QUELQUES REMARQUES SUR LE COMBAT
« Le combat a été le plus remarquable qui ait jamais été vu à New-York.
a L'action, du commencement à la fin, a été plus furieuse et plus rapide que dans le match Corhett-Fitzsimmons.
« Sharkey était l’agresseur dès le début. Dans les deux premières reprises il paraissait avoir le dessus, et dans un élan de la deuxième reprise il renversa Gorbett par un coup de poing droit à la joue. S’il avait atteint Corbett un peu plus bas, il l’aurait assommé.
« Sbarkey a surpris tout le monde par les progrès énormes qu’il a faits depuis son match contre Peter Maher. Il était merveilleusement rapide et a fatigué Gorbett en le martelant de tous côtés.
« Bien que beaucoup des coups de Sharkey fussent donnés de façon sauvage, un bon quart arrivaient à destination.
a Sharkey a paru souvent fatigué, mais il s’est chaque fois remis promptement. Corbett n’a pas été aussi souvent fatigué, mais après le match il a semblé un peu plus abattu. Il est difficile de dire toutefois quel était exactement le plus frais des deux.
« Il y aura toujours une différence d’opinion parmi les témoins sur le point de savoir si Mac Yey a interrompu le combat de propos délibéré, ou a sauté dans le ring pour empêcher Corbett d’être assommé.
« C’est l’opinion la plus répandue. Cela ne prouve pas qu’elle soit la bonne.
«A. -G. Batchelder. »
FRANK ERNE CHEZ CASTÉRÈS
« Hier après-midi, en la salle du maître Castérès, a eu lieu une belle séance de boxe qui, pour être absolument intime, n’en a pas moins été fort intéressante.
« Le boxeur américain Frank Erne — de passage à Paris avec M. Kennedy — désireux d’assister à une exhibition de boxe française, était allé rendre visite à Castérès, en compagnie de quelques amis. Sur sa prière, Castérès a donc exécuté un assaut de boxe française avec son prévôt Antoine; très brillants, comme à leur habitude, tous deux ont recueilli les discrets applaudissements de la douzaine d’assistants réunis dans la salle.
LA BOXE FRANÇAISE
a Voulant rendre sa politesse au boxeur français, Frank Erne s’est ensuite déclaréprêtà faire une « exhibition » de boxe anglaise, et Frantz Reichel ayant bien voulu lui donner la réplique, les connaisseurs ont assisté à deux rounds du plus haut intérêt. Au risque de blesser la modestie de Reichel, je déclare sans hésiter qu’il s’est superbement défendu et a tenu tête à son rival de façon surprenante. Etant donné qu’Erne est un des meilleurs, sinon le meilleur des « poidslégers » d’outre-Atlantique et qu’il estconsidéré là-bas comme l’égal des Dixon et des Lavigne, c’est un résultat peu ordinaire pour un simple amateur.
« La séance a pris fin sur cet assaut et les privilégiés qui y avaient assisté se sont retirés enchantés.
« Puisque je parle de Castérès, je dois mentionner que l’excellent professeur vient de faire engager à l’Alhambra de Londres Chabrier, le prévôt bien connu qui a quitté récemment la salle Charlemont.
« Sans vouloir accaparer Chabrier à son profit, Castérès a néanmoins voulu lui donner l’occasion de produire ses qualités incontestables de tireur émérite et il faut l’en féliciter.
« Victor Breyer. »
Le Vélo, 5 novembre 4 898.