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DE BOURSE

L'article 71 du Code de Commerce définit ainsi la Bourse de Commerce : « la réunion qui a lieu sous l'autorité du Gouvernement, des commerçants, Capitaines de navires, agents de change et courtiers (1). Les trois principaux caractères de cette institution, d'après la définition légale que nous venons d'indiquer, paraissent donc être les suivants :

1° La Bourse est une réunion publique;

2° Elle est soumise pour sa création et son fonctionnement, à l'autorité du Gouvernement; c’est à lui qu'il appartient de créer les Bourses, de les supprimer, de les règlements; il conserve sur elles un droit de police et de surveillance. C’est un service d'intérêt public : l'Etat a le devoir, en effet, de veiller à la circulation publique des valeurs et des produits ainsi qu’à la constatation de leurs cours; c'est la sauvegarde de la fortune publique;

3° La Bourse comporte un personnel spécial, un corps d’intermédiaires qui sont tantôt les agents de change, tantôt les courtiers.

L'utilité des Bourses est absolument indiscutable. Elles assurent le débouché de tous les produits, en

(1) Par extension, on désigne aussi du nom de Bourse, le lieu où se tient cette réunion.

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centralisant l'offre et la demande. Qu'il s'agisse de récoltes, de produits de l'industrie, de marchandises diverses, de monnaies ou de valeurs mobilières, il faut qu'il existe un marché public où acheteurs et vendeurs pourront se rencontrer.

Suivant l'abondance de l'offre et de la demande, la produit atteindra des prix plus ou moins élevés : sa rareté, s’il est demandé, permettra de le vendre rapidement à un prix élevé; son abondance, au contraire, déprimera le cours, faute d’une demande égale à l’offre. Et les opérations qui seront faites ainsi, en détermineront le cours, le juste prix, qui servira de commune mesure aux transactions faites pour la même marchandise, dans le même pays. La Bourse sert donc à déterminer les cours; elle constitue, grâce à la multiplicité et à la publicité des transactions, le guide, le régulateur sans lequel toute base d'évaluation disparaitrait. Et l’article 76 du Code de Commerce prescrit cette constatation officielle des cours.

C’est la Bourse aussi qui distribuera les produits sur les divers marchés, dans les diverses contrées, proportionnellement à leurs besoins. Un produit, en effet, trop abondant sur une place, dans un pays, peut être insuffisant sur une autre place, dans un pays voisin. C'est la comparaison des cotes de ces deux Bourses qui permettra de le constater. Le cours sera très bas dans la première, très élevé dans la seconde. Et l'équilibre se rétablira de lui-même, car les vendeurs viendront offrir leurs produits sur le marché où le cours est plus élevé, ou bien les acheteurs iront les chercher sur celui où il est plus bas, et ainsi les cours se nivelleront. La marchandise ira donc, naturellement, sur les points où la consommation a besoin d'elle et se retirera des endroits où elle était en excès. Et le même phénomène se produit, qu'il s'agisse de valeurs ou de marchandises une valeur peut être très demandée sur un marché, peu recherchée sur un autre; les émetteurs ou les posses-

seurs la feront vendre sur la première place; les opératurs qui désirent acheter iront la chercher sur la seconde, et l'équilibre se rétablira. Ainsi, grâce aux Bourses, valeurs et marchandises se trouveront méthodiquement distribuées sur les points où elles sont recherchées, où le besoin s'en fait sentir.

La Bourse, qui fait connaître les prix et équilibre les cours, tend aussi à donner aux cours d’un produit ou d'une valeur déterminés, une certaine stabilité. Elle empêche les écarts brusques et exagérés, si nuisibles à la sécurité des affaires. Et cela, grâce au marché à terme. Le marché à terme, qui permet aux opérateurs de retarder jusqu’à une échéance convenue l'exécution de leur convention, tant pour payer que pour livrer, a été et est encore parfois très décrié, ainsi que la spéculation dont il est l'instrument naturel. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet; qu'il nous suffise de dire pour l'instant qu'il assure aux prix d’un certain produit, d’une certaine valeur, une fixité relative. En effet, si toutes les opérations devaient se traiter au comptant, elles seraient très intermittentes; le marché serait parfois très animé, parfois presque nul : au moment des récoltes, au moment d'une émission, l'offre sera trop importante pour les besoins du moment; les producteurs, les émetteurs devront garder leur produits et leurs valeurs ou les céder à vil prix, les cours seront instables. La spéculation, au contraire, qui achétera pour revendre, débarrassera producteurs et émetteurs pour répartir ses ventes sur un temps plus ou moins long, au fur et à mesure des besoins, et ce trafic continu tendra à régulariser, à maintenir les cours. Une valeur qui ne se trafiquerait qu'au comptant, tomberait sous l'empire d'un fait irréfléchi, d'un bruit défavorable, d’un incident politique; la spéculation, par ses achats à terme, corrige ce mouvement de baisse effrénée. De même que les haussiers, dont nous venons d'indiquer brièvement le rôle, tendent à maintenir le cours, les

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