CHAPITRE VIII
La vallée de Mantawa. — Sa position. — Son étendue. — Ses bois, — Ses terres. — Ses mines, ses carrières. — Nombre de paroisses qu’on y peut établir. — Population qui peut s’y placer. — Le lae Bourget, le plateau des Sources, etc.
J'ai parlé dans les chapitres précédents de deux points principaux de la vallée de Mantawa où des établissements sont commencés, St-Zénon et St-Michel-des-Saints. Je viens de montrer comment les essais de colonisation qu’on y a faits ont été couronnés du plus brillant succès et comment on a raison d'entretenir les plus légitimes espérances sur l'avenir de ces deux localités en particulier. Parlons maintenant de toute la vallée qui fait le sujet de nos études. Appuyé sur des connaissances certaines, puisées dans quatre grandes explorations que j'y ai faites moi-mèême, je puis répondre de l'exactitude de mes renseignements. J'ai parcouru ce territoire en tous sens et dans toutes les saisons. Ce que je puis en dire est fondé sur les plus scrupuleuses observations. Il y aurait beaucoup d’inconvénients à donner des infori mations qui pourraient être contredites plus tard ; le dommage et les désagréments qui en résulteraient
eviendraient incalculables.
Cette immense vallée, dont je veux parler dans lé présent chapitre, court en latitude 460 45v, depuis Idplat soixante-quatorzième et demi de longitude à l’ouesEn jusqu’à la rencontre du St-Maurice à l’est, sur une lamou geur moyenne de vingt-cinq à trente lieues. Lefrivié
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grandes lignes qui bornent cette vallée en largeur ne
sont ni droites ni réguliè es ; tantôt elles se rap-
prochent, tantôt elles s'éloignent de la rivière Man-
fr Mroiiees tawa. Quelques chaînons détachés de montagnes, acer. — Le 18 D Surtout dans la partie inférieure, viennent baigner leurs pieds dans les rapides de la rivière, mais en gé-
ts de deux néral on peut dire que c’est un terrain favorable à la wa où des À colonisation et dont la surface est passablement unin et St-Mi- D forme. À la hauteur de cette latitude que je viens de omment les mentionner, et principalement vers le haut de la ri- | été couron- vière, le pays n’a plus alors sur presque tous les côon a raison à tés que l'apparence d’une plaine sans bornes. La S sur l'avenir perspective s'étend au loin vers le sud jusqu’à la lirlons mainte-} gne bleue des montagnes qui dentèle l'horizon, sur Le nos études. à tous les autres points la vue est libre de toute élévapuisées dans tion. Ce n'est généralement qu’une forêt, il se rena moi-mé-f contre néanmoins par intervalles quelques clairières de prairies. J'en citerai une en particulier à quelques milles au-dessus du lac Bourget, dont la superficie renferme deux à trois milles acres de terre. En deux endroits différents sur le cours de la rivière dans cette partie supérieure, de légères éminences empèêchent la navigation par les rapides qu’elles forment, cependant la dénivellation du plus grand des deux e peut guère être estimée à plus de cinquante pieds.
mes renseltous sens € en dire est ations. IL y ner des infor{ plus tard ; | résulteraient
parler dans le La rivière Mantawa prend ses eaux sur le même 45, depuis K lateau que la rivière Rouge, tributaire de l'Ottawa. ude à l'oueshn laissant le lac Bourget pour remonter vers sa st, sur une laffource, nous arrivons bientôt à un endroit où cette e lieues. Lefivière se divise dans la partie nord d’une grande baie,
le bras sud-ouest est le maître-courant, et environ deux milles plus loin-elle se divise encore. Un troisième, un quatrième, puis un cinquième embranchement se succèdent à distance égale d’un peu plus d'un mille: finalement après quelques nouveaux détours, nous venons avec beaucoup de difficultés et de grands embarras à une’ sixième division au delà de laquelle il est impossible de remonter en canot. Plusieurs courants arrivent de toutes les directions, principalement du sud-ouest, de l’ouest et du nord. Un assez grand et joli bassin reçoit tous ces filets d'eau. De là, une marche de deux heures nous conduit sur un vaste plateau où les eaux se séparent ; les unes descendent dans la direction que je viens d'indiquer, les autres coulent au sud, vers l’Ottawa : ce sont les ramifications de la branche est de la rivière Rougé. Plus loin, toujours en avant, un fort courant arrive de plus haut, ses ondes se sont séparées à quelques lieues de là de celles de la rivière du Milieu ; c’est la grande branche ouest de la rivière Rouge qui, descendant jusque près du lac Nominingue,
fait alors un coude vers l’est pour aller se rattacher
à la première un peu plus bas. Ainsi il y a là un vaste et magnifique plateau superbement arrdsé par ces trois rivières dont les subdivisions fertilisantes font de cette contrée un endroit beau, remarquable
et fort important. C’est le point de jonction des gran
des vallées de la Rouge et de la Mantawa qui, s’ad joignant ainsi l’une à l’autre, présentent le plus vaste théâtre à la colonisation.
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