CHAPITRE IX
que cela est arrivé ailleurs dans les plus anciennes localités.
Il est à faire sur ce sujet une observation que l’on peut consigner ici avec beaucoup d'à-propos, basée sur des faits palpables, et propre à encourager le travail de défrichement dans les cantons les plus reculés. On a constaté, et c’est une chose bien reconnue aujourd'hui, que depuis plusieurs années le climat de notre pays s’est adouci d’une manière très-sensible. Il y a beaucoup moins de neige qu’autrefois, les froids de notre hiver sont moins longs et moins intenses qu'il y a vingt ans, qu'il y a dix ans même. Est-ce dû au déboisement qui s'opère partout avec tant d'activité et qui soustrait à lui seul tant de causes d'humidité ; est-ce dû à certaines perturbations sidérales qui auraient pu causer quelque variation de
| l'axe terrestre? Toujours est-il certain que le fait
existe à notre grand avantage. Si l’accroissement de la température continue longtemps encore dans de semblables proportions, nous en viendrons presque à espérer le climat des contrées européennes situées sous notre latitude, c’est-à-dire la douce atmosphère, le soleil radieux, le beau ciel de la Lombardie et de la Vénétie. Dans tous les cas, il suffit de constater pour le moment la variation profitable de la température qui nous permet d'entretenir de nouvelles et de grandes espérances. Cependant, et remarquonsle bien, n’eussions-nous aucune raison d’attendre pour la suite des changements plus favorables sous le rapport du climat, nous savons qu’en le prenant
tel qu'il est aujourd’hui, les chances de succès sont bien meilleures que dans le passé. Or nous le conpaissons bien, l’agriculture, la colonisation ont réussi merveilleusement sur tous les points du pays, ainsi que dans tous les temps, depuis sa découverte jusqu’à nos jours.
Il y a des établissements situés sur la rivière au Rat, sur la Wessonneau, à l'embouchure de la Croche, cans le haut du St-Maurice, au lac Manowan, lesquels ont donné et donnent régulièrement de bonnes récoltes de foin, de grains et de toutes espèces de légumes. Toutes ces fermes sont isolées, sont plus au nord que celles de l'embouchure de la Mantawa ou que celles qui bordent ses rives; celles-ci ont donc un avantage de position”qui mérite d’être apprécié. L’embouchure de la Mantawa est une place fort belle, avantageuse et qui prendra de l'imporportance à mesure que la colonisation avancera dans le St-Maurice. Ilya de bonnes terres, d’excellentes terres sur cette rivière en la remontant jus-
qu’au lac des Pins. Plusieurs fermes ont été défri-
ché£s ; sur les deux côtés de la rivière on ne voit pas seulement des lots isolés, mais d'immenses étendues de terres propres à la culture, et si l’on s'avance
dans l’intérieur, on découvre d’autres vallées encore, Ë .
composées d’un très-bon sol et superbement boisées, telles que les vAllées de la Wessonneau, de la rivière au Rat, de la P«aimbelo-genang qui forment commek un territoire à part, étant circonscrites par les quat
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