‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 126 sur 233 · MM. Jolit et Loustalot, B. T · texte numérisé non relu

MM. Jolit et Loustalot, B. T

LÉGENDE

B. F. Boxe française. — B. A. Boxe anglaise. — B. T. Bâton.

La soirée se termine par un banquet offert aux tireurs par MM. les Membres de la Société.

« Le vendre li 14 avril, dans les sa'ons du Grand Hôtel, baillant assaut organisé par la So -iété desBoxeurs français. M. Charlernont père, le renommé professeur, prenant sa retraite, c’est en son honneur et à son bénéfice, que l’assaut avait éléorganisé. Une des principales attractions était d'y voir tirer encore une fois celui qui fut, depuis vingt années, le maître en cette science difficile. la boxe française.

« Cé’ait, croyons-nous, la première fois qu’un assaut de boxe avait lieu dans le grand salon du Grand Hôtel.

« M. Ranc, sénateur, présidait, ayant à ses côtés M. Jean, le sympathique président de la Société organisatrice, M. le l)r Ménière. Puis MM. Roustan, commandant l’école de Joinville, Paschal Grousset, Robbe, Ch. Leroy, le comte de Luçay, Cuvillier, Charrière, San-Marin... etc... etc...

LA: BOXE FRANÇAISE

-■■« bansia. salle, cle jojies toilettes et de -jolies femmes, venues pour assister à ces luttes. courtoises, si bien faites pour mettre en valeur la vigueur et la souplesse de ceux qui s’y adonnent.

«- Après; un premier assaut, entre MM. Forreau et Kepler, deux jeunes tireurs, lutte assez mou.vernentée,. entre MM. La r pin et Hugny, où celui-ci a montré beaucoup d’à-propos, et celui-là beaucoup de sang-froid.

« Assauts intéressants, entre MM. Joli F, de l’école de Joinville et Ranowitz. — M. Jolit est un tireur élégant, et ne manquant pas de coup-d’œil ; etentre MM. Loustaiot et Baumblatt, qui nous a paru ému de paraître pour la première fois devant un public aussi nombreux, et qui s’est laissé déconcerter un peu par un coup de poing de figure, pris dès le début, par M. Loustaiot.

« Un assaut de boxe anglaise mettait en présence MM. Langlois et Rogé M. Langlois manque un peu, à notre avis, de stabilité, et M. Rogé ne nous a pas semblé suffisamment entraîné. 11 y a un an environ, M. Rogé était plus vif, ét semblait, plus endurant.

: « Viennent .ensuite, deux bambins d’une douzaine d’années, les jeunes Müntz et Mathiot, élèves to.qs deux de Charlemont fils, qui nous ont fait assister à un assaut charmant, plein de correction. Les mouvements sont bien exécutés, et quelle souplesse à cet âge, c’est surprenant !

- <r Nos compliments à MM. Leclerc et Salini, pour leur assaut. M. Salini avait affaire à forte partie, et s’est bien défendu. M. Leclerc n beaucoup d’à-propos, de coup d’œil. Il pare très juste et riposte avec beaucoup de décision.

! « Assaut des plus intéressants, entre MM. Deligny et Groslambert. M. Deligny possède des moyens remarquables, et a quelques-unes des qualités de son professeur M. Leclerc.

« Dès le début de l’assaut, il a pu toucher deux coups de pied bas. M. Groslambert, un tireur de mérite, qu’on a déjà vu fréquemment dans les assauts, a repris l’avantage, surtout vers la fin de l’assaut. Il a eu notamment un revers de pied pris sur une attaque de chassé-bas, et le dernier, par un magistral coup de poing de figure.

« Lassons à l’assaut très attendu , de M. Charlemon t père contre

LA BO X K f R A N ÇA I SE

M. Albert. M.Gharlemont entre dans le cercle, avec des allures jeunes, malgré ses cinquante-trois ans. lia conservé une souplesse et une rapidité de jambes surprenantes. Mais ce qui domine, c’est la science et le jugement dans son jëu. M. Albert, très en progrès depuis un an, se défend a v.e c habileté. II. réussit, notamment, un coup d’arrét-chassé, sur un coup de pied tournant de M. Charlemont, un revers de pied très rapide, que son adversaire, il est vrai, lui rend quelques secondes après. M. Charlemont père a pris sur son jeune et robuste adversaire - trois magnifiques ripostes de coup de poingde figure, sur des attaques qu’il a provoquées très savamment.

« Une véritable ovation est faite aux deux tireurs que le public rappelle après leur départ.

« Pour mémoire, l’assaut de M. Leclerc jeune, et de M. Moscovino, qui a un peu perdu ses moyens, et s’est vraiment trop livré à son adversaire qui, lui, a manqué de générosité en tirant dur, et en faisant deux prisés de jambes trop brutales à notre avis.

« Enfin, après un joli assaut, entre MM. Levalloiset Mayodon, où Levai lois s’est montré adversaire rapide, doué de beaucoup de coup d’œil, et M. Mayodon, un tireur habile, vient l’assaut, final entre MM. Castérès et Charlemont fils.

« Cet assaut, qui aurait, pu être fort intéressant et mettre en relief toutes les qualités des deux tireurs, a été pénible pour le public, et même pour les initiés de la boxe française.

« M. Charlemont fils s’est cru obligé de prendre sa revanche du cirque d’été et a fait un jeu trop sévère et trop dur. Trop d’amour-propre, de. part et d’autre, pour qu’il soit agréable de voir deux tireurs de cette force en présence.

« M. Charlemont a eu l’avantage, c’est indiscutable, mais nous sommes convaincus qu’il l’aurait eu bien plus encore, s’il avait fait montre de cette aisance et de cette virtuosité qu’il nous a montrées parfois.

« M. Castérès s’est remarquablement défendu et a montré beaucoup de ténacité. J’ajouterai qu’il a eu pour lui les sympathies du public, que nous aurions voulu voir partager également entre deux tireurs de cette valeur, qui ont été amis autrefois et dont

LA BOXE FRANÇAISE

l’un est élève de l’autre, ce qui devrait surtout donner de la vanité au dernier.

« Laparade. »

L’Escrime française, mai 1893.

SOCIÉTÉ DES BOXEURS FRANÇAIS

ASSAUT ANNUEL

donné au Grand Hôtel, le 18 mai 1893.

PROGRAMME

ORDRE DES ASSAUTS

Page 1