CHAPITRE VIII
L:s établissements qui se feront dans ces deux vallées pourront donc se succéder sans qu'un pouce de terrain soit perdu. Ceux qui sont faits aujourd'hui sont à une grande distance les uns des autres, mais dans quelques années le flot de la colonisation débordant des deux côtés se confondra pour l'avantage général, et ces lieux, que personne ne connaissait il y a dix ans,sortiront de leur obscurité,se couvriront de fermes florissantes et deviendront tout un district agrico le. Que l'on ouvre un chemin entre le lac Nominingue et le lac Bourget, cette transformation s'opère de suite. Elle serait puissamment aidée et considérablement avancée par une bifurcation de Ste-Agathe à St-Zénon en passant par le lac de L'Assomption. Ici aux alentours de ce lac, le sol est très-propre à la culture ; terrain haut, plan, couvert de bois franc, non rocheux, mélangé de terre jaune et de glaise : on ne saurait trouver dans les Laurentides d'endroits plus favorables à la colonisation. De quelque côté que l’on tourne ses regards, l’on est enchanté du coup d'œil et de l'apparence des terres. Celles-ci se poursuivent en surface plane bien loin dans l’ouest, où les bois francs sont toujours d’une beauté remarquable et le solde même nature. Un chemin dans cette direction permettrait l'établissement de quatre ou cinq belles paroisses, et du coup ferait de Ste-Agathe un centre fort important. Deux artères puissantes et à peu près d’égale longueur, s'étendant ainsi de Nominingue à Ste-Agathe et de Ste-Agathe à St-Zénon, feraient affluer au point de jonction d’abondantes ri-
chesses, des produits de toute sorte qui trouveraient un écoulement facile dans le chemin de fer que l'on se propose d'y faire arriver de St-Jérôme.
D'un autre côté, on le sait déjà, une charte est accordée avec unoctroi de deux cent quarante mille acres de terre à une compagnie qui se prépare à construire une voie ferrée depuis Louiseville jnsqu'à un point quelconque de la rivière Mantawa, près du lac des Pins. Une autre branche, également en perspective, partirait directement des Trois-Rivières pour se diriger vers les mêmes endroits et aboutir au même point. Ces deux lignes de l’ouest et de l’est seraient facilement soudées l’une à l’autre, car la distance entre St-Zénon et le lac des Pins est à peine de trois lieues, et la surface est très-favorable à toute espèce de travaux de ce genre, De quelle utilité pour la colonisation ne serait pas cette ligne, et quelle alimentation ne fournirait-elle pas au commerce de bois ? Il est sorti cette année seulement des chantiers de la Mantawa environ cent mille billots de pin. Avec un chemin de fer, il se construirait des scieries sur les puissants pouvoirs d'eau de la rivière, et la descente du bois, au lieu de s'opérer par eau et à grands frais sur une distance de cinquante ou soixante lieues, se ferait en planches et en madriers par les chars sur une ligne de moitié plus courte. Une grande partie du Nord est intéressée à la réalisa- | tion de ces divers projets.
Il est à remarquer que depuis le jac Nominingue k jusqu'à l'embouchure de la Mantawa dans le St-Mau-
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