‹ La Bradycardie dans les Oreillons: Étude Clinique & PathogéniqueChapitre 37 sur 51 · PONCTION LOMBAIRE — CARACTÈRES DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN · texte numérisé non relu

PONCTION LOMBAIRE — CARACTÈRES DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

Les travaux de Monod, Chauffard et Boidin, Dopter, Hutinel et Darré, P. Teissier et Schæffer ont précisé les caractères du liquide céphalo-rachidien dans les oreillons ; ces caractères sont : une hypertension inconstante (Hutinel et Darré) une augmentation de l'albumine (Chauftard, Dopter) et surtout une réaction cytologique constituée essentiellement par des lymphocytes et par quelques mononucléaires moyens. Le nombre des éléments est habituellement de 15 à 20 par champ, avec un maximum de 40 à 60 (Teissier et Schæffer). Dopter, Chauffard ont observé des lymphocytoses beaucoup plus considérables.

L'évolution, de la lymphocytose paraît variable ; dans un cas de Chauffard et Boïdin, elle fut constatée le 9° jour, et elle était encore abondante le 19% jour de la maladie ; dans le second cas, il y avait, le 9 jour, une lymphocytose moyenne (30 lymphocytes par champ), le 89° jour, on trouvait encore 4 à 5 lymphocytes par champ.

Par contre, Nobécourt et Brelet constatèrent -une lÿmphocytose abondante le 4 jour des oreillons ; trois jours

2 Res

après, le liquide céphalo-rachidien ne contenait plus que de rares lymphocytes. Ron ie

En réalité, les cas où l'on put, chez le même malade, pratiquer des ponctions répétées sont actuellement trop peu nombreux pour que l'on puisse avoir une idée exacte de l'évolution et de la durée de la lymphocytose rachidienne des oreillons. F

J'ai pratiqué des ponctions lombaires chez 67 malades, à des Périodes différentes de leur affection. Dans 35 cas, j'ai trouvé une réaction cytologique. Le nombre des éléments était de 4 à 20 dans les cas où la réaction était légère, de 50 à 300 dans les formes intenses.

Ges éléments étaient constitués par des lymphocytes et quelques mononucléaires OS PR lymphocytose a semblé présenter un maximum de fréquence vers le 7° jour de la maladie.

L'hypertension, l'augmentation de l’albumine ont été beaucoup plus inconstantes.

Au point de vue des rapports existant entre la réaction cytologique et les Symptômes méningés cliniques, les faits se répartissent de la façon suivante :

1° Adultes : 60 cas.

Syndrôme méningé : 2 réactions positives, une réaction négative.

Céphalée, vomissements : 3 réactions positives, une réaction négative, Céphalée : 14 réactions positives, 18 réactions négatives.

Pas de sympt. méningés : 12 réactions positives,

9 réactions négatives.

2 Les 7 enfants qui ont subi la ponction lombaire n'ont présenté aucun signe clinique de réaction méningée ; mais il importe de tenir compte de la difficulté que l'on peut rencontrer, chez les jeunes enfants, dans la. recherche des

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signes fonctionnels, et en particulier de la céphalée. Dans quatre cas, la réaction était positive ; dans trois cas, le liquide céphalo-rachidien était normal. A IA

Ces résultats confirment la constatation de P. Teissier et Schæffer, sur l'absence de parallélisme entre la Iymphocytose et les symptômes méningés cliniques.

Aussi, doit on se demander si l'existence de la Iÿmphocytose rachidienne est bien un symptôme de réaction méningée inflammatoire et, en particulier, si l'on ne peut la considérer comme le fait de l’évolution normale des oreillons. Mais cette réaction n'est pas constante au cours de l'infection ourlienne ; elle manque souvent, même lorsqu'on pratique la ponction lombaire dans les premiers jours de la maladie.

Une première ponction peut, dans certains cas, révéler

‘un liquide normal, alors que la lymphocytose apparait lors

d'une ponction ultérieure. Le fait a été constaté par Chauffard et Boidin. Je l'ai noté également chez le malade L. (obs. 8) : la !ymphocytose, qui manquait le 9 jour de la maladie, apparut quatre jours après, en même temps que la céphalée.

Par conséquent, il semble légitime d'admettre que la lymphocytose rachidienne des’ oreillons est le témoin d'une réaction méningée inflammatoire, le plus souvent très atténuée, et cette constatation aboutit aux conclusions suivantes : |

4° Il peut exister, au cours des oreillons, des lésions méningées caractérisées par des symptômes cliniques, sans réaction cytologique du liquide céphalo-rachidien. I est possible, du reste, que, dans certain cas, la lymphocytose n'ait pas été constatée parce que la ponction Iombaire avait été pratiquée d'une façon trop précoce ou trop tardive, la réaction ayant été éphémère.

