SCÈNE YI GROSSETÊTE, VÉRONIQUE
VÉRONIQUE
Hé biien, iiion vieil ami?
GROSSETÉTE
Bravo! Il porte beau, mais il est touché. C'était un spectacle admirable. Comme les femmes nous sont supérieures dans ces occasions, ces rencontres! Ce Parisien, ce magistrat tremblait devant vous comme là feuille. Pas un muscle de votre fafce H'e tressaillait. J'ai compris les Romaines au cirque, et leur pouce baissé... C'était beau!
VÉRONIQUE
La partie était inégale. Il m'aimait, il faut être juste... L'amour est un maître féroce!
GROSSETÉTE
En auriez-vous quelque pitié?
VÉRONIQUE
Non, pas la moindre.
GROSSETÉTE
A la bonne heure ! Voilà une partie de whist que je ne regrette pas d'avoir perdue. Le pliis à pîaindre^ c'est Roubaud. tantôt pâle et tantôt empourpré, qui n'a rien compris à la scène. Il reçut plus de flèches au cœur que saint Sébastien en personne I
Oh ! celui-là...
GROSSETÉTE
Je suis ravi ! Dans mes soixante ans, ma parole, voici la meilleure journée. Ma chère Véronique, au revoir. Lorsque ces fleurs seront fanées, il m'en reste de toutes pareilles. Admirable, vous êtes admirable! Je m'en vais le pliis heureux des honimes...
3i LA BREBIS PERDUE
VÉRONIQUE
Au revoir, mon cher vieil ami. (// lui baise la main et s'en va. Elle attend une minute, immobile. La nuit est venue peu à peu. Elle s'approche de la fenêtre\ une lampe à la main, et la lève en Vair, deux ou trois fois, comme pour un signal. Elle la repose sur une table, se rassied et se met à lire. Un temps. Entre Aline.)