fondée que celle que je vous transmets avec tant de plaisir, parce que je me suis trouvé plusieurs fois à même de constater ce qui s’est déployé d'énergie, ce qui s’est développé de succès dans notre colonisation du nord.
La richesse de ce sol fertile n’est pas toute étalée à la vue, c'est ce qui a causé le retard de la colonisation dans ce territoire ; mais cette cause est disparue maintenant. Vous faites connaitre la nature du sol, vous en mesurez l'immense étendue, vous décrivez les forêts qui le couvrent, les rivières et les cours «d'eau qui serpentent ici et là, donnant les plus belles et les plus riches vallées ; vous
montrez même que les entrailles de ce sol recèlent en diffé. rents endroits des mines fécondes, de très-belles carrières ; enfin vous désignez avec de précieux et d’abondants détails les champs d’honneur où des milliers de familles peuvent trouver l’aisance et la prospérité.
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nisation ne s’intéresserait pas, sous ces circonstances, à la prompte diffusion de votre livre ? J'ai confiance que tous ceux qui veillent aux vrais intérêts du pays travailleront à le propager et à le répandre dans toutes les familles de nos belles campagnes. Nul duute que ce ne soit un moyen très-efficace de diminuer l’'émigration et de garder parmi nous nombre de personnes indécises qui ne sauraient puiser ailleurs de plus utiles renseignements, ou s'autoriser
de faits plus concluants pour s'en aller dans les terres nouvelles,
La culture de la terre dans les nouveaux cantons, voilà la pluie d’or qui apportera l'aisance au sein de Ja famille, et si les chefs ne dédaignent pas de cultiver cette source de prospérité très-certaine, ils se reposeront un jour sur les lauriers de leur industrie, L’éloge de la colonisation est dans sa récompense, dans la satisfaction qu’elle procure des besoins nécessaires à la vie,
Tout en effet dépend et résulte de la culture des terres ; si elle constitue la force intérieure des Etats, ce n’est que parce qu’elle attache les hommes à la propriété, et par la sûreté de ses fonds et par la quantité de ses revenus. L'intérêt des autorités gouvernementales est donc de favoriser la classe des cultivateurs et en particulier celle des nouveaux colons, C'est la racine de l’arbre qu'il faut arroser, si l’on veut qu'il fleurisse et qu'il prospère. Un gouvernement sage et bien dirigé ne saurait donc, sans se couper les veines, refuser ses attentions premières à l’agrandissement du cercle agricole, c'est-à-dire à la colonisation. Et l’un des moyens les plus actifs et les plus prompts de la seconder dans notre province, c’est bien de favoriser la cir-
culation la plus libre et la plus illimitée de brochures semblables à la vôtre,
Je vous remercie de m'avoir fait connaître d’avance 1 l'œuvre importante que vous venez de terminer, J’unirai
de grand cœur mes efforts aux vôtres dans le but de faire arriver votre ouvrage, comme un heureux messager, dans toutes les familles de notre district. Puissions-nous réussir, comme vous le souhaitez sans doute si légitimement, et comme je le désire moi-même pour l'avantage particulier du comté que je représente d'abord, et ensuite pour l’utilité générale de tous ceux qui l’avoisinent immédiatement ou à quelque distance sur cette belle rive de notre grand fleuve.
Je demeure, cher Monsieur, avec la plus haute considé. ration possible, Votre bien dévoué serviteur V. P. LAVALLÉE, M. P. P.
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LETTRE DE L'HONORABLE LOUIS ARCHAMBEAULT, CON- SEILIER LÉGISLATIF ET ANCIEN COMMISSAIRE DLÆ L'AGRICULTURE ET DES TRAVAUX PUBLICS POUR LA PROVINCE DE QUÉBEC.
L'Assomption, ler septembre 1882.
Au Révd. Mr. Th. S. Provost, Ptre, Curé du St-Esprit.
Mon cher Monsieur,
Le livre que vous présentez au public colonisateur a du mérite. Votre belle Mantavaisie, que j'ai scrupuleusement visitée moi-même, bénéficiera sans doute des informations que vous donnez sur le territoire qui la compose, L’exactitude de vos renseignements est confirmée par les succès de l’agricu’ture qui s’y développe de jour en jour. Je loue hautement la honne idée que vous avez eue de réclamer pour ce territoire important ia part d’attention qu’il mérite. Vous avez accompli cette tâche avec talent, de toutes parts on s’intéressera à l’établissement de votre colonie,
Je regarde comme une œuvre utile au pays celle d’avoir fait faire quelques travaux publics dans cette riche portion de notre province, Aussi est-ce avec plaisir que je cons-
tate le mouvement de colonisation qui s’y est opéré depuis.
La vallée du lac St-Jean, celle de l'Ottawa, votre naissante Mantavaisie, seront un jour des centres d’exploitation qui alimenteront nos grands marchés et Poe des ressources à la province.
