FONDATION DU « B0X1NG-CLUB DE FRANCE
Le 23 mai 1896.
Le Boxing-club de France, fondé en 1896, a pour but de propager en France le goût de la boxe et d’en favoriser les progrès, notamment en donnant des assauts sous son patronage* en subventionnant les sociétés de professeurs de boxe, et en accordant à ceux-ci des secours et des encouragements individuels. Le président est M. Bruneau de Laborie et le secrétaire M. R. d’Enneval.
A propos de la fondation du Boxing-club de France, il nous souvient que, sous le dernier Empire, la préfecture de police défendait de mettre sur les affiches d'assauts les mots : « Boxe française, boxe anglaise ; » il fallait les substituer par les mots : «adresse française, adresse anglaise. »
Sous la République la préfecture de police a eu le bons sens de supprimer cette anomalie, malheureusement elle en a créé d’autres.
En 1890, la société des boxeurs français, alors en formation, sollicita de la préfecture de police l’autorisation de se constituer (mesure prévue par l’article 291 du code pénal et la loi du 10 avril 1834 sur les associations). A cet effet elle adressait ses statuts et demandait à prendre le titre de : « Cercle des boxeurs français » ; elle indiquait dans lesdits statuts que le cercle avait pour but : Art. 1er. De développer le goût de la boxe et d’en favoriser les progrès, et qu’elles’interdisait les jeux de toute nature (art. 3). — La préfecture de police refusale titre indiqué ci-dessus, sous prétexte que le mol: « cercle » implique la nature de jeu d’argent.
A quoi servent alors les articles du code pénal qui punissent les infractions aux statuts? Nous faisons remarquer, en passant, que des cercles de jeux existent et sont autorisés. On accorda le titre de : Société des boxeurs français.
Le plus drôle de cette affaire, le voici t Une société d’encouragement de la boxe s’est constituée au mois de mai 1896, elle fut autorisée à prendre le titre qu’elle s’était choisi : Boxing-club de France , ce qui en français veut dire : Cercle de boxe de France, le môme titre refusé aux Boxeurs français, n’est-ce pas amusant?
LA BOXE FRANÇAISE
Ainsi on peut obtenir le titre d’une société, lorsqu’il est rédigé en anglais, et non lorsqu’il est rédigé en français. Devinera qui pourra cette énigme, nous, nous n’y comprenons rien, si ce n’est que pourêtre français, il faudra bientôt être anglais.
Voilà où nous en sommes avec nos administrations, qu’aucun pays d’ailleurs ne nous envie plus.
Le 20 août 1896, Eugène Cuvillier, artiste peintre, meurt de la fièvre typhoïde après trois semaines de maladie, il était âgé de 36 ans.
On sait qu’en 1891, à la salle d’armes Mimiague, il avait été pendant 15 jours entre la vie et la mort, à la suite d’un accident de fleuret dont il réchappa.
Eugène Cuvillier était en même temps notre ami intime et notre élève ; il était plutôt grand de taille, élancé et admirablement doué tant au point de vue physique qu’au point de vue musculaire ; très doux mais d’une rare énergie. Il était avec Groslambert, Brault, San-Marin, Rogé, Levallois, Castérès, Allard, Mainguetet Chabrier, un des plus brillants tireurs de l’académie de boxe.
Il tira quelquefois en public où il fournit de remarquables assauts, entre autres salle du Grand Orient et à l’Hôtel Continental en 1890 et 1891. Il fut regretté de tous ceux qui le connaissaient.
Académie athlétique, 23, rue des Boulets, Grand assaut athlétique donné par M. Noël (Le Gaulois), le samedi 7 novembre 1896, à 8 heures du soir. Grandes luttes de force, assauts d’escrime, de boxe et de canne.