‹ La bourse ou la vie [microforme]Chapitre 2 sur 4 · MESSIEURS LE3 DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

MESSIEURS LE3 DÉPUTÉS

Abies | Vos délibérations ne sont pas finies. Vous avez légiféré sur plusieures questions bien importantes, et je vous en félicite. Mais au-dessus de toutes ces questions, il y en a une que je vous prie de considérer, et sur laquelle je demande l'urgence. Le véritable ordre du jour, je viens le soumettre à vos délibérations.

Vous êtes tous ©: bons patriotes, n’est-ce pas ?

Cette Province de Q:ebec que vous habitez et qui

vous a vus naître, vous voulez Id voir prospérer et grandir ? Eh bien, Messieurs de la Droité, Messieurs dé la Gauche, Messieuis du Centre. le moment est venu de faire un grand effort pour l’accroissement de la commune patrie.

Le peuple américain, sur lequel nous ävons tant | de fois jeté des rega ds d’admiration et d'envie,'ét

dont l'agrandissement merveilleux, agissant sur

notre population comme l’aimant sur le fer, a dépeuplé notre pays dans des proportions si alarmantes, le peuple américain traverse en ce moment

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une crise financière et industrielle qui sera désastreuse pour nos compatriotes émigrés.

Ses plus riches institutions financières chancellent, son commerce languit, ses grandes manufactures suspendent leurs opérations. Dans presque toutes les villes manufacturières des Etats-Unis, les ateliers se vident en grand nombre, et nos malheureux compatriotes nous reviennent par milliers.

1! y a longtemps que vous cherchez en vain des moyens de les rapatrier, ces frères malheureux ! Il y-a longtemps que vous faites de vains essais pour arrêter ce torrent de l’émigration qui nous épuisait ! Enfin ! Voilà la Providence qui vous vient en aide en faisant évanouir ce brillant mirage qui séduisait. tent de familles. Le cours des flots est changé, et. le torrent revient vers sa source.

Un mal salutaire ramène au pays vos enfants et vos frères. À vous, maintenant, de faire en sorte qu'ils ne l’abandonnent plus jamais, Ces milliers de bras qui avaient porté chez un peuple étranger le fruit de leur travail, et qui viennent maintenant s'offrir à vous, c’est une richesse qu’il faut : ccaparer.

Or 1:s vous resteront s'ils trouvent chez vous .du

travail et du pain.

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Du travail et du pain.

Voilà ce qu’ils Vous demandent, et ce qu'il faut absolument leur donner.

Nos manufactures ne pourront er recevoir qu'un. petit nombre. Il faut encourager, favoriser partous les moyens l'établissement de nouvelles industries afin qu’un plus grand nombre de bras y trouvent de l'emploi Mais quelque soit le progrès que vous réalisiez sous ce rapport, il ne faut pas que l'industrie accapare la majorité des travailleurs.

C'est donc vers l’agriculture que vous devrez. diriger ce courant d'immigration canadienne, et pour atteindre cette fin, il faudra multiplier les facilités et les avantages à l'entrée de cette carrière.

Nous avons des terres en abondance. Ne les.

vendez pas, mais donnez-les aux immigrants à certaines conditions qui les empêcheront de les ruiner: et de les abandonner ensuite,

‘Si cet encouracement ne suffit pas, allez plus loin, et payez une prime au colon pour chaque arpent de terre inculte qu'il mettra en état de culture, et pourla maison ou la grange qu’il bâtira sur son lot.

Car, ne l'oublier pas, messieurs, l’agriculture estla grande nourrice des nations, et c’est elle qu'il faut. protéger avant tout. On exalte l’industrie, et c’est

avec raison par ce qu'elle est pour les peuples une grande source de richesse et de bien être. Mais il y a dans la protection de l'industrie une certaine mesure qu'il ne faut pas dépasser ; sinon l'équilibre est rompu, et l'agriculture est ruinée par l'industrie,

Voyez ce qui arrive en ce moment aux: Etats- Unis: cet équilibre a été rompu dans les États de l'Est, et l'industrie y a pris aux dépens de l’agriculture une extension exagérée. Or la prospérité agricole est seule. solide, à Pabri des crises financières. Aussi, regardez aux conséquences : la cr'se actuellé ne se fait pas sentir dans l'Ouest où l'Agriculture est la source principale de prospérité ; elle se borne aux Etats dé l'Est où l’industrie a pris'le premier rang, Il faut éviter cette faute que nos voisins ont éommise, et maintenir l’équilibrerationel entre ces deux a sources de la richesse générale.

Donc il faut faire dus RON du plus grand nombre de nos nouveaux immigrés, et si vous me le permettez, je vous indiquerai vers quel point de nôtre pays nous dévons diriger cet aceroissement ‘de population. |

Ici, messieurs, se rattache à la question du rapatriement une autre question de la plus grandé impôrtance ét dont je veux particulièrement vous entrétenir, c’est celle de la construction d’un éhètnin de fer, : £

De Québec au Lac St, Jean.

C'est là, messieurs, une question de vie ow de mort pour ia belle et patriotique colonie du Saguenay. Je suis même tenté de dire que c’est une question vitale pour toute la Province et surtout pour la cité de Québec, tant me. paraissent désirables ies résultats anticipés de cette grande entre prise.

Il est généralement admis que les deux grandes causes de la prospérité si rapide dé nos voisins ont cé l'agrandissement continuel du territoire, et la construction des chemins de fer.

Eh bien, messieurs les ministres, messieurs les

députés, adoptons cette politique, et ma#æhons en

avant.

On veut construire un chemin de fer sur la rive Nord du fleuve St. Laurent, c'est bien.

On veut un chemin de fer de colonis tion sur la rive Nord de l'Outaouais, c’est bien.

On poursuit activement la construction d’une voie

‘ferrée de Lévis à Kennebée, c’est bien.

On achève le chemin de fer RARE, c'est

bien.

On se propo se de construire le hs qi hé spl

| encore bien.

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‘Mais il reste une autre voie ferrée à établir, et qui est absolument nécessaire,.c'est celle de Québec au Lac St. Jean.

On a agrandi le territoire Canadien du côté de l'Ouest en annexant Fpnhobe et la san c'est bien ! \ ,

On vient de rails du côté de l'Est par l’en- ‘trée de l'Isle du Prince Edouard dans 4 Confédération, c’est encore bien.

Mais il faut maintenant nous agrandir du coté du Nord. |

Jetons un regard sur la carte de notre pays.

Audelà des Laurentides, entre les sources de deux grandes rivières, le Saguenay etle St. Maurice, s'étend un immense territoire, dont le sol est des plus fertiles, et qui est arrosé par des rivières et des lacs superbes. Ily a là des milliers et des milliers d'âcres de terre très propres à la culture, et qui n’attendent que la main du défricheur pour produi re les plus richesmoissons.

C’est l'une des plus belles parties de notre pays,

“et malheureusement l’une ‘des plus Ignorées;- à cause.

«de son isolement. Plusieurs d'entre vous, Messieurs, «ont dù visiter ce coin de terre, et sans doute ils n'ont pu retenir un cri d’admiration lorsqu’ après ‘une longue marche, au milieu des forêts, ils ont “aperçu se déroulant à perte de vue sur son beau Lit

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