‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 188 sur 233 · BOXE FRANÇAISE ET BOXE ANGLAISE · texte numérisé non relu

BOXE FRANÇAISE ET BOXE ANGLAISE

« Je me fais un plaisir en même temps qu’un devoir de répondre àM. Alfred Kiihn, au sujet de l’article intitulé « Pour la^boxe », qui a paru l’autre mardi dans la Suisse Sportive sous sa signature. Je crois pouvoir me permettre de discuter cette question et, peut-être, de la trancher, ayant fourni déjà quelques preuves de mon savoir dans les deux branches, apte, par conséquent, à en faire reconnaître les bons et les mauvais côtés, les avantages et les inconvénients.

. « M. Kühn défie les maîtres français professant la boxe anglaise, de jamais se mesurer avec des champions Américains et Anglais tout à fait exceptionnels tels que Fitzsirtimons, Corbett ou Sullivan. Ceci coule de source, car les matchs tels que les comprennent nos voisins d’Angleterre et d’Amérique ne peuvent en-

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trer dans nos mœurs françaises; notre éducation, notre caractère, ne s’alignerontjamais avec la brutalité que demandent ces sortes de pugilats. Ces matchs n’ont pas lieu, du reste, dans l’unique but deconquérir la fameuse ceinture qui sert d’emblème au Champion du monde, mais bien de gagner une somme d’argent qui se chiffre en général par des centaines de mille francs. Aussi faut-il remplacer souvent le mot courage par celui de cupidité.

« Je ferai observer en outre, que les maîtres français professant la boxe anglaise en Suisse et en France, possèdent la science de leur métier aussi bien que ces grands pugilistes. et qu’il y a autant l’étoffe d’un champion dans les uns que dans les autres ; seulement nous ne trouvons pas, comme dans le nouveau continent, des personnes décidées à payer un entraînement fort long, et fort coûteux, à un boxeur paraissant posséder les qualités requises pour en faire un champion.

« Puisqu’il s’agit de reconnaître la supériorité de Pune des des deux boxes, voici mon avis.

« J’ai tiré en boxe anglaise à Paris, contre Attfield, professionnel de Londres, — à Genève, contre Killmann et Lambert, — en boxe française — pour n’en citer qu’un — contre Charlemont, le champion français ; je ne suis donc pas seulement un professeur de salon et j’ai fait suffisamment mes preuves pour pouvoir, en connaissance, affirmer la supériorité de la boxe française telle que nous l’enseignons, Charlemont, Gastérès et moi.

« Naturellement, si l’on parle de la boxe française telle qu’on l’enseigne au régiment, alors qu’elle n’est prise que comme gymnastique, il n’est pas nécessaire d’être boxeur anglais pour avoir le dessus dans un combat. Mais au point de vue hygiène d’abord, comme assouplissement de tous les membres, comme développement et comme équilibre, la supériorité de la boxe française n’est pas à discuter. Au point de vue combat, boxe anglaise contre boxe française, l’avantage restera toujours à cette dernière, car il faut avouer que la boxe anglaise est une affaire de convention qui ne permet de frapper que dans une certaine partie du corps, soit audessus de la ceinture. Avec la boxe anglaise on arrive donc à n’obtenir de l’endurance que dans la poitrine et la figure, mais en lutte sérieuse dans la rue, alors que la vie est en jeu, on ne doit

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admettre que la boxe française, qui est l’image même du combat et qui permet de frapper partout où l’on peut atteindre, surtout dans des endroits où l’endurance d’un coup n’est pas possible.

« Je ne mécontente pas d’affirmer mon opinion, je suis prêt à en démontrer la justesse. Dès ma rentrée à Genève, au mois d’octobre, j’organiserai une première séance et je ferai cette démonstration avec tous ceux qui désireraient me prouver le contraire et devant toutes les personnes qui s’intéressent à cette question. Ceci vaudra mieux et sera plus efficace que toutes les critiques et toutes les polémiques qui, presque toujours, n’aboutissent à rien.

« Pierre Vigny,

« Professeur de l’Académie de boxe de Genève. » La Suisse Sportive, 44 septembre 1897.

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« On nous annonce, pour jeudi 23 septembre, un grand assaut de boxe et d’escrime sous la présidence de M. Dubois, le sympathique secrétaire général de la mairie.

