L’ASSAUT DE MONTE-CARLO
« L’assaut d’armes de Monte-Carlo, organisé par M. A. Blon* din sous la présidence ddionneur de M. Edmond Dolfus, a été donné dans la somptueuse salle du théâtre de la principauté, devant une assistance excessivement nombreuse et élégante qui comprenait la plupart des personnalités de la Gentry en déplacement sur le littoral. Remarqué notamment : la grande duchesse de Leuchtenberg, M. et Mme Camille Blanc, M. et Mme Bornier, MM. le comte de Béarn, le duc de Talleyrand-Périgord, Maurice Ephrussi, Tsidor de Lara.
« La séance était présidée avec autorité par M. Edmond Dolfus, ayant à ses côtés MM. le général Carreyde Beliemarre, colonel de Christen, Ch. Dufour, A. Tavernier et Blondin.
« Un bon assautde fleuret a ouvert la séance entre MM. Camatte, professeur à la salle d’armes de Monte-Carlo, et Diet, maître au Ie chasseurs alpins.
« Deux autres maîtres militaires, MM. Richard et Bernardini, font une passe d’armes assez soutenue, puis MM. Gélas et Lézard, du 6e chasseurs alpins, se mesurent avec vigueur, réussissant de part et d’autre quelques bonnes attaques d’allonge.
« Mais Kirchoffer et Conte paraissent sur la planche et des applaudissements nourris saluent l’apparition des deux maîtres. Très en armes tous deux, le tireur français et le tireur italien nous ont donné le régal d’une magistrale passe d’armes où il n’y eut que d’admirables coups échangés. Kirchoffer, dont la maîtrise va en grandissant, a tiré en vrai champion du tournoi international de 1896; il a réussi d’éblouissants temps d’arrêt, des remises magistrales et une belle variété de coups en attaques, ripostes et contre-attaques. Le jeu sûr et puissant de Conte s’est affirmé dans ses attaques et ses ripostes par coupé, et la galerie a confondu, dans les mêmes bravos, les deux merveilleux tireurs.
LA BOXE FRANÇAISE
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« Un assaut de boxe française terminait la première partie. Dans sa lutte avec Allard, professeur de Marseille, Charlemont a fait applaudir son étonnante vigueur, la sûreté de ses coups et une science qui font de lui un incomparable lutteur.
« La deuxième partie a repris avec des assauts de fleuret où Ton a goûté tes jeux de MM. Lambert et Courlial, maîtres militaires et de MM. Michel et Dumazer, professeurs à Nice et à Cannes.
«Un vétéran du fleuret, M. Mimiague, a fait un excellent assaut avec M. Domergue, professeur à Nice,- et MM. Martin et Perramon ont lutté non sans succès.
«Après un vigoureux assaut de sabre entre MM. Lambert etMutrel, maîtres aux chasseurs alpins, la séance s’est terminée par un très intéressant assaut de boxe anglaise entre MM. Georges ReynoldsetG. Hassfield. Les deux professeurs ont vivement passionné la galerie par la vigueur et la netteté de leurs jeux.
«Reynolds est, d’ailleurs, un brillant élève de l’illustre Corbett, et il a fait montre de beaucoup d’adresse et de force dans l’exercice d’entraînement au « ballon ».
« On a beaucoup applaudi les deux champions.
« L’excellent orchestre de Léon Jehin, sous la direction de son habile chef, s’est chargé de remplir, de la façon la plus agréable,, les intermèdes de cette soirée sportive qui restera dans la mémoire des dilettanti comme une des plus réussies du genre.
« Comme mot delà fin Pas un accroc au très substantiel programme de la soirée. Il n’y a que sur le littoral qu’on voit ces choses-là et Blandin, l’organisateur, a droit à toutes.les félicitations,
« Robert Milton. »
Figaro, 3 avril 1897.