‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 105 sur 233 · Tom Gibson, Bob Cobley · texte numérisé non relu

Tom Gibson, Bob Cobley

Les dames seront admises.

M. O. Quillier prévient par lettre qu’il regrette cle ne pouvoir prendre part à l’assaut du 18 avril 1888, il Irouve son tireur inférieur. Il y en a d’autres quelquefois qui trouvent leur adversaire supérieur et ne tirent pas pour cette raison.

LES JEUX SCOLAIRES ET l’ÉDUCATION PHYSIQUE

Notes de voyage

LA BOXE

« La boxe n’est pas, à proprement parler, un jeu scolaire, mais, elle tient dans la vie des écoliers anglais et dans l’histoire de leur développement physique un rôle trop important pour

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n’avoir pas droit à une mention en celte revue des exercices pratiqués par la jeunesse d’Outre-Manche.

« Est-il bien sûr d’ailleurs que celui-là ne doive pas être rangé parmi les jeux? .. On ne voudrait pas en jurer.

«Il arrive certainement à plus d’un collégien d’Elon, de Harrow, ou de Rugby de jouer des poings avec un camarade par simple plaisir. 11 y a d’ailleurs une volupté particulière dans la confiance que l'adresse du pugilat inspire à l'individu qui en est doué, et dans la certitude de pouvoir toujours, en tout temps, en tout lieu, et sans autres armes que celles de la nature, repousser scientifiquement une attaque. Cette volupté particulière permet de ranger la boxe au nombre des sports. Elle possède au plus haut degré ce caractère quand elle reste, comme le jeu du fleuret, à l’état d’assaut courtois entre adversaires, pourvus de gants rembourrés. Pourquoi donc lui refuser le droit de cité dans l’arène gymnique et persister sottement à flétrir comme indigne d’un homme bien élevé ce qui est, après tout, la forme la plus naturelle et la plus loyale du combat réel ou simulé.

« Les gens qui affectent de considérer la boxe comme une escrime de goujats oublient un peu trop qu’ils sont exposés tous les jours à se trouver, bon gré, mal gré, engagés dans une querelle et même dans une lutte avec lesdits goujats. Quelle figure feront-ils s’ils n’ont jamais appris à se servir de leurs poings?

« Il est fort joli de hausser les épaules et de se considérer noblement comme supérieur à ces adversaires de bas étage, mais les injures ou les coups de ces adversaires n’en sont pas moins des injures qu’il est bon de châtier et des coups qu’il est utile de parer. Au fond c’est un pauvre homme qui ne s’est pas mis en état de repousser et de punir sur l’heure une insulte quelconque.

« Or, il n’y a pour cela qu’un moyen connu : avoir à son actif quelques leçons de boxe et ne jamais hésiter à les appliquer, quand c’est nécessaire.

« On n'imagine pas le bien que deux ou trois coups de poing bien envoyés en pleine figure, font au moral, sinon au physique d’un insolent, quel que soit son état. Il est rare qu’il s’expose jamais à la récidive.

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« Quant au bien que ces coups de poing font à celui qui les administre à bon droit, il est purement délicieux, et c'est probablement la plus grande joie qu'il soit donné d'éprouver en ce bas monde. J’en appelle à tous ceux qui l’ont goûtée.

« Comme exercice proprement dit, la boxe est un des meilleurs qu’il soit possible de donner au tronc, aux épaules et aux bras. Elle endurcit les muscles et leur communique une consistance qui les rend presque invulnérables, en ce sens du moins que les contusions s’y marquent plus difficilement et que les blessures guérissent avec une rapidité extraordinaire. .11 n’y a qu’à voir un pugiliste de profession pour reconnaître en lui les attributs les plus marqués de la force et le type même de l’Hercule antique : front bas, maxillaires de bouledogue, cou de taureau, développement colossal des muscles du bras et de l'épaule.

