CHAPITRE VII
de la lutte, comme on peut le voir aujourd’hui par le fait que ce cultivateur bien établi vaut au moins deux mille piastres à l'heure qu’il est.
Ce serait bien le lieu de citer ici encore la famille Ferland, dont le père, arrivé en 1868, a su, par ses talents et son énergie, refaire une petite fortune délabrée, et procurer à tous ses enfants des propriétés de valeur sur lesquelles ils sont présentement établis. Vaillant pionnier de la c'’’onisation dans la Mantavaisie, 1l mourut sur la brèche et les armes à la main, en donnant l'exemple de la patience et de la persévérance dans l’œuvre du défrichement des terres nouvelles. La colonie a perdu en lui un homme sage, plein de mérite, un citoyen de bon conseil. Sa mémoire est bien conservée et sera longtemps mentionnée avec honneur. Il a fait une œuvre durable et sa
famille bénificiera longtemps de sa généreuse initiative dans ces terres nouvelles.
Le lac des Pins que nous pouvons d'ici contempler à l'aise est un cercle d’eau d'environ deux milles de diamètre. De grandes îles semblent en être la limite vers le sud. Elles sont formées par la rivière, qui, en divisant ses eaux, rapproche ses rives, tout en conservant une largeur et une profondeur suffisantes pour ne point gêner la circulation des embarcations lordinaires. Ces îles sont couvertes de belles prairies et ont été d’un immense avantage aux premiers habiants de ces lieux. A l'extrémité nord-est du lac des Pins, le fond de la rivière se soulève, ses rives se reserrent, il en résulte un rapide assez considérable,
mais qui n’est pas long. On le saute en canot assez facilement. Ses flots redeviennent calmes à une courte distance, ils se reposent quelques minutes dans un bel étang de forme trapézoïde, et après avoir, d’un commun accord, caressé gracieusement la grève qui les reçoit, ils reprennent leur cours tranquille et régulier. Ils baignent des rives d'une terre grasse au sud, quelque peu sablonneuse au nord. Une:suite régulière d'établissements peut être alignée sur cette partie nord de la rivière jusqu’en bas de l’île de France, c’est-à-dire sur une distance d’environ deux lieues. Les embouchures des deux rivières du Milieu et du lac Clair ne seraient que des augmentations d’agréments dans ce paysage cultivé. Et'puis les côtés respectifs de ces deux grands cours d’eau donnent un terrain plan, de bonne qualité et facile à cultiver. Ils peuvent répondre à toutes les exigences d'établissements de première classe. Il y a de grands brûlés aux environs qui laissent voir une large plaine dont la bordure forestière est à une lieue de là. En explorant ce territoire, j'ai battu et rebattu cette forêt du nord étant un jour à la recherche d’un fameux ruisseau que je désirais voir depuis longtemps, où la renommée faisait couler un sable d’or, et sur les bords duquel je voulais au moins me désaltérer. Je me rappelle avoir découvert ce filet d’eau, après de longues et de pénibles marches, dans les grandes et verdoyantes forêts qui séparent, à deux ou trois lieues de profondeur, les rivières du Milieu et du lac Clair. Le roi Midas ne s’y était point baigné. Loin
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