‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 41 sur 153 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

si belle de la rivière Sauvage qui s'y décharge, l’immense plateau St-Louis que l’agriculture a depuis envahi et nettoyé, lequel projette aujourd'hui, et non sans un légitime orgueil, sa chapelle, ses maisons de ferme, leurs dépendances,Je moulin, un commencement de village enfin. A droite, le lac aux trois quarts encadré comme un vaste miroir dans une gracieuse forêt qui étend ses branches au dessus de ses eaux, comme pour lui verser la fraîcheur de ses ombres ; à gauche les grandes érablières dont nous avons déjà parlé ; en arrière et assez loin de nous le gros de la chaîne des Laurentides dont la nature bizarre et parfois tourmentée ressemble assez à une mer en fureur qui se serait subitement solidifiée. De magnifiques établissements, sur une terre riche, fertile et profonde, peuvent être faits avec avantage dans tous ces endroits que je désigne. Ilen est qui sont commencés sur le chemin actuel, à cinq milles en deçà de St-Zénon, près du lac Robert, et ils peuvent être continués sans interruption jusqu’à la chapelle, si, après avoir franchi les côtes sablonneuses du lac, on se rejette un peu à l’ouest en laissant à droite le chemin de voitures. À une très-faible distance de cette ligne, on’trouvera une large vallée sur le côté nord de laquelle aboutit la colline des Mamelons. On reprend alors le plateau de bois franc qui se poursuit jusqu’au lac St-Louis. C’est dans cette direction et dans ce bois qu'avait d’abord été tracé, puis ouvert le premier chemin de Mantawa, l’on en voit encore quelques vestiges, les lots quile bordent

| sont d'excellentes terres, elles devraient être prises depuis longtemps, elles appartiennent au troisième rang du canton Provost.

Sur cette même ligne du troisième rang, au delà des grandes sucreries du lac Doria, vers les quaran-

tième et cinquantième lots, il existe un terrain qui est encore inconnu de bien du monde et très-certai- a nement du lecteur, s’il n’a pas fait la campagne des " chantiers ou quelques excursions particulières de P pêche dans cette direction. Un grand lac en forme te de croix et plusieurs ruisseaux qui l’alimentent, arro- p sent ces terres à surface plane. La partie nord sur- & tout en est remarquable : la vue plonge à une distan- sé

ce d’au moins deux lieues sans autre point de repère qu’un énorme bloc de granit, isolé et comme oublié dans cet espace ; on l’aperçoit d'autant mieux que le feu a dévoré les grands bois de ce magnifique territoire en n'y laissant que des souches noires et quelques grands squelettes calcinés qui semblent gémir de l’épouvantable ravage dont ils ont été les victimes. Sans un grand effort d'imagination, il aurait été facile à certains esprits des temps mythologiques de voir dans ce rocher aux proportions singulières une bête énorme et monstrueuse qui aurait fait carnage autour d'elle, mais dont la terrible colère et la cruelle férocité auraient été punies sur-le-champ par une métamorphose étonnante. Les ouvrages de défrichement sont plus qu’à moitié faits sur ces lots, la terre est partout d'une excellente qualité, le chemin est facile à faire, il débouchera près du lac St-Joseph sur la rivière

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