« Si la boxe, considérée comme art de la défense naturelle, donne une supériorité évidente à l’individu, dans la vie ordinaire, il va de soi que cette supériorité sera également marquée à la guerre, quand le boxeur deviendra soldat. Habitué à ne compter que sur lui-même, à considérer comme inférieur et méprisable tout adversaire qui n’est pas rompu aux luttes corps à corps, il va de soi que ce boxeur sera, mieux que tout autre, propre à l'assaut ou à l’abordage. Ce n’est pas parce qu'il aura aux mains un fusil ou une hache, qu’il perdra sa force et son adresse. Et cette force, cette adresse trouveront nécessairement leur emploi en lui faisant rechercher le contact avec l’ennemi, contact qu’un combattant moins robuste ou moins habile n’ambitionne généralement pas.

« Ces motifs, ajoutés à toutes les autres habitudes athlétiques de la jeunesse anglaise, lui font cultiver avec passion ce qu’on appelle toujours de l’autre côté du détroit le « noble art de la sell défence », en dépit du discrédit où est tombée la boxe comme sport public et des lois répressives qui l’interdisent dans le Royaume-Uni.

« Lois et discrédit s'expliquent aisément, quand on sait à quels spectacles répugnants donnaient lieu les luttes des prize figliters pour le championnat, ou simplement pour les sommes d’argent

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engagées sur eux. Que des pugilistes de profession vinssent périodiquement se livrer des combats parfois mortels et s'assommer en présence d’une foule idolâtre, pour la plus grande joie de quelques garçons bouchers et quelques seigneurs, il n’y avait là rien de bon à la cause de la moralité nationale ou de l’éducation physique. Les chambres anglaises ont bien fait d’intervenir et la police anglaise fait bien de traquer sans pitié ces jeux sanglants, rénovateurs du cirque antique.

« Mais les abus d’une escrime, excellente en soi, ne sauraient effacer ses mérites. Tous les sports donnent lieu en Angleterre à des excès analogues, parce que la passion du jeu y trouve un aliment particulièrement approprié aux appétits britanniques.

« Les Anglais en effet n’aiment pas le jeu pour lui-même comme une lutte avec le hasard et un coup de sonde dans l’inconnu ; ils aiment le jeu pour le gain, à la manière du chevalier de Grammont, qui corrigeait volontiers la chance, c’est-à-dire quand ils croient avoir les atouts dans leur manche, sous la forme de renseignements secrets sur la valeur respective des concurrents.

« C’est pourquoi les meilleurs sports, les plus virils et les plus légitimes, dégénèrent toujours chez eux en coups de filet pour les aigrefins. L’habileté consommée aux exercices du corps suppose naturellement et produit 1 e professionnal ; or, l’homme du métier n’est pas plutôt au jeu, qu’il trouve tout simple de se faire payer pour perdre, et de gagner ainsi à coup sûr.

« Dans les luttes de prize figthers , l’escroquerie se compliquait de coups et blessures volontaires, offerts en spectacle à des amateurs déjà trop portés pour la plupart aux brutalités et aux violences.

« On ne peut donc qu’approuver la guerre acharnée que leur font les pouvoirs publics, précédée et soutenue par l’opinion. De nos jours, leà combats du ring proprement dits sont devenus en Angleterre une sorte d’anachronisme des plus exceptionnels. On voit de loin en loin conter par les journaux que deux pugilistes s’étaient secrètement donné rendez-vous dans, une plaine isolée et qu’entourés d’un certain nombre d’affiliés, ils avaient déjà commencé à se marteler la face à coups de poing, quand les constables sont arrivés et les ont mis en état d’arrestation. Les feuilles

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radicales ajoutent ordinairement à mots couverts que parmi les spectateurs de cétte boucherie, on a cru reconnaître le prince de Galles. Deux ou trois jours après, le juge de police prononce contre les délinquants la peine de quelques semaines d’emprisonner ment* et c’est fini pour un semestre ou deux.

« Il en est de même des combats de coqs, également patronnés par l’héritier présomptif de la couronne et réprouvés par la police.

« En somme, on peut dire que la mémorable lutte de Tom Sayers avec Heenan, pour le championnat international, a clos sans retour l’ère du pugilat public.

ce Mais, dans les mœurs privées, la boxe est toujours en honneur et peu de réunions hippiques ou autres ne s’achèvent sans qu'une altercation personnelle ou un différend quelconque ne se liquide par l’échange de quelques coups de poing.

