QUELQUES CONSIDÉRATIONS
t( On voit par ce compte-rendu analytique que le combat a été acharné. Le match Sullivan-Corbett n’avait pas été à beaucoup près aussi terrible. Corbett s’était appliqué à lasser par des feintes et une boxe savante son pesant adversaire, si bien que les spectateurs, qui souhaitaient une lutte plus active, crièrent ce jour-là àdiverses reprises : Fight ! Fight ! (combat! combat!)
« Il semble que la victoire de Fitzsimmons remette un peu en honneur les principes de l’ancienne boxe, d’après lesquels les combattants devaient surtout triompher par leur résistance à
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recevoir les coups. Pendant les six premiers rounds, Gorbett a eu un grand avantage. Il a tapé sur son adversaire comme sur un billot, mais il s’est lassé lui-même à ce jeu, et du septième au onzième tour, les deux rivaux paraissaient bien (cuits) l'un et l’autre. Au douzième tour, Gorbett se ressaisit et paraît devoir prendre l’avantage, mais il rate de peu un coup terrible qui pouvait terrasser l’australien.
« Le boxeur « scientifique » a en somme été battu par l’homme résistant. Il faut désormais allier les deux qualités pour prétendre à la gloire du fighting.
« Plusieurs hommes seraient disposés, paraît-il, à disputer le championnat à Fitzsimmons. Il est douteux qu’il accepte le défi de Maher, qu’il a réglé l’année dernière; Sullivan, dont on a parlé aussi, souffre du bras gauche.
« Les Anglais appuieront lachancede leur champion Mitchell, qui a déjà envoyé un défi en bonne et due forme au vainqueur pour 25.000 francs. Gorbett a battu facilement Mitchell en 1894, mais le boxeur anglais avait, disions-nous l’autre jour, l’excuse de la malaria En somme, le plus qualifié de tous ces hommes nous paraît être le nègre Peter Jackson. Il est plus grand, plus lourd que Fitzsimmons et son allonge esttout à fait remarquable. Enfin, il a une résistance d’enclume, et avec lui l’australien aura fort à faire. Peter Jackson a trente-six ans, Fitzsimmons trentecinq, ce sont tous deux de terribles frappeurs.
« Victor Breyer. »
Le Vélo, 19 mars 1897.
« Nous lisons dans le Journal Le Temps , du 13 mars 1897, sous la rubrique BOXE, les quelques lignes qui suivent :
« Charlemont a donné hier son assaut annuel avec un programme très varié et très intéressant, comprenant des tireurs étrangers de lre force. M. Vigny, professeur à Genève, a fourni, contre Charlemont lui-même, une lutte en boxe française soutenue avec un art et une résistance rares, en présence d’un tel adversaire. Au début Charlemont avait pris un énorme avantage, mais le premier moment d’étonnement passé, M. Vigny s’est
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repris, et la fin de l'assaut a été plus qu’honorable pour lui. La belle particulièrement a été disputée avec une énergie extraordinaire. Plusieurs attaques foudroyantes de Charlemont ont été parées ou esquivées avec un jugement parfait.
« Bien que la victoire de Charlemont fût indiscutable, on peut dire que, pour la première fois, il avait trouvé un tireur étranger digne de faire sa partie.
« Ensuite, M. le professeur Vigny a fait un nouvel assaut de boxe anglaise avec M. le professeur anglais Attfield, qui a fort bien réussi.
(( En lisant ces lignes nous ne pouvons moins faire que de remercier très sincèrement M. le professeur Vigny de s’être dérangé pour aller faire un assaut à Paris, contrecelui qui passe, ajuste titre, pour le champion français.
« D’après le compte-rendu ci-dessus, M. le professeur Vigny s’est comporté de telle manière que toute la presse parisienne a été unanime pour féliciter ce sympathique professeur. Aussi sommes-nous heureux d’enregistrer ce succès, car M. Pierre Vigny, quoique français, est une vieille connaissance génevoise. »
Le Genevois, 18 mars 1897..