CHAPITRE IX
cent quarante-deux pieds. De Ste-Emmélie à St- Zénon, distance de sept lieues, la différence en altitude est de six cent douze pieds, et de St-Zénon au lac Kaïakamak ou à St-Michel-des-Saints, sur une distance de trois lieues, il y a un niveau descendant de cent quatre vingt trois pieds. Ces mesures ont été prises deux fois sur le parcours actuel du chemin et j'ai lieu de croire qu'elles sont exactes. Elles font voir indubitablement que, sous le rapport des hauteurs, ies obstacles à franchir ne sont pas très-considérables. Voilà une ligne que je connais tout particulièrement pour l'avoir mesurée et parcourue maintes fois.
Une autre également en perspective et donl le point de départ serait encore Juliette se dirigerait à St-Gabriel-de-Brandon. De St-Gabriel à St-Damien, la hauteur ne m'est pas connue, mais en général les rapports sont favorables. De St-Damien au grand Brûlé du sommet des Laurentides, c'est à-dire au lac Mondor, il a été ouvert un chemin dans lequel on a circulé pendant quelque temps et que l'on a donné comme avantageux et assez plan. Il est regrettable de le voir encore inachevé, l'œuvr*- de la colonisation profiterait beaucoup de son parachèvement. Du point où il se réunit au chemin Brassard jusqu'à St- Zénon, la différence de niveau n'est que d'environ cent cinquante pieds. Cette ligne venant de St-Gabriel et de St-Damien peut être aussi avantageuse que la précédente, je ne suis pas en mesure d'en faire la comparaison ; je ne la connais pas suffisam-
ment, mais il est facile d'arriver à cette connaissance.
Pour l'information du lecteur ou du voyageur qui visitera ces lieux, notons ici en passant que j'appelle lac Mondor celui qui a été connu jusqu'ici sous les noms divers de lac Robert, lac au Foin, lac du Chantier, lac de la chaussée des Castors, lequel se trouve sur le chemin, à cinq milles à peu près de St-Z^non. Ce lac a toujours été très-poissonneux et aujourd'hui encore il fourmille de truites rouges dont la chair est vraiment délicieuse. J'en connais plusieurs qui se souviendront longtemps de l'appétit avec lequel ils en ont mangé. Quelquefois même certains exercices nocturnes, violents et de longue durée, ont été jugés prudents et nécessaires pour hâter le travail digestif d'un faible estomac bourré de cette nourriture succulente.
Pour une raison analogue de meilleure et définitive entente, j'appellerai lac Daigneault celui qui se trouve à un mille et demi plus haut que ce dernier, sur la droite du chemin, lui aussi, et qui n'a jamais été désigné jusqu'à ce jour autrement que par d'interminables circonlocutions : il est à deux milles environ du lac St-Louis. A l'exception d'un pan de montagne abrupte qui borde la grande baie de sa décharge, ce lac est entouré de terrains et de bois magnifiques ; partout le sol de ses rives est gras et glaiseux, toutes les pierres sont mouvantes et en seront facilement enlevées. Il y a de bons lots à prendre aujourd'hui encore, et sur le chemin même, depuis le lac Mondor jusqu'à St-Zénon, en sorte que la