‹ La Bretagne ancienne et moderneChapitre 40 sur 103 · SCIENCES. — LETTRES. - COMMERCE. — MARINE. — USAGES · texte numérisé non relu

SCIENCES. — LETTRES. - COMMERCE. — MARINE. — USAGES

La première science, le premier art des anciens Bretons était la guerre. La Bretagne, disait Guillaume de Poitiers (et l'on vient de voir qu'il ne flattait point ce pays), fournissait un nombre incroyable de soldats. Dans cette province, d'ailleurs fort étendue, un seul guerrier en engendre cinquante- Adonnés de préférence aux armes et à l'éducation des chevaux, la plupart dédaignent la culture de la terre, ne mangent presque point de pain d vivent de laitage. Dès que la guerre est déclarée, ils y marchent avccjotfet la font avec fureur. Prompts à rompre les rangs des ennemis, difï»c''°s eux-mêmes à enfoncer, ardenU et féroces dans le combat, ils dépou>"en les morts après la victoire. Pauvres chez eux, ajoute Guillaume de ^a'"

1 I). Mono», Preovf*. 1. 1, p. 17 cl suivante* — Courson, Esmi, p et suivantes, p 33i# «•'** vantes — Guillaume de Poitiers — Neuf cents pièces envovres par M «Y Courson au mini*t*',v "

l'instruction publique pour l'histoire du tiers étal — Enquête de la seigneurie de Kolian. IW»

IIint. ccciisMsr. I les dix premiers siècles, rus».} — Th. de h Yillcnwruué, f.n\n> mm'hii*' IKK» Itiu th-v*. I I. p 4fiO Paris, W Coquebert, 1H4T..

inesbury, les Bretons ne demandaient qu'a prendre part aux querelles de leurs voisins pour une solde raisonnable.

Le récit de nos guerres a déjà montré quelles étaient les armes de nos aïeux cl leur manière de combattre. Les archers bretons surtout étaient la terreur de l'ennemi. « L'arc et les flèches, ditM. delà Villemarqué, avaient leur législation comme les autres armes offensives. Il y a trois espèces d'armes dont la loi s'occupe : l'épéc, la lance, et l'arc avec ses douze flèches dans le carquois. Tout chef de famille doit les tenir prêts en cas d'attaque. Un archer gallois nous a laissé cette curieuse description de ses armes : « Que le voleur vienne à passer dans le bois, et que je sois en face de lui, tenant bandé à la main mon arc d'if rouge, à la corde sèche et roide, et ma flèche, droite et faite au tour, à la coche arrondie, aux longues plumes fines, retenues par un fil de soie verte, au dard d'acier, épais et lourd, large d'un pouce en travers et d'une couleur bleuâtre, qui tirerait du sang à une girouette; que j'aie le pied sur une butte, et un chêne derrière moi, et le vent au dos, et le soleil de côté, et ma maîtresse sur le sentier, tout près, me regardant, et que je la sache là ; et je décocherai au voleur une flèche si roide et si bien ajustée, et si résonnante et si perçante, que quand même il porterait une cotte de fer ou un haubert de Milan, il n'en serait pas plus protégé que par un torchis de fougère, un paillasson ou un filet.»

Quand de pareils archers, se levant par milliers comme un seul homme, s'organisaient en bandes à la suite dcsWarok et des Morvan, galopant sur leurs indomptables petits chevaux, à travers les bois, les marais et les halliers de la basse Bretagne, on se figure tout le mal qu'ils devaient faire aux armées les mieux conduites.

Les arts les plus cultivés après la guerre étaient la fauconnerie et la chasse, c'est-à-dire la guerre sous une autre forme. « Quelques seigneurs, dit Lobineau, sacrifiaient des paroisses entières et des lieux très-cultivés pour étendre leurs chasses en agrandissant leurs forests. »

Quant aux lettres, à l'éloquence et à la poésie, elles résidaient sur la rote des chanteurs populaires, dans les palais épiscopaux et sous les arceaux des cloîtres. L'idiome celtique, dans toute sa pureté, était la langue des chanteurs populaires; il va sans dire que celle des prêtres et des moines était le latin. Ceux-ci nous occuperont seuls en ce moment.

La Bretagne a fourni aux lettres, dans les cinq premiers siècles : l'auteur de la Vie de Merlin, que Geoffroy de Monmoulh traduisit du breton en H 38 ; — Vulturius, cité par Guillaume de Malmesbury, comme auteur des Affaires de Bretagne, de Rébus Brittmum; — Phœbicius, ancien druide, qui alla professer la grammaire à Bordeaux; — Atius Paiera, son fils, qui porta sa chaire de Bordeaux à Rome; — Alcimus, d'Alcth, historien du Règne de Julien l'Apostat ; — Sylvius Bonus, poète et orateur, rival d'Ausonne, qui écrivit, en 38ô, le Panégyrique de Maxime, des poésies et une

histoire tles guerres d'Armoriquc: — Rulilius, auleur d'un très-beau voyage en vers : Rutilii llinerarium: — Sedulius, connu par son Paschule Carmen ; — l'auteur des Actes des saints Donatien et Hogatien, qu'on trouve dans Bollandus; — Eusèbc, évèquc de Sanlcs (Homélies d'Eusèbe Homère):

