‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 171 sur 233 · LES QUATORZE REPRISES · texte numérisé non relu

LES QUATORZE REPRISES

« lre Reprise. — La lutte s’ouvre par quelques feintes; le premier coup est porté du poing gauche par Fitzsimmons mais esquivé par Gorbett qui lui plante ensuite deux coups de poing l’un sur la mâchoire et l'autre sur l'estomac. Après un corps à corps, Gorbett touche Fitz au côté mais est ensuite touché lui-même à la tête.

« Gorbett est souriant ; Fitzsimmons paraît agressif et (le mot est textuel) féroce.

« 2e Reprise. — Un corps à corps à la suite duquel Fitz frappe Corbett au côté; James est très prudent et semble attendre une occasion.

« Mais un vif engagement se produit, Gorbett touche Fitz^durement dans l’estomac et le frappe à coups redoublés au moment où le gong retentit, annonçant la fin de la reprise.

« 3e Reprise. — Dès le signal, Gorbett touche dur du poing gauche, Fitz semble rager et lance plusieurs coups qui touchent à peine. En revanche Gorbett le touche encore plusieurs fois. Dans un corps à corps Gorbett frappe Fitz plusieurs fois, son bras faisant l’office d'un véritable piston.

« 4e Reprise. — Gorbett touche du gauche sur la poitrine et Fitz riposte bien du gauche dans l’estomac.

« Le combat est très vif ; Fitz commence à s’exciter et attaque à tout propos, Gorbett est beaucoup plus scientifique etse dépense moins.

« 5e Reprise. — C’est cette reprise qui voit le « premier sang » et Corbett en a les honneurs; il touche Fitz sur le nez et plusieurs fois ensuite au corps et au menton.

« Gorbett a un avantage marqué.

« 6e Reprise. — Un corps à corps durant lequel Fitzsimmons saisit Corbett et le renverse. Réprobation de la foule. Corbett est vite debout et touche deux fois à la figure.

LA BOXE FRANÇAISE

« Un instant Fitz se met à terre sur un genou afin de reprendre haleine et reste ainsi jusqu'à ce que le référé ait compté 9 secondes, ce qui est son droit ; il se relève d’ailleurs sans donner de signes d’épuisement.

« 7e Reprise. — Le spectacle commence à être affreux. Fitzsimmons est couvert de sang mais paraît encore aussi fort qu’un taureau. Au contraire Corbett souffle comme un homme qui commence à se fatiguer.

« Les deux hommes se touchent à plusieurs reprises au visage.

« 8e Reprise. — Fitzsimmons force le combat mais est reçu par un formidable coup de poing sur la bouche qui le soulève littéralement de terre.

« Il se remet vite et touche Corbett du gauche en pleine figure. Il est vrai que Corbett riposte par un coup semblable.

et 8 * Reprise. — Après plusieurs feintes, Fitz toucheau-dessous de la ceinture et reçoit un avertissement du référé. Corbett touche dur du gauche sur l’estomac ; mais après un corps à corps, Fitz plante un coup solide du poing gauche sur la mâchoire, suivi de plusieurs autres. Le boxeur australien semble reprendre l’avantage en raison surtout de ce que Corbett se fatigue.

« 10e Reprise. — Fitzsimmons crache le sang à plusieurs reprises, mais ne semble guère faiblir. Il porte à Corbett un coup formidable, celui-ci pare pour riposter de la gauche sur la bouche amenant encore le sang.

« Fitzsimmons force néanmoins Corbett contre la corde au moment où on annonce la fin.

<; 11e Reprise. — Après un corps à corps, Corbett touche du droit sur l’estomac, mais est touché à la mâchoire. Fitz répète la dose plusieurs fois et force son adversaire à rompre. Corbett semble faiblir de plus en plus.

« 12e Reprise. — Cette fois Corbett attaque, mais manque un beau coup droit et est touché à la figure. Il revient ensuite, accule Fitz contre la corde et le frappe à plusieurs reprises dans le côté, puis au visage. Fitzsimmons crache lesang en abondance : Corbett manque d’un cheveu un coup formidable destiné à « assommer » son rival ; il a alors un avantage marqué.

« 13 * Reprise, — Fitzsimmons touche du droit au côté et du

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gauche au menlon et accule de nouveau Corbett au moment où la fin est annoncée.

« 14e Reprise. — Au moment où le signal est donné, Fitzsimmons après une feinte, porte un coup terrible à Corbett juste sur le cœur.

« Le boxeur américain, avec une effroyable expression d’angoisse et d’agonie sur le visage, tombe sur le flanc comme une masse et le référée compte les dix secondes règlementaires à haute voix. Au moment précis où il compte dix, avant même, disent quelques témoins, Corbett parvient à se remettre sur ses jambes et se précipite de nouveau sur Fitzsimmons.

« Cependant Corbett, lorsqu’on lui annonce le verdict rendu contre lui, entre dans un épouvantable accès de fureur ; il crie que le référée a eu tort car il était relevé avant les dix secondes.

« Puis il se précipite comme un fou furieux cherchant Fitzsimmons que ses amis ont déjà emmené triomphalement, et frappant à tort et à travers tous ceux qui tentent de le calmer. Enfin on le maîtrise et on l’entraîne de force loin de l’arène.

« Alors sa fureur fait place à un abattement complet et il fond en larmes comme un enfant.

« Une scène indescriptible suit; beaucoup de spectateurs protestent contre le verdict du référée en disant que Corbett s’est relevé avant le délai fixé. L’agitation est à son comble, mais il n’v a rien à faire, car le jugement est sans appel.

« La lutte qui a passionné toute la libre Amérique est terminée : Robert Fitzsimmons est champion du monde. »

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