« Une indiscrétion nous permet de pouvoir annoncer que l’on s’attend à un assaut sensationnel entre MM. L. Allard, ledistingué professeur de la Société d’escrime, et Balme, le sympathique maître, qui, l’on s’en souvient, fut le seul qui osa se mesurer avec Charlemont, le champion français.

« Parmi les autres tireurs, on nous a cité P. Franceschi et Michel, professeurs à l’académie de boxe, etPh. Gagean.

« C’est jeudi 16 septembre, qu’a eu lieu la réunion des membres fondateurs de la société la Boxe Française, dont nous avions déjà parlé au début de sa formation.

« A l’unanimité ont été élus : MM. Et. Cavailler, président; Lud. Aubert, secrétaire; H. Allard, trésorier, Carvin, Font, Vincent et Reisacher, commissaires.

« Après une chaude allocution du président sur le but de la société et sur l’utilité des exercices physiques, dont la boxe occupe le premier rang, M. Louis Allard, le sympathique directeur-pro-

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fesseur, a présenté ses professeurs adjoints, MM. Pierre Franceschi et A. Michel.

« L’inauguration a été fixée au 1er octobre. Nous reviendrons, d’ailleurs, surlesdétails des assauts projetés. David et Simon, professeurs à la Société d’Escri me ; Millous, Fargeon, Giraud et Pons.

« Nul doute que la coquette salle de la rue Colbert ne soit bondée ce soir-là. Nous tiendrons nos lecteurs au courant de ces différents assauts. »

Midi-Sport, 22 septembre 1897.

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« L’assaut, que nous avions annoncé, dans notre dernier numéro, a eu lieu au milieu d’une salle archi-comble, beaucoup trop petite pour contenir autant de spectateurs.

« Beaucoup, avec raison, murmuraient contre lesorganisateurs, pour le mauvais choix de la salle et nombreux ont été ceux, qui, malgré leurs cartes d’entrée prises à l’avance, ont dû renoncer à se faire une place et se sont résignés à quitter la salle.

« Le premier assaut a mis en présence MM. Fargeon etMillaux, deux fins tireurs à qui nous reprocherons, malgré leur jeu brillant, de trop se coucher sur leurs parades et par suite d’en venir presque au corps à corps.

« L’assaut de sabre entre MM. David, professeur à la Société d’Escrime, et Goirand a été très intéressant.

« MM. Raimbaud et Arnaud ont fait une gracieuse leçon de canne et non un assaut, car l’on devinait trop de convention et d’entente chez les deux tireurs.

« L’intermède de danse exécuté par M. Agasse a été très applaudi.

« L’assaut de fleuret entre MM. David et Millous nous a montré ce dernier moins bien en position sur la planche que l’année dernière. Néanmoins, jeu brillant et plein de science.

« La seconde partie est ouverte par MM. Simon, professeur à la Société d’Escrime, et Giraud. Assaut mouvementéoù nous nous

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plaisons à reconnaître un changement complet dans le jeu de M. Simon, qui a abandonné le jeu trop académique que nous lui reprochions naguère. Passes rapides et brillantes départ et d’autre ; à l’actif de M. Simon, un superbe dégagé dessous.

« L’assaut de boxe française si impatiemment attendu entre MM. Ph. Gagean, 1er maître, et I,. Allard, professeur à la Société d’Escrime, a montré encore une fois la supériorité incontestable de la méthode Gharlemont.

« M. Ph. Gagean, complètement déconcerté par les attaques rapides de son adversaire, se borne à une simple défensive, qui, malheureusement, ne lui réussit pas, car les coups se succèdent et arrivent chaque fois avec une rapidité extraordinaire.

d Nous adressons nos compliments à M. Ph. Gagean pour le courage et l’énergie qu’il a montrés en face d’un adversaire tel que M. Allard.

« L’assaut de canne entre MM. Pons et Arnaud est une seconde édition de l’assaut entre Raimbaud et M. Arnaud. Décidément les tireurs de canne n’ont pas l’air de se douter que l’assaut doit être l’image du combat et non une succession de coups réglés à l’avance. Allons, messieurs, un peu moins de fantaisie et un peu plus de science! !

