‹ La boxe française, historique et biographiqueChapitre 212 sur 233 · PUBLIÉE PAR LE BOXING-CLUB DE BRUXELLES · texte numérisé non relu

PUBLIÉE PAR LE BOXING-CLUB DE BRUXELLES

concernant le match Fiévet-Legrand

« Le Boxing-Glub de Bruxelles, ayant eu connaissance de comptes rendus inexacts d’une rencontre qui avait eu lieu au Cirque d’Eté entre un de ses membres, M. Fiévet, et M. Legrand de Paris, décida de défier immédiatement ce dernier, en un match amical, afin de trancher la question de suprématie entre les deux boxeurs. Cette question était d’autant plus importante à nos yeux que les comptes rendus avaient publié sur le poids de M. Fiévet et sur le poids de ses gants des données absolument inexactes.

« Le défi fut lancé par nous le 15 mars et immédiatement relevé par M. Legrand. Après un échange de correspondance assez

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long, nous décidâmes d’accepter toutes les conditions posées par M. Legrand, et voici résumées les conditions de la rencontre telles qu’elles sont fixées par notre lettre du 29 mars:

« 1° La rencontre aura lieu le 10 juillet à Paris, dans une salle avec ring établi suivant les règlements anglais (3m65 de côté).

« 2° Quatre reprises de 2 minutes avec 1 minute d’intervalle.

— Points à compter comme dans les championnats anglais.,

— Deux juges à fournir par chaque partie. — Un arbitre suprême à nommer par les deux parties.

« 3° Enjeu : L’honneur. ' , ;

« Nous avions proposé, en même temps, que chaque partie dépose (en faveur des pauvres) un forfait de 500 francs entre les mains du Directeur du Vélo , mais M. Legrand s’étant énergiquement refusé à donner cette garantie, malgré nos demandes réitérées du 29 mars, des 9, 18 et 26 avril, nous décidâmes de ne pas insister, et de nous en remettre à la déclaration de M. Legrand qu’il avait le plus vif désir de réaliser le match.

« Pour la question de l’arbitre suprême, par un sentiment de courtoisie vis-à-vis de M. Legrand, nous proposâmes à celui-ci dans notre lettre du 9 mai à M. F. Reichel, qui avait bien voulu être notre intermédiaire dans toute cette affaire, le choix entre les deux professeurs parisiens MM. Gastérès et Charlemont, déclarant nous rallier à ce choix. — M. Reichel ne répondit pas, mais nous apprîmes six semaines après, par le Vélo, que M. Legrand avait choisi M. Gastérès, choix auquel nous nous sommes naturellement ralliés.

« Tout était donc en ordre, et M. Fiévet s’entraînait pour ce match, qui avait soulevé beaucoup d’émotion dans le monde sportif belge, et pour lequel un grand nombre de membres du Boxing- Glub de Bruxelles se disposaient à faire le voyage deParis, quand, à notre grande stupéfaction, nous lûmes dans le Vélo et le Journal des Sports que M. Legrand s’était arrangé avec M. Desgranges, Directeur du Vélodrome d’Auteuil, pour que le match ait lieu au milieu de la pelouse. — Inutile de dire que M. Fiévet s’est refusé à cette exhibition, qui était absolument contraire aux stipulations convenues depuis trois mois. — En premier lieu une telle exhibition ne peutêtre du goût d’un amateur, et ensuite en cas de

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pluie, le combat est rendu difficile, sinon impossible. Nous en informâmes immédiatement, le 23 juin, M. Reichelet M. Legrand. — M. Reichel, dans un article paru le 26 juin dans le Vélo, admit la justesse de notre réclamation et déclara que M. Legrand avait fait cet arrangement sans le consulter. — Nous pensions donc que M. Legrand ne s’obstinerait pas dans une décision qu’il n’avait du reste pas le moindre droit d§ prendre, quand nous reçûmes,le 1er juillet, un télégramme nous laissant 14 heures pour nous décider et nous disant que si pour le lendemain matin nous n’avions pas accepté le Vélodrome comme lieu de la rencontre il considérait le match comme nul.

