CHAPITRE X
me aux bords des lacs et dans les plaines fertiles que nous avons décrites ; et l’on sait que partout où resplendira le clocher du village, nous verrons des Canadiens à geuoux chanter les hymnes de la religion et de la patrie. La langue, la foi, les mœurs et les usages, c’est-à-dire la nationalité, se conserveront. Oui, que le prêtre ouvre le sentier de la solitude de concert avec le colon, et l’on verra des choses merveilleuses. Le désintéressement de l’un fait l’encouragement de l’autre, et tous les deux puisent leur énergie dans un même sentiment de conservation. Qu'on fournisse donc à celui qui s’y dévoue les moyens de coloniser, n’en doutons pas, son œuvre sera sûre et fructueuse, Personne plus que lui n'ébranlera les populations et ne les attachera plus sûrement au sol des nouveaux cantons.
Qu'elle est malheureuse et déplorable, qu’elle est fatale l’obstination qui semble avoir saisi la plus grande partie des sujets dans la jeune classe de la société ! Bercés d’un fol espoir d’avenir, rêvant une existence imaginaire dans des conditions aisées, ils ont pris la route d: l'étranger insultant quelquefois leur patrie jusqu’à la traiter d’ingrate. Aujourd'hui encore nous sommes témoins du renouvellement de ces choses attristantes, et cependant la faute en estelle inhérente au sol? Est-il infécond ou stérile ? At-il jamais refusé ses richesses aux bras industrieux qui l'ont cultivé avec soin ? L'expérience s’est chargée de répondre précisément à ces questions et de nous faire voir que la seule et principale faute se
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trouve dans un manque de patriotisme et d'énergie. Ceux en effet qui abandonnent leur terre natale, pour aller ailleurs servir de mercenaires, doivent s'apercevoir que les vides qu’ils font sont bientôt remplis par l’'émigration européenne qui va et vient sur la surface du pays, disséminant partout ses sujets dans les meilleures places. Ils ne la trouvent pas si ingrate, eux, cette terre qui leur cède toutes ses richesses.
Serrés de toutes parts par des étrangers, nous sommes menacés d’un blocus qui sera notre perte, si nous ne nous répandons pas au delà du cercle dans lequel on veut nous entourer. Il nous reste en possession assurée, pour le moment, tout le territoire du nord ; dans ce cas il faut s’efforcer d'y diriger l’excéde la population qui se déplace annuellement ; soyons certains que l’industrie et l'activité en tireront toutes les ressources nécessaires au bien-être de ceux qui s’y établiront. 3
Ce qui encourageait nos ancêtres dans leurs travaux héroïques au milieu des difficultés qu'ils avaient à surmonter, c’est la conscience qu'ils créaient un avenir et que leur postérité se souviendrait d’eux dans tous les cas. Notre avenir est bien ouvert, il est vrai, mais pourquoine pas dire qu'il n’est pas encore assuré ni déterminé d’une manière bien trarichée ? Ceci pourtant ne tient qu’à nous-mêmes. Le colon qui pénètre aujourd’hui dans:la forêt, la hache à la main, pour y commencer des défrichements, doit savoir que son œuvre sera fructueuse à la patrie
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