‹ La Bradycardie dans les Oreillons: Étude Clinique & PathogéniqueChapitre 4 sur 51 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le ralentissement du pouls au cours des oreillons n'a été signalé et étudié que depuis quelques années, et les nombreux travaux sur l'infection ourlienne antérieurs à 1901, passent complètement sous silence l'existence. de ce symptôme. La bradycardie ourlienne avait cependant été notée dans deux travaux relativement anciens. .

En 1867, Malabouche rapporte un cas d’oreillons:avec orchite suivi de « métastase sur le cerveau » ayant déterminé de l'agitation, de la céphalée, du délire, de la stupeur et un ralentissement du pouls à 40.

En 1878, Servier remarque la coexistence de l'orchite ourlienne et du ralentissement du pouls: « Nous avons observé, dit-il, un fait constant au cinquième ou au sixième jour de la maladie, lorsque la fluxion testiculaire diminuait, et que tout l'appareil fébrile avait disparu, c'est un ralentissement très marqué des mouvements du cœur ; le pouls battait à peine 50 fois par minute, il tombait à 48, 46 pulsations. Il était du reste, suffisamment plein et fort.

C'est chez les malades qui avaient présenté l'aspect typhoïde, que le ralentissement du pouls à été le ‘plus considérable. La lenteur des mouvements circulatcires que nous avons observée ainsi, était due, je pense, à un trouble de l’innervation, ce qui démontrait que cette fonction est fortement impressionnée par la maladie ourleuse. »

Cette remarque passa inaperçue, et de 1878 à 1901 aucun

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ouvrage d'ensemble sur l'infection ourlienne, aucun traité

classique ne cite le ralentissement du pouls dans la symptomatologie des oreillons.

En 1901, la bradycardie au cours de l'infection ourlienne est signalée par Lamouroux dans son étude sur le méningisme : il rapporte le cas d’une femme qui, au cinquième jour de ses oreillons, aurait présenté des symptômes méningés avec ralentissement du pouls. Un autre cas de réaction méningée au cours d'oreillons avec orchite, s’accompagnait de fièvre et de tachycardie.

La communication de MM. Chauffard et Boidin à la Société Médicale des Hôpitaux en 4904, inaugure la série des travaux, relativement peu nombreux, qui s’efforcérent de préciser les caractères de la bradycardie ourlienne, et d'élucider sa pathogénie. !

MM. Chauffard et Boidin constatèérent l'existence de la bradycardie chez deux malades ayant présenté des symptômes cliniques de réaction méningée et de la lymphocytose céphalo-rachidienne. Ges auteurs, s'appuyant sur la fréquence dé cette lymphocytose rachidienne -dans les

oreillons, fréquence établie par les constatations de Monod,

admettent l'existence, à côté des méningites ourliennes intenses, exceptionnelles, et des accidents nerveux bruyants qui apparaissent au début de l'orchite, d'une réaction méningée atténuée et caractérisée uniquement par une élévation de température, de la céphalée et un ralentissement du pouls.

Plusieurs observations de bradycardie liée à l'existence d'une réaction méningée ourlienne furent publiées dans la suite par MM. Dopter, Nobécourt et Brelet.

En 1907, Quermonne signala la fréquence de la brad ycardie pendant la convalescence des oreillons, principalement fdans les cas compliqués d’orchite. Il compara ce Symptôme à la bradycardie que l'on observe chez les

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malades atteints d'ictère catarrhal. Le ralentissement du pouls était très accentué, et, chez un homme de 49 ans ayant présenté une orchite double, il constata, pendant trente-six heures, l'existence d'attaques syncopales pendant lesquelles on ne comptait que 40 à 42 pulsations par minute.

La même année, dans une étude sur les complications nerveuses des oreillons, Chauffard étudia de nouveau les rapports qui unissent la bradycardie et une réaction méningée atténuée.

Bradycardie d'origine méningée, bradycardie de convalescence, telles sont les deux pathogénies admises par les observateurs qui constatèrent l'existence de ce symptôme au cours des oreillons. Ce sont ces deux opinions qui se trouvent exposées dans les traités récents :

Hudelo dans le Traité de Médecine et de Thérapeutique, signale l'hypothermie et le ralentissement du pouls pendant la convalescence des oreillons.

Hutinel et Darré dans le Traité des Maladies de l'enfance, décrivent :

4° La bradycardie accompagnée parfois d'hypothermie, qui s’observe à la période de convalescence.

2 La bradycardie et la dissociation du pouls et de la température que l'on constate, soit dans les cas de syndrômes méningés intenses, soit dans les réactions méningées atténuées, caractérisées uniquement par une céphalée légère, des modifications du liquide céphalo-rachidien et le ralentissement du pouls. Ce dernier symptôme constituerait même, dans certains cas, le seul signe traduisant l'existence d'une irritation des méninges.

En 1910, Maurice Raynaud, ayant constaté chez deux malades la coexistence d’un ralentissement du pouls et d'un syndrôme abdominal douloureux, établit un rapport

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Entre la bradycardie et fa localisation paneréatique de

l'infection ourlienne.

Lemoine et Lapasset en 1905, Edgecombe en 1908, Sharp

en 1909 avaient déjà signalé la coexistence de la pancréatite :

ourlienne et du ralentissement du pouls, qui fut notée également en 1911 par Neurath. * |

Les caractères cliniques et la Dale de la ape cardie ourlienne furent étudiés enfin, par MM. P. Teissier et

Schcœæffer ; leurs conclusions sont basées sur 129 obser-.

vations. Ils établissent : 4° la fréquence de la bradycardie qui ne fit défaut que chez 16 malades ; 2° la fréquence d'une

réaction cytologique, nullement en rapport avec la cons- | tatation de signes cliniques pouvant faire penser | à une.

réaction méningée.

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