‹ La Bradycardie dans les Oreillons: Étude Clinique & PathogéniqueChapitre 6 sur 51 · I. — Caractères généraux · texte numérisé non relu

I. — Caractères généraux

La bradycardie ourlienne présente un ensemble de caractères cliniques qui constituent l'objet de ce chapitre, J'étudierai successivement: la fréquence du ralentissement du pouls au cours des oreillons, son intensité, les variations qu'il présente sous l'influence de certaines conditions physiologiques (changement de position, respiration, déglutition, digestion) ou pathologiques (fièvre, ponction lombaire) enfin les modifications déterminées par DUESHON d'atropine. ;

$ 4. — Fréquence de la bradycardie

Pour évaluer la fréquence du ralentissement du pouls. j'ai pris comme base la bradycardie, maxima, c'est-à-dire le chiffre le plus bas observé au cours de l'évolution de la maladie. Les résultats obtenus sont résumés dans les

tableaux suivants :

LME Nombre total d'observations : 274

1° Hommes : 178 observations

Brady. max. Nombre de cas 40 à 49 — 46.

50 à 59 —— 90 60 à 69 — 37 OPA TO ERA EE 5

2° FEMMES : 52 observations

Brady. max. Nombre de cas 40 à 49 LE 4 50 à 59 — 44 60 à 69 — 28 70 à 75 TAEER s 75 à 80 — 2 80 à 89 2

93° ENFANTS : 44 observations

Brady. max. Nombre de cas 40 à 49 4 ) 50 à 59 — # 60 à 69 — 14 70 à 79 — 45 80 à 89 — )

Au premier abord, il semble résulter des chiffres précédents, que la bradycardie est plus fréquente chez l'homme que chez la femme, et surtout que chez l'enfant. En réalité, cette différence est plus apparente que réelle, et i] faut tenir compte des diflérences normales de la fréquence du pouls suivant l’âge et le sexe.

On peut, en Prenant comme terme de Comparaison les

chiffres classiques établis par Quetelet, Guy. Landois, considérer que le pouls est ralenti :

Chez l’homme, lorsqu'il est inférieur à 70.

Chez la femme, lorsqu'il est inférieur à 76-78.

Chez l'enfant de moins de 10 ans, lorsqu'il ést inférieur à 90. |

Chez l'enfant de 10 à 15 ans, lorsqu'il est inférieur à 78.

Chez les 230 adultes que j'ai pu examiner, 5 hommes sur 178 ont êu un pouls qui est resté supérieur à 70, et par conséquent, n'ont pas présenté de bradycardie.

Quatre femmes sur 52 ont eu un pouls qui n'est pas descendu au-dessous de 76, et peut être considéré comme normal.

Chez l'enfant, dans 21 cas sur 44, le pouls était supérieur à 70. Sur ces 21 cas, 19 étaient représentés par des enfants de moins de 10 ans, et 5 par des enfants de 10 à 15 ans. On peut admettre que le ralentissement n'a manqué que chez deux malades : un enfant de 14 ans et demi dont le pouls n’est pas descendu au-dessous de 76 ; un enfant de 12 ans, chez qui le pouls ne s'est pas abaissé au-dessous de 86.

Les résultats précédents montrent que le ralentissement du pouls est d'une fréquence telle au cours des oreillons, que l’on pourrait presque le considérer comme constant. - Au total, il a fait défaut 11 fois seulement, sur 274 malades.

$S 2. — Degré de la bradycardie

Indépendamment des nombreuses causes qui peuvent le modifier et que j'étudierai plus loin, le degré de la bradycardie ourlienne est extrêmement variable suivant les cas . et suivant les individus.

Les chiffres donnés au paragraphe précédent, montrent

Does

que l'intensité de la bradycardie varie suivant l’âge et le sexe:

Chez l’homme, dans plus de la moitié des cas, le pouls atteint 50 à 59 pulsations par minute ; dans un quart des cas, il se ralentit à 40-49 pulsations. ‘

Chez la femme, la bradycardie ne dépasse pas le plus souvent 60 à 69 pulsations, elle atteint exceptionnellement

Chez l'enfant, le pouls se maintient généralement entre: 60 et 80.

Mais, de même que pour la fréquence du ralentissement, il faut tenir compte des différences physiologiques du pouls aux différents âges et suivant le sexe;elles montrent en effet, pourquoi la bradycardie paraît moins prononcée chez la femme, qui, normalement, présente 6 à 8 pulsations par minute de plus que l’homme, et surtout chez l'enfant : pour lequel la différence peut atteindre suivant l’âge, 8 à 30 pulsations.

J'ai résumé, dans la dernière partie de ce travail, les observations des enfants chez qui j'ai trouvé le ralentissement le plus marqué. (Obs. 14, 15, 19, 51, 53, 26, 114).

Chez l'adulte, la différence d'intensité parait peu sensible suivant l’âge ; cependant, il semble que la bradycardie soit légèrement plus prononcée chez les adultes jeunes, que chez les individus ayant dépassé 35 ans. La bradycardie atteignant 40 à 50 pulsations, se rencontre dans 25 LIÉES cas chez les sujets de 15 à 25 ans, dans 26 °/, des cas chez des malades de 25 à 35 ans, et dans 148 °/ Seulement, chez les malades de 35 à 55 ans.

Je n'ai, dans aucun cas, observé de ralentissement dépassant 40 pulsations par minute.

Je n'ai jamais noté de troubles fonctionnels ou de symptômes subjectifs comparables à ceux que l'on a décrits au cours des bradycardies intenses, particulière-

LRU 9 PES

ment dans le syndrôme de Stokes Adams. Ces symptômes fonctionnels sont, du reste, exceptionnels quand le nombre des battements n'est pas inférieur à 40. Les vertiges, les attaques syncopales ou épileptiformes qui caractérisent le pouls lent permanent, coïncident toujours avec une accentuation paroxystique de la bradycardie, accentuation telle que le pouls peut présenter 15, 10 et même 5 pulsations par minute.

Cependant, Quermonne a rapporté l'observation d'un homme de 49 ans, atteint d'une parotidite ourlienne bilatérale et d’une orchite double, qui aurait eu, durant 36 heures, des attaques syncopales, pendant lesquelles on comptait 40 à 42 pulsations par minute. Pendant . l'intervalle des crises, le pouls ne dépassait pas 44, la température étant de 39% et même de 39°7. Pour ma part, je n'ai jamais observé une bradycardie aussi prononcée, avec une telle hyperthermie.

S 3. — Des différentes causes pouvant faire varier l'intensité de la bradycardie

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