« C’est vraisemblablement à cette habitude, autant qu’à la sévérité des lois, qu’il faut attribuer la disparition du duel -en Angleterre. Il est admis qu’une injure, une parole malsonnante valent un œil au beurre noir ou une fracture des os propres du nez. Après quoi, l’affaire est considérée, d'un accord tacite, comme terminée, et l’honneur des hautes parties belligérantes est parfaitement satisfait.

« Il en est de même dans les écoles, où l’on retrouve l’image la plus parfaite de ce que fut le ring en ses plus beaux jours.

« Le duel à coups de poing y est en effet resté très populaire, et quoique les maîtres ne l’approuvent pas ouvertement, quoiqu’ils affectent même de le blâmer et de le punir, on est fondé à croire que leur opposition est toute de surface.

« En tout cas, l'affaire se passe toujours dansles règles. Quand deux élèves ont résolu d’en venir aux mains, ils prennent jour et heure pour le combat et choisissent un endroit écarté où ils aient chance de ne pas être dérangés. Dans certains collèges, à Rugby, par exemple, il y a un champ clos consacré par l’usage, derrière le mur protecteur de la chapelle. Les camarades, avertis de la petite fête, ne manquent pas de s’y rendre pour former le ring ou cercle, qui est ordinairement un carré, par parenthèse.

Deux témoins, désignés par chacun des adversaires, apportent

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la serviette, pour éponger la sueur qui va ruisseler sur les membres des combattants ; la bouteille, pour baigner leurs tempes ou leurs contusions et les ranimer, au besoin, d’une gorgée d’eau fraîche.

« Les champions dépouillés de leur veste, parfois de leur chemise, et restés en pantalon, se donnent la main pour affirmer que la lutte sera loyale, c’est-à-dire qu’aucun coup ne sera porté audessous do l'ombilic, que les jambes resteront étrangères à la lutte et que les mains ne seront point ouvertes, ni employées à saisir l’adversaire. Puis, sur un signal, le combat s’engage. Un arbitre ou umpirè , montre en main, indique la durée des rounds ou reprises et des repos, qui sont alternativement d’une minute ou deux.

« Le pied gauche en avant et le poids du corps portant sur le pied droit, les adversaires échangent des deux poings, mais spécialement du poing gauche, des coups qui visent les deux yeux, les oreilles, le nez, la mâchoire, le creux de l’estomac ou les espaces intercostaux. Le bras droit, à demi replié en avant de la face et du thorax, pare ces bottes du mieux qu’il peut. Il est permis de baisser la tête, — techniquement de plonger, — pour esquiver un coup, mais non pas de se servir de la tête pour frapper à la manière du bélier. Les poings seuls doivent être en jeu.

« A la seconde précise qui marque la fin de la reprise, l’arbitre suspend le combat et chacun des témoins, un genou en terre, reçoit sur l’autre genou son combattant, qu’il éponge et rafraîchit de son mieux. Défense de s’asseoir à terre ou sur un autre siège, et de prendre un cordial quelconque. La pose finie à l'avertissement de time is up (le temps est écoulé) la lutte reprend de plus belle, pour se continuer ainsi, avec des reprises et des repos alternatifs, jusqu’à ce qu’un des champions soit hors d’état de se remettre en garde ou se reconnaisse battù.

« Ordinairement, c’est un coup de poing sur.lescôtes, en coupant la respiration, ou un double knocker sur les yeux, en l’aveuglant momentanément, qui amènent ce résultat.

« 11 ne reste plus alors qu’à ramener au logis vainqueur et vaincu, pour panser leurs contusions. Elles sont habituellement peu d a n gere uses et ne résistent pas à deux ou trois compresses

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d’arnica. Parfois pourtant il y a des fractures qui nécessitent un traitement plus compliqué. Mais c’est chose exceptionnelle au collège, où les témoins s’efforcent en général d’empêcher que le combat ne soit trop acharné, tout en veillant à ce qu’il soit sérieux.