2 Il peut exister également des réactions méningées

OL caractérisées uniquement par la lymphocytose rachidienne, Sans Signes cliniques, indépendamment d'un symptôme possible, la bradycardie.

Or, cesymptôme m'a Paru présenter des rapportsévidents aussi bien avec les signes cliniques d'une lésion méningée qu'avec la réaction cytologique duliquide céphalo-rachidien.

Les cas où j'ai Pu constater en même temps la bradycardie et les Symptômes cliniques de méningite, m'ont paru beaucoup plus fréquents que les cas où il ÿ avait ralentissement du pouls sans Symptômes méningés, principalement quand la bradycardie était très prononcée,

De même, dans la majorité des cas, la bradycardie accompagne la lymphocytose rachidienne, et la fréquence de la réaction cytologique est sensiblement proportionnelle au degré de la bradycardie.

Cependant, il existe des cas où le pouls est ralenti et où il n'y à pas de Preuve clinique ou cytologique d'un processus inflammatoire des méninges et, d'autre part, l'existence de ces Symptômes n'entraîne pas, d'une façon constante, la bradycardie.

Mais une lésion méningée peut ne S'accompagner d'aucune réaction Cytologique. J'ai frouvé, d'autre part, tout à fait exceptionnelle l’a bsence simultanée des symp-

tômes cliniques et de la lymphocytose : chez les 67 malades

qui ont été Ponctionnés, le fait ne s'est produit que 7 fois et, dans un cas, le pouls n'était pas ralenti.

L'existence d’une réaction méningée ne s'accompagne Pas toujours d’un ralentissement du pouls. Ce symptôme est plus en rapport avec le siège des lésions qu'avec leur intensité ou leur nature.

Dans la méningite cérébro-spinale à méningocoques, méningite de la convexité, la bradycardie est plutôt exceptionnelle. Au contraire, elle est Presque constante

— 95 — ’ dans la méningite tuberculeuse où la localisation des lésions à la région basilaire est habituelle.

On ne peut même établir aucun rapport entre la brad ycardie et l'existence de troubles subjectifs, tels que vomissements, céphalée qui sont des signes d'irritation de la convexité, Chez le malade C. {obs. 1), qui a présenté ces symptômes à leur msximum, le ralentissement du pouls était extrêmement peu marqué.

Dans les cas où la bradycardie n’est accompagnée ni de réaction cytologique, ni de symptômes cliniques, il faudrait admettre l'existence d’une inflammation méningée très atténuée et très localisée, se manifestant par un symptôme unique, la bradycardie.

On peut, par conséquent, résumer la discussion par les conclusions suivantes :

4° On rencontre, d'une façon à peu près constante, au cours del'évolution des oreillons, une réaction méningée. inflammatoire, atténuée, à localisation bulbaire prédominante. Cette réaction se manifeste par des symptômes subjectifs généralement peu marqués, céphalée, vomisse-

ments, par une réaction cytologique à formule leucocytique et par de la bradycardie.

Ces différents symptômes peuvent manquer, à l'exception du ralentissement du pouls qui semble constant ; on se trouverait alors en présence d'une méningite fruste, monosymptomatique, dont l'existence peut être confirmée par l'apparition ultérieure d’autres symptômes, tels que la céphalée et l'hyperthermie.

2 La méningite ourlienne intense, avec son syndrôme clinique complet, est exceptionnelle.

Quel est le point de départ de cette réaction inflammatoire ? Constitue-t-elle une manifestation de l'infection généralisée qui caractérise la fièvre ourlienne ? Est-elle en

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rapport avec les symptômes d’inflammation locale qui se traduisent par la tuméfaction des glandes salivaires ? Les deux hypothèses Sont possibles. Il est vraisemblable d'admettre que l'élément pathogène des oreillons pénètre par la bouche et, de là, gagne les glandes parotides ou plus rarément les glandes sous-maxillaires. L'angine, la stomatite qui ont été très souvent constatées à la période de début, sont le témoignage d'une infection bucco-pharyngée primitive, se Propageant secondairement aux glandes salivaires et pouvant peut-être atteindre également les méninges de la région basilaire, ainsi que le fait se produit dans la méningite cérébro-spinale. Mais, d’autre part, les connaissances cliniques et étiologiques permettent de considérer les oreillons, non comme une affection purement locale, mais comme une maladie générale, infectieuse, contagieuse et épidémique, comparable en tous points aux fièvres éruptives.

Il existe, tout au moins au début de l'affection, une véritable septicémie qu'il n’est pas impossible de considérer comme l'origine et la cause d'une atteinte inflammatoire des méninges.

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