‹ La bourse et la vie [microforme]Chapitre 49 sur 153 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

les autres pointes, les terres avoisinantes, sur un diamètre d’un mille environ dans tous les sens, sont sablonneuses et paraissent stériles au premier coup d'œil ; mais on sait qu’il y a sable et sable. Celui-ci est inélangé avec la cendre d'abord, et la terre jaune ensuite, qui n’est qu'à quelques pouces de la surface. Ce sol ainsi composé ne laisse pas d'avoir une certaine fertilité, on a fait des sxpériences qui l’attestent d’une manière irrécusable. Les légumes y viennent toujours en abondance avec la préparation ordinaire ; les céréales donnent de bons produits une première, une deuxième année ; ensuite si l’on a soin de laisser ces terres en pacage pendant deux ans, à la reprise des travaux, les récoltes y viennent comme auparavant, ies graines de trèfle et de mil produisent aussi d'excellents résultats, en sorte que ce terrain dont on a une idée défavorable à première vue, paie, comme tous les autres, son maître avec usure.

Un Monsieur Chartrand, venu de Montréal, il y a quelques années seulement, fit l'acquisition d’une partie de ces terres réputées ingrates. Il construisit sa demeure et les dépendances de sa ferm: à quelques arpents seulement de la chapelle, nettoya ces lots convenablement, opérant ainsi une dépense d’environ deux mille piastres ; aujourd’hui ce cultivateur en vaut au moins trois mille, ce qui n’est pas peu dire dans un si court espace de temps. Une culture appropriée et bien dirigée lui apporte annuellement des revenus abondants. La troisième terre plus bas, dont la rivière fait la limite sud-est, et qui apparte-

nait à l’un des neveux de M. Brassard a été vendue, il y a quelques années, pour la somme de dix-huit mille francs. Tout ceci ne montre pas que l'on doive dédaigner ces propriétés, au contraire, nous devons y regarder très-sérieusement.

Enfin nous voici au pied du mort Roberval sur lequel et aux alentours duquel M. Brassard a fondé son établissement. Nous reviendrons plus loin dans un chapitre particulier sur les œuvres etles inérites du fondateur de la colonie ; pour le moment nous devons faire l'ascension de ce monticule afin d'avoir une vue d'ensemble sur le territoire de la paroisse de St- Michel-des-Saints ; d'en indiquer les endroits les plus dignes d'attention et de montrer le facile accès que l'on peut avoir à tous ces lieux. La hauteur de la colline Roberval est de deux cent trois pieds. C’est une espèce de rotonde isolée qui se trouve sur le vingtsixième lot du premier rang du canton Brassard. On l’aperçoit de très-loin sur tous les côtés, et quand le temps est beau, son sommet brille d’une élégante construction due au goût particulier du vieil anachorète qui l’habite. Cette construction est comme un nid d’aigle perché sur une haute élévation. C’est un manoir rappelant ces antiques châteaux-forts qui font encore l’ornement de quelque lieu escarpé sur le bord d’un lac ou d’une rivière. En ce moment prenons-le comme un observatoire important pour les fins qui nous occupent. Dépioyons nos regards, le panorama est vaste.

A ses pieds du côté sud, arrivent conjointement

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