CHAPITRE IX
du Poste. D'après le rapport d’explorations exactes ét bien connues, les deux tiers de ce grand plateau sont éminemment propres à la colonisation. A part ce que je puis connaître et attester moi-même, ‘j'ai sous les yeux ne carte d’explorateurs officiels qui désignent les grandes régions de ce territoire sous les diverses dénominations de ‘bonne terre, bois franc, terre d’alluvion, bois mêlé, vallées fertiles ” ; :l n’y a qu'une partie respectivement minime qui soit désignée sous les noins de “terre montagneuse ou rocheuse ou incultivable.” Combien de paroisses ec quelle immense population ne pourrait-on pas encore
établir et voir figurer avec avantage dans ces nouveaux cantons !
Mais ce qu'il faudrait pour diriger rapidement un fort courant de colonisation dans ces lieux, on le on le comprend, c’est la pensée générale, tout le monde l’exprime, ce serait un chemin de fer. Aurons-nous donc un cheinin de fer dans cette direction? N'entendrons-nous jamais le cri strident d’une
{locomotive soulever les échos endormis de ces gran-
des solitudes ? Quand verrons-nous une machine à vapeur traîner de longs chars de freight et de passagers à travers les Laurentides et se promener
allées enCOfé; Kriomphalement dans la vallée de Mantawa? Le ment bOISEES; Femps n’en est pourtant pas bien éloigné si l'on fait , de la rivière£ttention aux prodigieux travaux, aux progrès inces-
paent comments qui s’accomplissent partout.
De grandes ri-
par les quatlÆhesses, d’inépuisables ressources sont à la portée
MantaWa es capitalistes.
Que ces capitalistes soient le gou-
vernement ou quelque compagnie, un particulier même, peu importe. L'important est de savoir qu’une semblable entreprise sera réalisée avec avantagé et qu'il s’établira immédiatement un double courant d’affaires sur cette ligne. L’infaillible et puissant élan qu’un chemin de fer donnera de suite à la colonisation, compensera dans un court délai les déboursés qu’on aura pu faire. Il est certain que des milliers de personnes iront se fixer dans ces lieux d’une manière permanente. Combien de fois n’avons-nous pas entendu dire : « Ah! s’il y avait un chemin de fer dans les montagnes, j'irais certainement m'établir dans la Mantawa. » Des essaims de colons, s’envolant avec empressement et se groupant À ainsi sur. les divers points de la vallée du St-Maurice, auront bientôt fait un beau pays de cet immense territoire. Et outre le trafic relatif aux besoins ordinaires de la vie, quelle alimentation cette ligne ne fournirait-elle pas au transport et au commerce du bois ? Que de bois de toute espèce et de toute description le Grand Tronc n'a-t-il pas transporté et ne transportet-il pas encore journellement des cantons de l’est dans toutes les paroisses sur sa ligne? Un cultiva- # teur a-t-il une grange, une maison, une bâtisse quel- À conque à construire, a:t-il de la clôture à faire ou à | réparer; une commande qu'il envoie dans les can-| tons est exécutée à la lettre. Le transport à prix au modéré, l'achat peu dispendieux, la promptitudeË ne avec laquelle 1l est servi sont pour lui des avantages” mi, incalculables, mais c’est aussi pour le chemin de rer