CHAPITRE VIl
puissants et répétés qu’ils ont donnés en toute occasion, que par les sacriñces personnels qu’ils se sont imposés de toute manière. Il n’y a rien comme de payer de sa personne pour une œuvre comme cellelà. Ces Messieurs ont procuré des renseignements certains et de haute importance sur la qualité des terres à acquérir ; souvent ils ont dirigé eux-mêmes ceux qui voulaient explorer les lieux plus directement. Ils ont levé bien des difficultés, ils ont fait disparaître mille et une objections, ils ont fait comprendre à des étrangers, à des amis, à des parents, que leur unique ressource était dans le déboisement de cette belle forêt, dans la culture de son sol, que ces terres récélaient des trésors, qu'on y trouverait le pain de la maison, les doux fruits de l’abondance, peut-être même le superflu de la richesse et dans
tous les cas la gloire de la famille. Or est-il un héri-
tage comparable à tout cela ? Si celui qui fait pousser un brin d'herbe où il n’y en avait pas aupiravant, est un bienfaiteur de l'humanité, nous pouvons dire avec raison que le révérend M. Gabourv, M. l’arpenteur Laporte ont bien mérité du pay:, et le faible témoignage qui leur en est ici rendu n’est que trop juste. Nous pourrions associer à ieurs noms celui du révérend M. Damase Laporte aujourd'hui curé de la Longue-Pointe qui a donné de son côté tant de ma:ques d'intérêt à notre naissante colonie. Lui aussi, par de sages et utiles représentations, ainsi que par Qaquelques sacrifices pécuniaires bien entendus, a puisdsamment favorisé l’œuvre de la colonisation, et tout
SP PREPARED É e
particulièrement dans cette région du lac à la Truite, Je suis heureux de mentionner ces hommes généreux et dévoués ; quand l’exemple part de haut, il est plus éloquent, plus entraînant. Peut-être m'échappe-t-il quelques noms encore, mais c’est involontairement ; dans ce cas, on voudra bien me pardonner, il y aura toujours lieu de reprise et moyen de réparer.
Il y a beaucoup de bonnes terres à prendre au lac à la Truite. Afin de faciliter la circulation dans’ ces parages, l’on a ouvert, avec grandes raisons, un chemin qui, passant à travers la section du Pin Rouge, vient déboucher au lac $St-Joseph dans la paroisse de St-Zénon. Les habitarts du lac à la Truite, qui sont déjà à proximité du mont Roberval et de la chapelle de St-Michel-des-Saints, seront ainsi favorisés d’une double route pour leurs sorties. Il est certain que ce chemin se bordera bientôt d’habitations, car les terres sont bonnes, d'excellente qualité en général et faciies à nettoyer. Déjà quelques-uns ont réussi merveilleusement, au delà même de ce «w’ils pensaient, et dans un temps très-court. Je pourrais citer plusieurs noms, contentons-nous d’en indiquer un seul, celui de la veuve Thuot qui mérite une mention toute particulière. Elle était, il y a quelques an”ées, aux États-Unis avec son mari et sa famille. La mort étant venue lui ravir son époux pendant qu’ils étaient dans cet exil, elle se trouva seule, sans ressources, sans appui, sans protecteurs. Cette dure épreuve suscita un acte de courage héroïque chez cette pauvre femme. Il lui restait des enfants capables de lai
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