« Brillantes passes d’armes entre MM. Eargeon et Goirand.

« La soirée a été clôturée par un brillant assaut d’escrime entre MM. Simon et Tassy, un tout jeune homme d’avenir, avec lequel il faudra bientôt compter ; c’est le fils dé l’ancien maître d’armes du 1er hussards, dont nos escrimeurs se rappellent encore.

« M. Dubois, secrétaire général de la mairie, présidait l’assaut avec sa compétence habituelle.

« Remarqué dans l’assistance : Cavailler, président de la boxe française; Chabran, de Wuilmont, L. de Roux, Beltrami, de Lusnay, Eschmann, commandant Brunhaut, capitaine Giraulami, Bonifay, directeur de l’octroi; Rieutor, Carvin, de Cavailleux, Rabattu, Poiroux, Cayol, Gaujou, Cheuret, Gally, etc., etc.

« La Boxe Française. — Cette Société composée d’élèves du distingué professeur de boxe, M. Louis Allard, nous annonce sa

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première soirée d’assauts pour vendredi prochain, à 9 heures du soir, danè son coquet local, rue Saint- Jacques, 12.

« Après plusieurs assauts de boxe française, M. L. Allard démontrera avec leconcoursde ses professeurs adjoints, MM. Franceschi et Michel, la supériorité delà méthode de Charlemont.

« Nous sommes certains, avec les éléments sérieux qui composent cette Société, du succès de cette soirée. »

Midi-Sport , 29 septembre 1897.

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(( Malgré un temps épouvantable, une nombreuse assistance se pressait vendredi soir, dans la .salle du Gymnase Saint-Jacques, à l'occasion de la première réunion publique de la vaillante, quoique jeune, société la Boxe Française.

« Remarqué parmi les sportsmen présents : MM. Chabran, Silhol, de Margis, de Wuilmont, Acbard, Cayol, Leroy, Demarne, Eschman.n Raymond, Fourniaud, de Salon, Viarmay, Moro, etc.

« D’un bout à l’autre la soirée a été pleine d’intérêt et l’on a applaudi, comme ils le méritaient, ces vaillants lutteurs.

« L’assaut entre MM. R. Silhol, élève de M. Allard, et J. Galli, élève de M. Vincent, a été vivement remarqué. Les deux jeunes adversaires ont fait preuve de brillantes qualités. M. Silhol, qui a visiblement ménagé son partenaire, a réussi, malgré cela, de très jolis coups et notamment un superbe chassé-croisé sur le départ de son adversaire qui a perdu pied.

« Galli a vaillamment soutenu le choc et s’est très bien défendu.

« Un assaut impatiemment attendu était celui de MM. A. Michel, professeur à l’académie de boxe, et Décugis, amateur. M. Décugis s’est très bien comporté devant son difficile adversaire et nous nous plaisons à reconnaître en lui le champion de l’ancienne méthode. M. Michel nous a montré de brillantes qualités d’attaque, de vitesse et de décision, il a réussi des ripostes d’une maîtrise indiscutable.

« L’assaut entre MM. Allard L. Vincent a été vif et plein de

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courtoisie. M. Allard nous a prouvé qu’on peut faire un joli assaut sans avoir besoin de bourrer, il a fait plusieurs prises de jambes qui ont été vivement applaudies. M. Vincent a fait de réels progrès et a touché plusieurs fois son redoutable adversaire, c’est certainement un des plus gracieux assauts auxquels nous ait fait assister le maître. M. Vincent est un très joli tireur, bien en garde, très vif et plein de décision : il est le seul qui jusqu’à ce jour se soit brillamment défendu contre M. Allard. A l’actif de M. Vincent, un joli revers de pied.

« La leçon de boxe française donnée par M. Pierre Franceschi à M. A. Carvin , amateur, a été très remarquée et a mis en évidence le côté pratique de l’instruction.

« Le clou de la soirée a été la démonstration théorique et pratique de la boxe française entre MM. L. Allard et A. Michel, professeurs. M. Allard a fait défiler devant les yeux étonnés des spectateurs toute la gamme des attaques, des esquives et des ripostes savantes de la méthode Charlemont, brillamment enlevée par les deux distingués professeurs, qui se sont retirés suivis des applaudissements enthousiastes du public émerveillé.