« Les yeux au beurre noir sont traditionellement pansés avec un cataplasme formé d’une rondelle de veau cru. On n’a jamais pu savoir si ce pansement bizare accélère la résolution de l’ecchymose orbitaire ou se borne à ne pas la retarder. Toujours estil qu’un pugiliste se croirait lésé dans son droit le plus sacré si l’on prétendait lui en administrer un autre dans le cas d’œil poché ou blinquer , comme on dit en argot du ring.

« Car la boxe a sa langue à elle, que les collégiens anglais cultivent beaucoup plus volontiers que les langues mortes.

« Dans ce vocabulaire spécial, le poumon s’appelle le soufflet ; les yeux des hublots , des lunettes , des clignotants , des louchants ; le nez devient la trompe , le proboscis , la tabatière , la bouteille de vin rouge (quand il saigne) ; la bouche est la boîte à dominos, la sifflante ; la tête, la boîte à malice, la cruche à cervelle ; les poings sont la grappe à cinq grains ; les jambes sont des quilles ou des épingles ; la poitrine est le porte-manteau. Pocher les yeux à son adversaire, c’est lui peindre les hublots ; lui allonger un coup dans les côtes, c’est lui servir une côtelette y lui écraser le nez, c’est lui tirer une pinte de claret ; le coucher à terre, c’est l’asseoir sur le gazon..., etc...

« Quant à l’honorable corporation des pugilistes, elle s’honore du titre de the fancy , le caprice, c’est-à-dire l’art par excellence entre tous les sports.

« C’est pourtant un art relativement facile et qu’un gymnaste adroit apprend en quelques leçons. Il s’agit surtout, dans cette escrime, de s’exercera décocher le coup bien droit, d’un poing ou de l’autre, mais toujours en garde, c’est-à-dire sans se découvrir, pour donner plus de jeu à l’avant-bras, avant de le lancer. Le tout est de deviner, au regard de l’adversaire, où il va frapper, pour arriver à la parade et au même instant de le tromper par une

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feinte, pour cogner au point qu’il découvre ; par exemple de lui envoyer le poing au creux de l’estomac, quand il l’attend entre les deux yeux, ou sur l’oreille gauche, quand il couvre instinctivement ses fausses côtes.

c< Un coup plein au-dessus du diaphragme a généralement pour effet immédiat de « casser les jambes » à l’adversaire qui tombe sur les genoux comme une masse, et de mettre fin au combat sans laisser de traces visibles ou dangereuses.

« Mais les raffinés préfèrent en général ne donner ce coup de grâce qu’après avoir convenablement pilé le nez, les yeux et la mâchoire du sujet. Au bout de deux ou trois minutes, sa face devient une masse informe et boursouflée, d’un aspect tout à fait conforme à leur sentiment esthétique en matière de piTgilat. Alors seulement d’un coup sec sous le sternum, ils complètent la cure.

« Ces détails, avec les légendes plus ou moins fondées qui ont cours sur les exploits pugilistiques de la première moitié du siècle, ne peuvent guère manquer de laissser au lecteur français une impression défavorable de la boxe. Il se dit sans doute que c’est un sport sauvage et que le dernier mot de la civilisation ne saurait être de défigurer le prochain, soit à coups de poing, soit avec tout autre instrument contondant.

« Eb bien, il faut avoir le courage de le dire, c’est là une vue fausse et injuste de la boxe. Sous des dehors barbares, ce sport est le plus inofîensif et le plus véritablement utile de tous. Aucune autre escrime ne donne le moyen de mettre un mécréant hors d’état de nuire, sans danger sérieux pourra vie. Aucune autre ne développe aumême degré, chez ses adeptes, le sentiment de la justice et de l’égalité sociale. Aucune autre ne permet, à l’occasion, de redresser des torts qui crient vengeance ou de conjurer un danger imminent.

« Donnera- t-on des coups de revolver ou des coups d’épée à une brute qui bat une femme ou un enfant? à un ivrogne qui vous outrage? à un escarpe qui vous attaque inopinément ?... Un coup de poing bien placé règle tous ces comptes de la manière la plus rapide et la plus simple.

