‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 189 sur 233 · L’ASSAUT DE LA BOXE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L’ASSAUT DE LA BOXE FRANÇAISE

« Hélas ! trois fois hélas! L'assaut sensationnel entre Castérès et Charlemont fils, que le Tout Paris sportif attendait depuis si longtemps, est tombé à l’eau. Quelle guigne! Quelle désillusion ! Et cela par suite d’une de ces fatalités imbéciles, quelque chose d’analogue à la légendaire pelure d’oignon qui fait glisser de ridicule façon le grand acteur à son entrée en scène. C’est si bêle qu’on ose à peine dire le pourquoi. Voici la chose cependant.

« Hier matin dans un vaste bâillement — telle est l’absurde vérité — Castérès s’est donné un effort dans un tendon du cou, si grave que tous les massages n’y purent rien et que l'adversaire de Charlemont — remplacé par le professeur genevois Vigny — dut assister en spectateur navré à la belle série d’assauts offerts hier soir au Cirque d’Eté par la Boxe Française.

« Chambrée magnifique. Du basen haut le cirque était comble. Pas une place de libre. L’organisation était parfaite et ceci dit, je.

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passe dare dare au compte rendu des assauts qui ont étéplusparticulièrement bien conduits.

« M. Reinhardt, amateur, dans son assaut de boxe française, contre Vidal, moniteur à l’école de Joinville, a eu à son actif quelques jolis coups, notamment un revers de^ figure exécuté dans toutes les règles de l’art.

« L’assaut de boxe française entre MM. Dunet et Landowski (amateurs) a été des plus jolis. M. Landowski, attaquant avec beaucoup d’audace, M. Dunet, plaçant de très beaux coups d’arrêt.

« M. Taine, lieutenant instructeur à l’Ecole de Joinville, a fait une amusante partie de canne avecM. Foréau, amateur. M. Taine a eu l’avantage de bout en bout.

— a Messieurs, mesdames, du calme pendant les assauts de boxe anglaise, annonce le président. N’excitons pas les adversaires.

« M. Legrand, élève de la salle Castérès — et jadis delà salle Leclerc, pour faire plaisir à un lecteur du Vélo — tire en boxe anglaise contre Webster, champion du National Sporting Club de Londres. Assaut bien conduit en trois rounds. Legrand a eu des esquives d’une prestesse étonnante. Dans le premier round les adversaires ont fait jeu égal. Dans le deuxième round, Webster a, sur la fin, pris l’avantage. Dans le round final, Legrand — qui m’a paru posséder plus de fond — a le meilleur.

« Très académiqueassaut de boxe. française entre MM. Levallois, président du Boxing-Club, et Moscovino, élève de l’école de Joinville. Jeu classique, plein de courtoisie ; coups d’une parfaite exécution. Tactique de coups de pied accompagnés de coups de poing. Bravo, Messieurs !

« La première partie du programme s’est terminée par un assaut de boxe française entre MM. Allard, professeur marseillais, et Flori, ex-moniteur à l’Ecole de Joinville. Le professeur marseillais s’est montré excellent, té mon bon ! Il ne s’échauffe pas. Attaque à propos. Pare idem. La Cannebière peut être fièrede lui.

« Seconde partie. Elle s’ouvre par une désillusion.

u On annonce que Castérès ne pourra pas tirer contre Charle-

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mont. Tant pis, car tous espéraient bien que cet assaut serait la réconciliation décisive, publique et loyale des deux rivaux. Ce n’est que partie remise. Tel est le vœu de chacun.

« Après deux assauts sans grand intérêt entre MM. Ruffier des Aimes et Randon, MM. Ramon Fonst — un jeune qui promet — et Dubonnet fils, nous avons vu Chabrier, professeur chez Charlemont, exécuter de merveilleux coups de pied et de merveilleux coups de poing contre M. Leclerc, professeur, que son jeu très bas a mal servi hier soir.

« Le professeur génevois Vigny — remplaçant Castérès — s’est alors aligné contre Charlemont fils. Charlemont a dominé son adversaire, qui n’a pas su utiliser sa grande taille. Vigny s’est d’ailleurs bien défendu, il a, entre autres exploits, donné un coup de pied de figure qui a sauvé sa mise.'

« Second assaut de boxe anglaise entre Webster, déjà nommé, et Dettmer, champion du Stanhope Club de Londres. Plus lourd, plus résistant et plus vite que Webster, Dettmer a eu l’avantage de bout en bout.

« Dans le dernier round, Dettmer a réglé Webster d’un coup du « droit » en pleine figure. Websterest tombé, s’est relevé aussitôt, mais dès lors ses coups ne portaient plus. Assaut très applaudi.

« Mainguet, professeur chez Charlemont, a fait contre Vigny un endiablé assaut de boxe française. Le professeur génevois n’y a vu que du bleu. Chassé-croisé, coups de pied de revers à la figure, coups de poing en sautant, se succédaient ininterrompus. Vigny, fatigué sans doute de l’effort donné contre Charlemont, a paru médiocre.

« La soirée s’est terminée par un assaut de canne entre le lieutenant Taine et Charlemont fils. L’épée, c’est bien joli ; la boxe, c’est bien passionnant, mais ma foi, je ne connais rien de plus empoignantqu’un assaut de. canne... quand on manie la canne comme Charlemont.

« C’est fini !

« Et déjà, dans les couloirs, on murmurait que la rencontre avortée hier pour cause de guigne pourrait bien être donnée d’ici

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peu, en janvier ou en février, à un assaut qu’organiserait le Boxing-Club de Paris. Espérons.

« F rantz Reichel. »

Le Vélo, 9 décembre 1897.

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