Midi-Sport, 6 octobre 1897.

Le dimanche 14 novembre 1897, à 2 heures très précises, au gymnase municipal, 87, rue d’Allemagne. Fête annuelle de la société d’Education physique l'Avenir du XIX® arrondissement. Charlemont fils et ses deux prévôts, Mainguet et Chabrier, représentent la boxe française.

L’ASSAUT DU BOXING-CLUB

« L’assaut donné hier soir parle Boxing-Glub à la salle Castérès, rue Nouvelle, a eu un fort joli succès. L’assistance était nombreuse et principalement composée de spécialistes, elle comptait dans ses rangs plusieurs dames qui ne redoutent pas les fortes émotions. Remarqué:

« MM. Lambert, l’excellent maître d’armes, Piermé, Lussiez, Riguelle, Lacour, L. Vonoven, Bianchi, Schrader, Monbiot,

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Etienne Giraud, le chauffeur bien connu; Pujol, Spitzer, Quillier, professeur de boxe; d’Enneval, Templier, Georges, Chaillou, notre directeur Paul Rousseau, etc., etc.

« La réunion était présidée par M. Levallois.

« L’assaut de boxe française entre MM. Joyeux et Haracca a ouvert la série. Assaut de débutants, qui, en vertu de l’émotion inséparable d’un premier début, a été timide. M. Joyeux a eu l’avantage. M. Haracca a eu quelques rapides coups de pied bas plutôt pénibles pour les tibias.

« MM. Bernard et Frantz Reichel ont tiré trois jolis rounds de boxe anglaise. Chaque round a été vivement mené, M. Bernard a fait preuve de plus de science que son adversaire qui a mis à profit avec beaucoup d’à-propos ses qualités de vitesse et de fond.

« M. Ribard, dominant une timidité proverbiale, a, dans un jeu d’attaque, réussi contre M. Green qui s’est fort bien défendu, de très jolis doublés du pied, et de très heureuses remises de coups de poing.

« MM. Legrand frères ont fait un assaut de boxe anglaise en trois rounds. Partie savante, menée très fraternellement, et au cours de laquelle les deux adversaires ont exécuté des esquives magnifiques. Le public a applaudi comme il le fallait ces remarquables élèves de Castérès.

« L’assaut de boxe française entre MM. Yan Rooze et Godignon a été acharné. Les adversaires ne se sont ni l’un ni l’autre ménagés et le président, devant une si belle ardeur, a cru devoir écourter une démonstration qui menaçait de devenir trop pratique.

cc M. Levallois, président, a tiré en boxe anglaise avec M. Henriquez de Zubiria. Quelques jolis coups de revers à l’actif de M. Henriquez. Une superbe série de coups d’arrêt et de coups en sautant à l’actif de M. Levallois qui a paru plus en souffle que son adversaire.

« La réunion s’est terminée par un magnifique assaut entre le professeur Castérès et son prévôt M. E. Antoine. Nous avons applaudi des chassés-croisés étonnants, des revers de figure étourdissants, des coups de pied surprenants de vitesse et d’adresse, précédés, accompagnés ou suivis de coups de poing supérieurs. Le prévôt s’est admirablementdéfendu et comme disaitun spectateur:

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— « Toute la valeur du maître se retrouve dans le prévôt capable d’un tel assaut après deux ans de salle seulement.

« En résumé, bonne et brillante fête intime du muscle.

« Lacroix du Maine. »

Le Vélo, 28 novembre J 897 .

BOXE

« Le clou du dernier assaut de l’Académie de boxe de Genève a été la rencontre du professeur Pierre Vigny et de M. Francfeld, du Boxing-Club de New- York. Vigny s’est surpassé, se servant de ses jambes avec une dextérité surprenante, parant de formidables attaques, il a indiscutablement eu l’avantage. Les amateurs parisiens auront du reste probablement l’occasion de l’applaudir, car on dit qu’il doit se mesurer Je 11 décembre, au Cirque d’Eté, à l’assaut delâsociété la Boxe Française, avec le maître Charlemont et avec Bob Lewis, professeur de boxe anglaise. »

Vélo, 2 décembre 1897.

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