CHAPITRE VII
Changeons maintenant de direction dans l'examen du territoire de la paroisse de St-Michel-des-Saints et tournons nos regards vers le nord-est. Nous voyons toujours la Mantawa qui serpente à travers un paysage remarquablement plan. Dans ses longs et tortueux replis, elle enserre des langues de terre d'une grande étendue où s’étalent avec grâce de superbes constructions qui font la surprise des chercheurs de lots. Des fermes bien nettoyées, ornées de jolies bâtisses, avec un personnel nombreux se renvoient de joyeuses acclamations d’une rive à l’autre ; ces établissements sont presque tous à la suite les uns des autres et sur la rivière même ; aujourd’hui il n’y a que peu de terres à prendre dans cette partie sur les bords de la Mantawa jusqu’au lac des Pins. Mais les second, troisième et quatrième rangs parallèles sont en gran-
4 de partie disponibles. Quelques-uns de ces lots sont
occupés, il en reste néanmoins en abondance pour tous les goûts et tous les genres de travaux. Un bon
! chemin conduit du mont Roberval au lac des Pins,
et de ce chemin central, l’accès aux rangs de profondeur est facile. Les ravages que le feu a aussi exercés de ce côté ont rendu ce terrain passablement libre d'embarras. Je me rappelle qu’une fois dans une excursion au lac des Pins, m'étant élevé sur le coteau qui l’avoisine au nord-ouest, j'y fis une promenade d’une demi-journée aussi facilement que si j’eusse été dans un chemin de voitures parfaitement déblayé. fa vue plongeait à une grande distance sur un terain uni ; la rivière du Milieu, le ruisseau des Aulna-
ges arrosent et fertilisent ces terres, qui, comme prime d'encouragement, offrent aux colons un sol entièrement dépouillé de sa forêt.
C’est aux environs de cette localité qu'un nommé Morrissette alla planter sa tente il y a quelques années. Comme la plupart des colons de Mantawa, il y arriva pauvre, très-pauvre, ce qui veut dire sans moyens, sans ressources pécuniaires, Ce père de famille plein de courage et de bonne volonté choisit un lot aisé à défricher. Il s’y installa sans délai, se mit à l'ouvrage immédiatement. Il n’y avait pas non plus à balancer, il fallait tirer du sein de la terre sa nourriture, celle de sa famille,et trouver le moyen de régler, en outre, certaines affaires pécuniaires antérieures à son immigration dans la Mantawa, toutes choses propres à occuper sérieusement l'esprit d’un homme qui possède même un certain capital. Et comme était au commencement le susdit colon, c’est-à-dire quand on n’a rien du tout, quand il faut prendre sur le sol que l’on cultive tout ce que je viens de mentionner, il y a vraiment de quoi préoccuper l'intelligence la À mieux ordonnée ; la qualité des entreprises doit en compenser la multiplicité et l’on doit avoir un jugement sûr afin de mettre tout à profit M. Morrissette fut un de ces hommes qui s'occupent uniquement et «:ctivement de leur affaire de manière à la mener à sonne fin, malgré toutes les difficultés de la situation.
on état si précaire au commencement s’améliora peu à peu, il employa quelques années de plus à le refaire complètement, puis enfin il sortit victorieuxk
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