‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 50 sur 153 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

s vendue, les eaux du Kaïakamak et de la Mantawa, “ui pas- , dix-huit sent dans un petit rapide, en amont des chutes, com- Mot doi- me en frémissant de terreur à la vue du gouffre où

nous de- elles vont se précipiter. La disposition particulière

des berges de la rivière, tout-à-coup rapprochées des deux tiers de leur éloignement ordinaire, rend les ondes qu'elles renferment comme étourdies, affolées,

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: ue sun elles frappent de côté et d'autre pour demander une an #3

3 ites du issue ; repoussées de tous les côtés, elles reculent, ites

mer de tournoient, puis, furieuses de ces obstacles et de ces

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retards, elles se lancent : ec une précipitation vertigineuse dans la gueule de l’abîme qui les reçoit enfin sous un nuage de vapeur. Elles s'engloutissent jusqu’à une profondeur insondable, mais quand elles reviennent de cet épouvantable chaos, quand elles revoient la lumière et le soleil, elles sont bien changées, leur fureur s’est adoucie, leur colère est passée, et dans leurs innombrables tournoiements, elles semblent se rechercher pour couler paisiblement vers d'autres lieux.

Un canal taillé dans le roc vif à la tête de la chute reçoit un dégorgement modéré de la rivière et conduit ce filet d'eau jusqu’au moulin qu'il fait mouvoir au pied de la chute. Il y a là dans une même bâtisse un moulin à farine, une scierie et une machine à planer le bardeau. Depuis le 27 octobre 1864 ces moulins et instruments ont répondu aux besoins de la localité. Plus loin, à gauche, au pied de la montagne, un grand défrichement de cent cinquante arpents fixe notre attention. Des légumes, du foin,

d'avoir Une oisse de Stoits les plus le accès que ur de la col- 45, C’est une

Brassard. On et quand le ‘une élégante vieil anachosst comme un ion. C’est un k-forts qui font carpé sur le moment pretant pour les 0S regards; le

conjointement

des céréales en abondance y viennent tour à tour sur des champs séparés ; une culture intelligente et soignée développe les qualités de ce terrain, les multiplie ou les augmente tous les ans, en sorte qu’on y fait annuellement de bonnes récoltes. Le terrain défriché n’est que la dixième partie de la propriété foncière affectée à l'établissement Brassard. Ces quinze cents arpents de terre sont de très-bonne qualité, et M, Alexandre Ménard est certainement aujourd’hui lun des grands et riches propriétaires de l'endroit.

Ce jeune homme, arrivé à Mantawa dès l’âge de quatorze ans, n'avait, comme tant d’autres d’ailleurs aucune ressource. On conçoit qu’à cet âge, en effet, il n'avait pas encore eu l’occasion de regarder bien loin dans l'avenir. Mais quand on n’a pas l’âge de concevoir et d'exécuter de grands plans, on a toujours celui d'écouter de bons conseils, de sages avis. Ce jeune homme eut le bon esprit d’obéir à son père et de se rendre avec empressement aux invitations

de son vénérable cure qui l’'emmena d’abord comme | servant de messe, en lui promettant protection dans |

la suite, s’il savait se montrer digne de sa confiance. Le jeune Ménard répondit si bien aux espérances de

M. Brassard que quatre ans plus tard, en 1867, celui-

ci lui donna la surintendance de tout ce qu'il possédait dans la vallée de Mantawa. Dès lors il s’appliqua plus que jamais à justifier l'estime et la confiance

que son maître avait reposées en lui. Travail assidu, à

tenue régulière de comptes, prévoyance générale,

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