« Nous laissons au public le soin d’apprécier cette attitude. Nous eûmes beau déclarera M. Legrand qu’il n’avait pas le droit de changer le dispositif de la rencontre, que des salles à Paris, entr’autres celles de MM. Charlemont et Gastérès, étaient à titre gracieux entièrement à la disposition des matcheurs avec installation complète d’un ring réglementaire, que s’il persistait dans son étrange résolution nous considérions qu’il reculait : rien n’y fit, etM. Legrand, à notre grand regret, se trouve avoir accepté la position que nous lui indiquions, c’est-à-dire, d’avoir de propos délibéré esquivé la rencontre projetée. Rien ne l’autorisait à changer une stipulation quelconque du match, et nous ajouterons que rien ne l’y forçait, puisque des salles étaient à notre disposition à Paris.

« Nous avons fait tout notre possible pour que le match ait lieu , car cette rencontre était attendue avec un puissant intérêt par tous les vrais sportsmen de Belgique et de France ; nous avons accepté, lors de la conclusion du match, toutes les conditions de M. Legrand, mais nous ne pouvons admettre que celui-ci vienne de son chef seul changer une stipulation importante de la rencontre, d’autant plus, nous le répétons, qu’au milieu de la saison pluvieuse que l’on traversait, un match en plein air offrait des dangers. Nous ne regrettons qu’une chose, c’est de ne pas avoir insisté au début sur la clause du forfait de 500 fr. à déposer par chaque partie (en faveur des indigents), clause que M. Legrand a absolument refusé d’accepter.

« Nous avons cru utile de publier cet exposé par la raison que

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nos différentes lettres à M. Reichel n’ont pas paru dans le Vélo , et nous tenons à ce que nos amis de Belgique et de France sachent exactement à qui revient la responsabilité d’avoir fait échouer le match.

« Au nom du Boxing-Club de Bruxelles :

« Le Secrétaire, « Le Président,

« Oscar Grégoire. » « Henri Pleuser. »

Bruxelles , le 18 juillet 1898.

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a Le match Lambert-Vigny. — L’assaut-match entre Pierre- Vigny et Gorges Lambert s’est donné à Genève, devant une salle d’amateurs triés sur le volet.

« Gomme on le sait, cette rencontre avait ceci de sensationnel qu’un des deux adversaires devait rester à terre.

«Les reprises, au nombre de dix-sept, étaient de trois minutes et séparées par un repos d’une minute.

« Le combat, terrible, acharné, violent, mais plein de correction, n’a pas duré moins de une heure dix minutes.

« Les deux adversaires se montrèrent, pendant ce laps de temps, dignes l’un de l’autre par leur science, leur force et leur admirable endurance des coups, frappés de toute la violence possible.

« Couverts de sueur et de sang, mais cependant en parfaite condition, les deux boxeurs auraient, sans doute, continué longtemps encore ce terrible combat si, à latin de la dix-septième reprise, M. Pierre Vigny, qui souffrait de la jambe, qu’il s’est luxée il y à quelque temps, n’avait posé le pied à faux ; son genou se démettant immédiatement, le docteur Zoppino le déclara dans un état notoire d’infériorité et arrêta le combat.

« M. Lambert s’est alors avancé vers M. Vigny, qui s’est soulevé sur sa chaise, et, lui donnant l’accolade plusieurs fois, lui dit tout haut, en lui serrant la main, que « tout défi était tranché à jamais, car il ne pouvait exister qu’une solide amitié entre les deux hommes qui venaient de donner ensemble la preuve la plus magnifique de leur courage, de leur science et de leur force et que, désor-

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mais, ils se trouveraient partout en amis, mais plus jamais en adversaires comme ce soir (sic). »

« Les applaudissements ont alors éclaté, enthousiastes, et chacun, vivement ému, a serré la main des deux champions, qui méritent à tous égards l’admiration et l’estime.

«Ils sont, croyons-nous, les héros du premier match de cegenre qui ait eu lieu en Europe et ils laisseront loin derrière eux les légendaires combats des Américains, pas plus terribles, certes, que celui de Genève, mais beaucoup moins corrects, moins académiques et... dirai-je même, plus sauvages.

« G. Meyland. »

Le Matin , 20 millet 1898.

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