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(( Eugène Sue en avait eu le sentiment, quand il avait fait de son redresseur de torts, le prince Rodolphe, un pugiliste émérite : il n’y a rien au fond de plus humain que la boxe, parce qu’elle met le châtiment à la portée et au niveau de la faute, parce qu’elle est la seule langue que comprennent certaines natures et celle qu’il faut leur parler.

« Les leçons de boxe se prennent habituellement avec des gants rembourrés, analogues au gant d’escrime. Mais il est essentiel, si l’on veut tirer de cet exercice tous les avantages qu’il comporte, de faire assaut sans gants avec un maître habile ; il s’arrange pour ne pas vous toucher à la face, mais vous allonge dans le thorax des poussées qui vous apprennent vite à ne pas le découvrir. Il faut avoir reçu sous les fausses côtes un coup de poing bien envoyé et qui vous coupe net la respiration, pour se rendre compte de ce qu’un boxeur adroit peut faire avec ses seules armes naturelles, contre deux ou trois assaillants plus robustes que lui. En trois temps et trois mouvements, il doit leur faire mesurer le terrain et leur ôter l’envie de revenir à la charge.

« Dans, certaines professions, telles que celles d’agent de police, de gardien de prison, etc... la boxe devrait être l’A. B. C. de la gymnastique professionnelle. Mais il n’est presque pas d’homme qui n'ait, au moins une fois dans sa vie, l’occasion de se servir de ses poings et de regretter amèrement sa maladresse, s’il n’en connaît pas l’escrime. Car il n’y a pas, en pareil cas, de force qui tienne, il s’agit exclusivement de savoir parer et envoyer un coup.

« Nous avons, au surplus, une école de boxe française qui vaudra l’école anglaise le jour où elle renoncera à l'emploi du pied, qui est canaille , comme on l’a dit récemment à la Chambre, et unanimement réprouvé par tous les vrais sportsmen. Les Français par leur légèreté spécifique et leur adresse naturelle, ont même dans cette escrime des avantages tout particuliers et qui leur permettent souvent d’avoir raison de l’adversaire le plus musculeux, en le harcelant de tous côtés sans se laisser atteindre. Ils s'entraînent plus vite et arrivent plus aisément à cette condition parfaite du pugiliste qui fait dire à ses admirateurs, tant il a la peau lisse et brillante :

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« Il est blanc comme une femme !... »

« Il serait donc à désirer que « le noble art de la défense personnelle » ne fût. plus aussi négligé qu’il Test présentement dans nos gymnases et qu’on revînt sans plus tarder à des traditions aussi bonnes pour le moral que pour le physique. La mode peut beaucoup à cet égard.

« Si tous les habitués de salles d’armes se mettaient en tête d’avoir des gants de boxe, pour varier leurs exercices, ils en verraient bientôt le prix.

« Dans les collèges et lycées, la boxe- devrait faire partie des exercices réglementaires. Si l’on osait même énoncer ce qui paraîtra sans doute une énormité, peut-être faudrait-il désirer que le duel pugilistique devînt, en certains cas, et entre grands élèves, obligatoire dans nos écoles, -comme le duel au sabre l’est dans nos régiments entre sous-officiers et soldats, à la suite d’une injure grave. 11 n’y a pas de meilleur système pour enseigner à un enfant le respect de lui-même et des autres, autant que l’ulililé d’un bon biceps.

« Mais ce serait trop demander sans doute à nos mœurs de sybarites.

« Tout au moins peut-on souhaiter que cette pratique se développe d’elle-même et que les maîtres la favorisent en fermant les yeux sur les combats de ce genre.

« Il est vrai qu’ils auraientàcompter avec les familles. Ellesn’en sont pas encore, hélas ! à comprendre que l’Europe est un champ clos, que les jeunes hommes ne doivent pas être élevés dans du coton, que, voués à faire un jour des soldats, le mieux pour le pays et pour eux-mêmes est qu’ils soient des soldats suffisants.

« Philippe Daryl. »

Le Temps, 7 septembre 1888.

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