— le roi Erek, correspondant de Sidoine Apollinaire; — Fausle. évéque de Rie/. ( Libellus de creuturis. sermons, épitres, etc.). Dans les siècles suivants, nous trouvons saint Mélaine, apôtre de la Gaule, avec saint Rémi ;— Eurnère, l'éloquent évèquc de Nantes; — Félix, l'illustre ami de Fortunat. le docteur de la Gaule; — saint Gildas de Rhuys, auteur de la Ruine de Bretagne, déjà cité plus haut: — un moine de Landévének, biographe prétentieux de saint Gwcnnolé ; — Heroïc, abbé de Redon, très-savant médecin;

— l'abbé Benoit, commentateur de la règle de son patron; — Bilius, auteur de la Vie de saint Malo . — Maurice, vicaire de Llcder, qui nous a révèle celte métamorphose de la conscience de saint Collédok en clochette, l'avertissant du bien à Taire cl du mal à éviter'; — les auteurs anonymes de la chronique bretonne, Bruty Breuchined, de la Vie de saint Hermeland, d'une autre Vie toute merveilleuse de saint Malo ;— Siguin, archidiacre de Nantes (Miracles de saint Martin de.Verton);—\c poète Gildas. mort en Vil à Saint-Pol-de-Léon, historien de Gonan Mériadek ; — Suzan. évèquc de Vannes en 858 (Quid sit monachus?) ; — Gurdestin, célèbre abbé de Landévének, biographe de saint Gwennolé; — Vormonoc (moine de la mer)en884. historien de saint Pol de Léon ; — Vorelven, moine de Redon en 890 [Vie de saint Conwoïon): — Radhod, prévôt de Dol en 951 (Lettre imprimée dans VAnglia sacra, « écrite avec une grande politesse, » dit D. Rivet) : — Paulinus, évèque de Léon en 954 (Translation du corps de saint Matthieu):— les biographes anonymes de saint Samsoii, de saint Magloire, de saint Goulvcn. de saint Gildas, etc.; — Ingomar, sous le duc Geoffroy 1" (Généalogie des princes de la Dumnonée); — Guillaume, vicaire de Gouesnou, vers 1019 (légende du patron de cette paroisse); — Galwalon, moine de Redon el chancelier de Bretagne, mort en 1049 [Lettre à Hildegarde, comtesse d'Anjou,;

— Roscclin ou Ruzclin, inventeur des termes de la logique, suivant d'Argentré ; — Baldric, évèquc de Dol, auteur de la Vie de Robert d'Arbrissel el d'une curieuse Lettre sur les mœurs des bas Bretons; — Constance, citée par Baldric comme une sibylle remplie du souffle de Dieu.

Tous ces personnages éminents sortaient des écoles ouvertes par les évèqucs et les abbés, dans les cathédrales et dans les monastères. La plupart des évèqucs enseignaient eux-mêmes, comme saint Félix1, la théo-

« Tels étaient le* idées et le slyle de la plupart des naïfs liagiograplics de ces premiers âges : NBM «le miracles authentiques el de prodige* imaginaires, de souvenirs sacrés et de citations profanes, d'élévations sainte» el de jeux de mois puérils. On a pu en juger par nos citations des Vies de» saint* de

Bretagne.

* Oulre ses grandes qualité* d'administralcui , sainl Félix étiiil poêle el orateur, si paruk', dil For tonal, élail un torrent d'éloquence , Il parlait le grec comme sa langue naturelle

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lugie, la morale, la dialectique, la rhétorique, la géométrie, l'arithmétique, la musique et souvent la poésie. Saint Magloirc professait à Dol sous levêquc Samson. L'école épiscopalc de Quimpcr avait une grande réputation à l'époque de saint Menou. Celle de Vannes produisit l'illustre abbé Conwoîon. Aux termes du second concile de Tours (5(17), la maison de l'évoque était une source de science où venaient puiser tous les prêtres et tous les clercs. Le même concile ordonnait à chaque abbé d'avoir dans son cloître « un lieu sépare » pour renseignement. Les écoles des monastères dcSaint-Bricucdc Saint-Léonor, de Redon, de Landévének et tant d'autres, étaient célèbres dans toute la Bretagne. Chaque couvent avait sa bibliolhè- m que et son bibliothécaire, ses conférences et ses lectures publiques. Ces •Voles, ces conférences, ces bibliothèques étaient à la disposition des laïques qui désiraient s'instruire. «Le jeune prince Gwerck, dit Derik, alla jusqu'à Flenrj se former aux belles-lettres. » Malheureusement, toutes ces «fontaines de vie» furent troublées ou taries par les invasions saxonne et normande, et il fallut bien du temps pour lever les pierres qui les avaient fermées comme des tombeaux. Les cvèques et les abbés y parvinrent cependant, et leur plus grand triomphe alors fut de convertir cl de civiliser les Normands, « de changer en brebis dociles ces lions du Nord.» d'ouvrir le» trésors du ciel à ceux qui les avaient dépouillés des biens de la terre'.

