FÊTE DE CHARITÉ
« Nous avions dit que la fête de charité organisée par le cercle d’escrime et de l’Union gymnastique serait probablement l’une des plus attrayantes de la saison d’hiver, et nous ne pensons pas aujourd’hui que l’événement soit venu nous donner un démenti.
« C’était un lendemain de plusieurs grandes fêtes dansantes, à une heure où le culte de maître Gaster attache encore beaucoup de £ens aux grandeurs de la table. N’importe, à l’heure dite, avec une exactitude toute militaire, le rideau de l’Eden-Théâtre se levait devant une salle des mieux garnies, découvrant l'excellente musique du 1er chasseurs qui ne voudrait pas laisser à d’autres qu'à elle le soin de compléter une fête de ce genre.
« Puis sont entrés successivement en scène nos gymnastes aux bicepà d’Hercule, aux jarrets d’acier, une série d’excellents tireurs et, pour couronner le tout, les maîtres de la boxe, les Charlemont père et fils, contre lesquels un amateur de Bruxelles, M. Pleuzer, n’avait pas craint de se mesurer.
« Nous serons sobres de détails, d’autant plus qu’en ce qui concerne la partie de l’escrime, nous aurons à examiner spécialement demain le jeu de chacun des jouteurs. Disons au plus vite que les assauts ont été presque tous remarquables, et que tous ont été combinés de façon à mettre en présence, soit des élèves, sait des maîtres,' de force égale.
« H y a bien eu par-ci, par-là quelque amateur ou quelque élève boutonné de main .. de maître, ruais ce fut la part de l’imprévu.
« Nos gymnastes ont été admirables de précision dans les mouvements d’ensemble et de massues qui ont ouvert la série des exercices.
« Très applaudie surtout la marche d’entrée rythmée sur la sonnerie éclatante du clairon. Pour le travail aux appareils ils s’étaient fait renforcer de quelques collègues des Sociétés de Bruxelles triées sur le volet.
« Aussi ne faut-il pas s’étonner si nos jeunes concitoyens ont été quelque peu éclipsés par ces virtuoses de la barre fixe et surtout des barres parallèles. Tudieu ! il y a là des gaillards qui vous
LA BOXE FRANÇAISE
font des « planches » à bras tendus... mais des planches qui méritent d’être vues.
« Franchement, c’est plaisir de voir des jeunes gens musclés de cette façon et de penser que nous pouvons en faire tout autant avec quelque peu de pratique et de dispositions.
« Ce n’est que cela d’ailleurs : pratique et dispositions. Les Charlemont père et fils vous le diront.
« Y a-t-il rien de plus élémentaire que de donner un coup de poing ou un coup de pied?... Absolument rien. Seulement tout l’art consiste dans la façon de les donner et surtout de les éviter. Pour bien nous en convaincre, ces Messieurs nous ont fait tout d’abord la démonstration de la boxe et du chausson, en décomposant les coups d’attaque et de parade. Aussi, comme le programme le promettait, la boxe française n’a-t-elle plus désormais de secrets pour nous.
« Et cependant il y a là une façon de promener son pied sous le nez, et même parfois sur le nez des gens, qui fait rêver. M. Pleuzer, l’amateur de Bruxelles, que nous avons cité plus haut, doit en savoir quelque chose.
« Certes, notre compatriote est d’une force respectable, mais les hasards du programme ont voulu qu’il ait affaire aux premiers maîtres de France, et cela rendait la lutte quelque peu inégale.
« Il n’en a pas été de même de l’assaut entre Charlemont père et fils. Allons !... le père peut se vanter d’avoir fait là un fier élève. Ce dernier en manifeste d’ailleurs toute sa reconnaissance chaque fois qu’il peut en administrant à son professeur de formidables taloches, avec une pitié... toute filiale.
« De coups de massues en grandes volées, et de grandes volées en coups de poing, nous sommes arrivés à 7 h. 1/2 du soir, presque sans nous en douter. On a même été obligé de supprimer le dernier article du programme : « saut du bock par les gymnastes », afin de pouvoir aménager la salle pour le bal masqué du soir. Aussi, en sortant, personne ne se plaignit de ne pas en avoir eu pour son argent.
« En somme, on avait assisté à un spectacle peu ordinaire dans certaines de ses parties, tout à fait nouveau dans d’autres. On s’était amusé en faisant le bien ; car n’oublions pas que la fête
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avait été donnée au profit des pauvres de la ville ; on a fait pour eux bonne et fructueuse recette, et ils en devront de la reconnaissance tout à la fois à ceux qui ont prêté leur généreux concours et aux sociétés qui ont entrepris la tâche de l’organisation. Ne terminons pas sans accorder une mention spéciale au joli programme que l’on vendait dans la salle au profit des pauvres ; le dessin artistique que Ton admirait est dû à M. E. Masson, un des ingénieurs les plus sympathiques de notre corps des mines. »
Journal de Char leroy.
Le Boxing-club de Bruxelles a été fondé en 1887.
L’initiateur, qui en est aujourd’hui le président, M. Henri Pleuzer, fut aidé par MM. 0. Grégoire, Adolphe Prier, de Saône, Evely, E. François, Miette, Gernaey, Tilbury, Jacques Dubois, Fiévet et Reiske.
Le Boxing-club donne une séance annuelle internationale à laquelle prennent régulièrement part les champions des méthodes diverses de chaque nation, pour la boxe française et anglaise.
Les couleurs du club ont été représentées aux différents assauts d’armes et de boxe qui se sont donnés dans le pays, ainsi qu’à de nombreux assauts à Paris, à un nombre plus restreint à Londres, et. aux championnats d’Angleterre.
C’est dans les locaux de la salle Dupont, qui est le professeur du club, 30, rue des Petits-Carmes, que les cours ont lieu ainsique les assauts.
GRAND ORIENT DE FRANCE