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LES DEUX BOXES

Boxe française et boxe anglaise. — Charlemont à Londres. — Lassant du 15 février

« Nous avons vu déjà la partie du programme de notre Fête sportive du 15 février, qui comporte un assaut de bâton par les deux bâtonniers de Tarbes bien connus : MM. Renaud et Cuilhé et un assaut de boxe anglaise entreMM. Fievet, champion du Boxing Club Bruxellois et Legrand, un de nos meilleurs tireurs parisiens.

« Nous parlerons aujourd’hui du bel assaut que vont faire les deux excellents professeurs de boxe française : MM. Charlemont et Gastérès. Nous ne ferons pas ici la biographie de ces deux personnalités du sport parisien si connues. Chacun sait que M. Charlemont est l’élève de son père et qu’il enseigne après lui une méthode impeccable de boxe. C’est un professeur de rare mérite, aimant par dessus tout son métier, l’accomplissant avec joie, avec orgueil. Ses succès ne se comptent plus, ses élèves se pressent plus nombreux chaque année dans sa salle de la rue des Martyrs. Et il en produit d’excellents, de merveilleux. Castérèsest son élève, c’est tout dire. Gastérès continue de son côté les bonnes traditions, prêche, en de merveilleux coups de pied, la belle doctrine du selfdéfense.

« Et quand le public les verra tous deux la semaine prochaine, non pas luttant ensemble pour décrocher un titre banal quelconque, mais pour montrer aux sportsmen ce que c’est qu’une belle académie de boxe, on pourra voir qu’ils sont bien tous deux de la même famille, des vaillants et de loyaux lutteurs.

Français contre Anglais

« N’est-ce pas à eux que nous devons de voir connus dans l’Angleterre, toujours si fermée à ce qui ne vient pas d’elle, les principes de notre boxe française. C’est au mois de juin 1887 que Charlemont figura à Saint James avec Castérès, en ce moment encore son élève, dans un tournoi athlétique. Par deux fois, en deux journées différentes, ils firent de si belles passes que les Anglais en furent émerveillés. A la fin du second assaut, Charlemont fut

LA BOXE FRANÇAISE

prié de se mesurer contre un professionnel anglais. Bien que fatigué, il accepta.

« Les spectateurs comprirent le côté sérieux de notre boxe et s’enthousiasmèrent au point de rappeler cinq fois les deux adversaires.

« Quelques jours après eut lieu un second assaut au Pélican Club qui, alors, donnait de fréquents assauts et combats de boxe anglaise.

« Charlemont fît sa démonstration de la boxe française et un assaut avec Castérès.

« La démonstration et l’assaut eurent un succès semblable au précédent.

« Charlemont croyait avoir terminé la soirée quand on vint lui demander de tirer courtoisement en boxe française contre un professionnel anglais ; il accepta quoique fatigué.

« Les deux adversaires se placèrent en garde. Dès que l’Anglais, se rapprochant petit à petit, fut à sa portée, Charlemont lui porta un chassé-croisé en pleine poitrine qui l’envoya contre le mur.

« Deux autres fois Charlemont réussit le même coup et envoya rouler son adversaire à terre.

« L’Anglais, qui n’avait pu placer un seul coup de poing, voyant qu’il recevait toujours le même coup et à la même place, effaça son corps davantage pour présenter moins de surface, ne se doutant pas qu'il prêtait aux coups bas. Charlemont ne perdit pas l’occasion de lui porter un chassé-croisé sur le genou qui le fit pirouetter sur lui-même en tombant à terre.

« Enfin, Charlemont recommença un chassé-croisé au corps qui glissa sur le côté de l’Anglais, mais voulant éviter une mêlée de coups de poing il lui porta un coup de hanche en tète avec tant de vitesse que l’Anglais surpris se trouva sur le dos en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, et l’assaut se termina ainsi.

A Marseille

« Charlemont fît aussi une apparition à Marseille où Allard, son ancien prévôt, enseigne sa méthode; il se mesura avec les célèbres « savatiers » de Marseille et les mit en complète déroute.

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« Demandez maintenant à Marseille : la savate a disparu complètement, remplacée par la boxe.

« Castérès faisait aussi dernièrement à Londres une apparition chez Sandow où il enthousiasma le public d’élite qui était venu le voir.

« C’est dire tout l’intérêt sportif que comporte la rencontre de ces deux professeurs, qui, répétons-le, n’auront qu’une préoccupation, faire un incomparable assaut de boxe française. »

Bill, des sports, 4 février 1898.

« La (.< Boxe Française » a eu hier son assemblée générale à l’Académie de Boxe Charlemont. On a réélu l’ancien comité composé de MM. Clerc-Bampal, président; Louis Berton, vice-président; Barrois, trésorier; Eug. Paz, lieutenant ; Taine, instructeur à l’école de Joinville ; Ed. Bardac, Ruffîer des Aimes, Foréau, Ch. Charlemont et secrétaire M. Le Provost de Launay, le distingué sportsman.

« La « Boxe Française » , dont le but est de propager l’exercice si complet qu’est la boxe, compte donner, le dernier mercredi de chaque mois, un assaut chez Charlemont où se produiront les nouveaux adeptes et où seront invités nos meilleurs amateurs.

« Le Petit Rose, »

Des sports, samedi 5 février 1898.

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