‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 213 sur 233 · FÊTE DE GYMNASTIQUE DE LA PORTE-SAINT-MARTIN · texte numérisé non relu

FÊTE DE GYMNASTIQUE DE LA PORTE-SAINT-MARTIN

« Cyrano lui-même, le grand et brillant Cyrano, n’a jamais attiré plus de monde au théâtre de la Porte-Saint-Martin, que la fête de gymnastique qui s’y est donnée hier, devant une salle comble. La matinée était organisée par l’Association des Sociétés de Gymnastique delà Seine, à l’occasion du XXVe anniversaire de la fondation de l’Union des Sociétés de Gymnastique de France. M. Léon Bourgeois, ministre de l’Instruction publique, devait la présider; les circonstances l’en ayant empêché, il avait délégué M. Gréard, de l’Institut, membre de l’Académie Française, vicerectéur de l’Académie de Paris.

« M. le Préfet de la Seine devait assisterà la fête ; les circonstances Ten ayant aussi empêché, il s’était fait remplacer par M. Desenne, chef de son secrétariat. MM. le Président et les membres du Conseil Municipal et du Conseil Général invités, mais n’ayant pu venir, toujours par la faute de ces circonstances vraiment fâcheuses, avaient adressé des lettres d’excuses.

« Malgréleur absence, lafête aparfaitement réussi. Des discours de remerciements aux autorités invisibles, à M Gréard, à l’assistance considérable, au Théâtre delà Porte-Saint-Martin, et en particulier à M. Goquelin, ont été lus ou improvisés par M. Turin, l'actif président de l’Association de la Seine, et par M. Ch. Cazelet,

LA BOXE FRANÇAISE

le dévoué président de l’Union des Sociétés de Gymnastique de France.

<r M. Gréard a répondu en un fin langage, sobre, agréable à entendre. Il a constaté que l’éducation physique était aussi, en même temps, une éducation morale, et que cette vérité, plus qu'à tout autre sport, était applicable à la gymnastique, car, a-t-il dit,

« les sports sont des divertissements, la gymnastique seule est une éducation » .

« La petite note désobligeante pour la vélocipédie, « trop triomphante », n’a pas manqué.

« M. le vice-recteur a ensuite comparé quelques chiffres. L’Association de la Seine, à sa fondation, groupait cinq Sociétés. Elle en réunit quarante-huit! L’Association de France en avait douze ; elle en compte sept cents.

« A l’issue de son discours, M. Gréard a remis les palmes académiques à MM. Wachmar, de Lille ; Henri-Ernest Jouffin, d’Orléans; Maïhot, de la Rochelle; Juillet, de Bordeaux; Clique, de Reims, Mamos — tous présidents ou directeurs de Sociétés.

« Celles-ci ont alors manœuvré. Voici quel était le programme des exercices :

« Première partie : Exercices d’ensemble XXVe Fête fédérale; simultané aux barres parallèles ; bâton en section (Ecole de Joinville) ; travail appareils en section (Association) ; barres parallèles (par les champions de l’Union); simultané au cheval-arçons; assaut de boxe (M. Charlemont) ; ballet.

« Deuxième partie : Simultané àla barre fixe; ensemble avec engins; anneaux (par les champions) ; boxe en section (Ecole de Joinville); cheval-arçons et sans arçons (champions); pyramides ; barre fixe (par les champions) ; ballet.

oc L’excellente musiquedu 132ede ligne, dirigée parM. Schwartz, rythmait la cadence des mouvements.

« Le travail des sergents de Joinville, fort remarquable, d’un ensemble merveilleux de netteté et de précision, a été acclamé par des cris de « Vive l’armée », dont les premiers sont partis du côté du théâtre où se trouvait la loge de M. Déroulède, député de la Charente, l’un des premiers fondateurs des Sociétés de Gymnastique.

« Tous les exercices ont été également applaudis, et c’était mérité. A signaler, Tassaut de boxe entre M. Gharlemont, qui en est sorti vainqueur, et M. Mainguet, qui annonce ses coups.

« Les « ballets », exécutés par des fillettes et des garçonnets âgés de cinq à onze ans, étaient charmants. Ces bambins ont des grâces délicieuses. Nos félicitations à leur maître de danse, qui ne doit pas manquer de patience.

« Entre les deux parties du programme, on a procédé à la distribution des récompenses, au classement des quinze lauréats du Championnat de Saint-Etienne.

« Voici :

« 1 . Vendeputte, de Roubaix(67 points 3/4) ; 2. Butin, de Lyon (63p. 1/2); 3. Bas, de Brives (61 p. 1/4); Sandraz, deCroix (60p.); 5. Rolland et Boichot,de Valentigney (57 p. 1/4); 6.Pratviel, de Bordeaux ; 7. Ramoli, d’Alger ; 8. Aubrech, de Valentigney ; 9. Martinez, d’Oran ; 10. Lebeut, de Tourcoing ; 11. Chabez, de Saint- Etienne; 12. Cherrer, de Saint-Etienne ; 13. Kuppel, de Clichy.

« Le soir, un banquet, présidé par M. Rabier, directeur de V Enseignement secondaire au ministère de l’Instruction publique, a réuni tous ces promoteurs de l’enseignement gymnastique en France, et terminait dignement cette importante journée.

Journal des sports, 31 octobre 1898.

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