CHAPITRE lI
Avis important dans iequel l’auteur montre qu’il estloin de s'imposer aux lecteurs. — Observations sur la facilité d'acquérir des richesses solides et durables au Fi de de la culture de la terre. — Bonheur de la vie agricole. — Erreur de ceux qui la déconsidèrent, — On offre véritablement dans le présent travail la Bourse et la Vie. — Examen de certaines localités sur la route de Mantawa et premièrement de Joliette.
Quand vous aurez lu ce petit livre, mes chers amis, si vous n'êtes pas satisfaits de votre lecture et des renseignements qui y sont Contenus, vous désapprouverez publiquement l’auteur, vous direz mille et une choses défavorables sur son plan, son style, tout en respectant son intention, et le dit auteur n'écrira plus pour vous, cela sera convenu. Si, au ‘contraire, vous êtes contents des informations que vous y aurez puisées, vous lui voterez quelques remerciements en famille. Il se déclare d'avance amplement dédommagé de ses peines, la chose advenant, car il aura atteint son but, celui d’être utile à quelques-uns de ses compatriotes, en leur faisant goûter l’œuvre importante de la colonisation et en les poussant à y travailler pour leur propre compte étavantage. Combien de jeunes gens, de pères de famille, journaliers ou aütres, battent négligemment la poussière du che-
min, la tête remplie de ce que l’on appelle communément des châteaux en Espagne et qui n'arrivent jamais à la réalisation de leurs désirs ! Combien soupirent après une existence regardée par eux comme chimérique et qu’il est si facile néanmoins de se procurer! L'agriculture n'est-elle pas un art, la mère même des arts, comme le dit Xénophon? Et l’homme lui-même n’en est-il pas l'artiste ? Voyez: son laboratoire, c’est le sol ; son matériel brut, ce sont les engrais et les semences ; son pouvoir, c'est la force animale et celle de quelques instruments ; l'air, la rhaleur, l'humidité sont ses agents ; les grains, les légumes, le foin, tous les fruits sont ses produits ; y at-il quelque chose de coûteux dans tout ceci? Où sont les difñcultés de l’entreprise, les hasards du résultat ? Le sol est cultivé, les semences y sont déposées, puis les moissons se succèdent. Supposons maintenant, comme cela devrait être, que la science orne l'esprit de l'artiste, cette science lui indiquera les imeilleures manières de dresser et d'améliorer son laboratoire ; elle l’instruira des différentes propriétés de son matériel et des attentions qu’il doit recevoir ; elle lui enseignera comment utiliser ses forces avec profit, et tirer le meilleur parti possible de l’action de ses agents ; par conséquent de rendre son travail vraiment rémunérateur en multipliant ses produits.
Un point de la plus haute importance sera gagné, lorsque le cultivateur comprendra l'importance et la dignité de son état, et qu'il sentira le besoin d’infiltrer ses propres convictions dans l'esprit de ses
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