Je contribuerai autant que possible à répandre votre ouvrage parmi nos populations rurales ; c'est un vade mecum qui, suivant mon humble opinion, devrait avoir sa place partout au foyer domestique. La lecture de ce livre dissipera bien des préjugés, détruira beaucoup d'illusions et fera connaître aux jeunes gens comme aux chefs de famille, ce qu’il est de leur intérêt de bien savoir, c’est-à. dire, où aller pour s'établir et que faire pour se procurer un bon avenir.
Le titre de votre ouvrage se vérifie à la lettre et à chaque page ; il est frappant, il est neuf et hardi, mais il est profondément vrai et vous avez bien choisi, je vous en félicite. Puisse cette belle étude porter les fruits que vous avez droit d’en attendre et que je désire comme vous pour l'avantage de notre peuple.
Vous avez rendu service à la religion et à la patrie ; cette simple parole vous en comprenez toute la portée, et c’esi là le plus bel éloge comme le meilleur remerciement que je puisse vous en adresser,
Veuillez me croire, Monsieur,avec estime et considération
Votre humble et dévoué serviteur,
Ls. ARCHAMBEAULT, Conseiller Législatif et ci-devant Commissaire de l'Agriculture et des Travaux Publics.
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Aux vrais amis de l’agriculture et de la colonisation, aux bienveillants lecteurs qui voudront voir si ces quelques pages méritent une attention particuliére, présentons d’abord quelques considérations sur la dignité de l’Agriculture, montrons l'importance que l’on a attachée dans tous les temps au développement de cet art intéressant, et disons ce que nous pouvons attendre nous-mêmes du progrès de la colonisation dans les endroits de notre province qui sont favorables à cette œuvre.
Nous verrons ensuite, dans le corps de l'ouvrage, quels sont ces endroits que nous devons favoriser de préférence comme étant à proximité de nous, et dans lesquels on ne peut manquer de réussir. Nous les décrirons avec soin, nous indiquerons où ils sont, comment on peut s’y rendre, et nous ferons voir les succès qu’on y a déjà obtenus.
Au point de vue des intérêts temporels de l’humanité, l’agriculture est la plus noble besogne dont il soit donné à ses membres de s'occuper. Outre les
avantages matériels qu’elle leur procure, elle les fait marcher dans une voie qui, il est permis de l’affrmer, conduit plus sûrement au bonheur éternel.
On sait que le Maître de la création avait précisément la pensée de rendre l’homme heureux, lorsqu'en le créant il le plaça dans le paradis terrestre, avec ordre de cultiver ce beau domaine et de l’entretenir avec soin. Cet homme est tombé, mais sa déchéance ne l’a pas soustrait à l'obligation de tendre vers la Divinité, ni à la légitime aspiration d'arriver au bonheur. La plus honorable occupation à laquelle, tout déchu qu'ilest, l’homme puisse donc se livrer, tant en vue de son avenir éternel qu’en vue de ses intérêts matériels, est toujours celle que le Souverain Maître lui a désignée lui-même. Beaucoup d’autres occupations sont nécessaires, il est vrai, mais seulement .comme complément à rette œuvre par excellence, l’agriculture.
Le soin de la terre, la conservation de sa fertilité, la culture de ses fruits, ayant été l’ouvrage donné à l'homme immédiatement après sa création, c’est-àdire au sein de sa gloire et au milieu de son bonheur, ce travail, loin d’être une punition a d’abord été pour lui une source de vraie jouissance. Plus tard, après sa chute, il lui fut imposé comme un châtiment, mais voilà que, par un effet de la sagesse et de la bonté divines, il s’est transformé de nouveau en une de ses plus belles prérogatives. Par le travail, en effet, l’honime s’harmonise avec la perfection des œuvres du Créateur, il fait revenir l’ordre
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dans tout ce qui l’environne. L'homme de travail n'est plus cet esclave à qui l’on refuse le nom d’homme, mais il est l'enfant le plus chéri de son Créateur. Et de même qu’Adam fut le plus haut type de la perfection humaine, ainsi l'occupation qui lui fut marquée, ést encore celle qui devrait attirer l’attention et fixer les désirs de tout homme bien intentionné dans n'importe quel état de la société. Autant nous devons tendre vers la perfection humaine pour notre plus grand bien, autant, pour nos légitimes intérêts matériels, nous devons chercher à donner à la terre la perfection du jardin d’Eden, cette ferme modèle bienveillamment présentée au pre mier cultivateur du monde.
Celui donc qui se dévoue à l'occupation de cultiver la terré, travaille d’après les instructions mêmes de la Divinité : il fait justement ce que le divin Propriétaire a commandé qu'il fit sur ce champ de labeur, pour suivre le cours d’une vie honorable et vertueuse. Oui, l’agriculteur, en se livrant au travail immédiat primitivement désigné à l’homme dans son état d’innocence, doit se sentir honoré de pouvoir exécuter le plan de Dieu dans la poursuite de son propre avenir. Quelle dignité en effet dans cet emploi ! Le roi et le paysan, le riche et le pauvre, le savant et le militaire y ont tour à tour trouvé une jouissance délicieuse, une véritable satisfaction.