CHAPITRE I
Qui de nous, déjà et plus d'une fois, n'a fait attention à ce prodigieux travail d'avancement dont quelques-uns des citoyens de cette ville sont encore aujourd'hui les principaux acteurs, et d'autres, en plus grand nombre, les irrécusables témoins ? Qu'était la ville de Joîiette il y a un demi-siècle ? Une quasisolitude au sein de laquelle germait un avenir de prospérité, de haute importance, de grandeur même. Trente ans à peine pèsent sur la tombe de son fondateur, et déjà son progrès peut faire la matière d'un livre. Citons en quelque chose au public : de tels exemples encouragent, fortifient.
A ses destinées spirituelles président la science et la vertu dans le personnel d'un clergé vénérable et respecté dont s'honore le pays. Un collège, l'orgueil légitime et l'ornement de cette ville, vient de se dilater encore pour donner entrée à une jeunesse plus nombreuse, aussi studieuse qu'avide des jouissances intellectuelles que procure la véritable instruction. Le nombre des élèves sortis de cette institution forme déjà- une phalange dans la société canadienne qu'elle sait honorer de ses œuvres. — Cette ville possède un corps éclairé de médecins, sur les soins et les lumières desquels on se repose avec confiance dans les dangers de la vie. — Des sociétés d'avocats, défenseurs du corps social, des droits de propriété, de la réputation, tiennent toute la hauteur de leur position en cherchant, avec ardeur et conviction, le triomphe de cette reine dont la société désire voir le règne solidement établi, la justice. — Une société nombreuse d'artisans
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fournit à tous les besoins ; ses marchands satisfont amplement toutes les exigences. Des citoyens riches, honnêtes, vertueux se plaisent à faire le bien, à verser d'abondantes aumônes dans le sein des pauvres, à sustenter des associations charitables, à secourir des corporations religieuses, à doter enfin largement des institutions de bienfaisance et d'utilité publique comme les hôpitaux. — Ses couvents se multiplient et s'agrandissent. Ils suivent, sous l'impulsion divine, la marche générale du vrai progrès. — Ajoutons à tout ceci l'organe du district de Joliette publié dans cette ville. La presse elle-même s'est hâtée de faire écho à cet appel d'activité. Messagère de paix et d'union, propagatrice des saines doctrines auprès de la multitude, elle est appelée à jouer un grand rôle dans ce noble milieu; premièrement, parla diffusion et le développement nécessaire en ces temps des principes de la grande école catholique, et en second lieu, par l'instruction, les renseignements, les conseils pratiques sur l'agriculture et la colonisation qu'elle portera à la connaissance de tous. Et il n'est pas besoin d'autre garantie qu'elle sera fidèle à sa mission que le nom des hommes de talent et de mérite qui qui lui prêtent leur plume. Que demanderions-nous encore, et tout ceci n'est-il pas un grand, un véritable progrès ? Oui, et cette ville toute jeune et toute fraîche en possède les vrais éléments, c'est une des plus solides espérances pour son avenir. — L'honorable M. Joliette, en défrichant ces lieux, les a dotés d'un capital étonnant de future prospérité. Il a versé des