Le commerce et la marine de Bretagne avaient leur principal entrepôt à Nantes. L'un et l'autre s'étendaient jusqu'aux pays lointains, car lorsque Charlemagne et sa cour virent les premiers pirates du Nord aux environs de Narbonnc, plusieurs témoins les prirent pour une flotte de navires bretons. Nous avons déjà cité les brefs de sauvetage délivrés par les ducs de Hrctagne aux marins de Bordeaux, de la Rochelle et de la plupart dos port» d'Allemagne.

Une foule de titres relatifs aux croisades parlent d'un certain Hervé, marinier nantais, qui devait être le Jacques Cœur de son époque, à en juger par les nombreux navires qu'il mettait à la disposition des croisés, pour les conduire à Damiettc, avec leurs équipages et leurs troupes. Les ruines de Kerity-Penuiarc'h et le témoignage du chanoine Moreau prouvent que c'était anciennement un grand établissement maritime. Si la vieille «ilé des Vénètes n'avait pas repris tout l'éclat de sa marine et toute l'étendue de son commerce, elle en avait du moins retrouvé une bonne part. On se souvient, en effet, dans quels termes en parlait Ermold le Noir, nu temps

1 Recueil des hist. de Fiusr.E : Guill. de Poitiers. — Th. «le la \ÏIIemar<|ué, Contes des anciens Bketoxs, i 1. p 314. — Miorcec do Kcrdanel, Notices srn les écrivains bretoss — De la Rue, Httui blues se» les ocvha&es ucs Bardes, p. 49. — Deric, Hist ecclésiast., t. VI, p 490, etc — D'Argentré, Table des Matières. M., p. 78. — Toussaint de Saint-Luc, lli.vr. deGo>ax Mériadek. — I). Ilivet, Hist. littéraire "C u Frasce, l. I, p IH4 : t. Il, p. 407; t. IV, p. 71 — Papyre Masson, Docurr Fiusci*, p 550 -Sidoine A poM • E«ST . »D. ID — Fortunitus, un IV — Mal.illon, In ICTM SS., I. p G08 - 0urhesoe. Wrcumn»^ t IV. P 25K

du roi Morvan. Les Malouins, multiplies et fortifiés de jour en jour sur leur rocher, commentaient à devenir çes terribles corsaires que nous verrons plus tard à l'œuvre. » Des les croisades, dit M. Ch. Cunat dans son excellente Histoire de Surcouf, les escadrilles des corsaires malouins étaient proclamées les troupes légères de la mer, incommodant l'ennemi, divisant ses forces, balayant ses croiseurs et butinant de riches cargaisons. »

Plusieurs faits prouvent que l'industrie de l'ancienne Bretagne n'était pas aussi bornée qu'on pourrait le croire. Outre les armes, qui étaient d'un travail remarquable, on fabriquait pour les églises et les tombeaux des # lampes de la plus grande richesse, en forme de couronnes, supportant des vases de faïence ou de métal.

Il existait, dit Deric, au sixième siècle, des maisons de poste en Bretagne et en France. Elles étaient placées de distance en distance sur les grands chemins; on y fournissait des chevaux frais à ceux qui couraient «pour l'utilité publique. » Childchcrt lit expédier des ordres pour qu'on reçût chaque jour dans ces maisons saint Vo\ de Léon pendant son voyage. La vigne était très-cultivée dans le territoire de Nantes, puisque les bas Bretons venaient par bandes y faire la vendange à coups d'épée. Un acte de l'abbaye de Redon prouve que le pays de Malestroit, dans le Morbihan . fournissait du vin.au neuvième siècle. 11 yen avait sans doute sur beaucoup d'autres points, car le droit de boulcillage était un des plus productifs et des plus rigoureusement exercés par les seigneurs.

Il faudrait un volume pour les mille détails de mœurs : usages publics et privés, religieux et profanes de nos aïeux, avant le douzième siècle. Mais de ces innombrables détails, les uns ne seraient que la reproduction des coutumes gauloises, les autres se retrouveront dans les mœurs de la Bretagne moderne. Nous ne ferons donc qu'effleurer quelques points caractéristiques.

Beaucoup de seigneurs marquaient noblement les bornes de leurs terres avec la lame de leur épéc. — Ce qui prouve, dit Lobineau, que cette arme les accompagnait déjà partout.

Chez les anciens Bretons, le deuil des femmes se portait en jaune et se témoignait par des convulsions qui rappellent encore les mœurs gauloises. « A la suite du convoi, dit le comte d'Owcn. venait une dame aux cheveux blonds, et sa chevelure flottait sur ses épaules en désordre, et elle portait une robe de salin jaune déchirée, et elle avait les pieds chaussés de brodequins en cuir bigarré; et il était étonnant qu'elle ne bris.1t pas le bout de ses doigts, tant elle frappait avec violence ses mains l'une contre l'autre; sa voix dominait celle des hommes et même le son des trompettes. »

Cet usage du deuil jaune, disparu dans le pays de Galles, subsiste encore en basse Bretagne, de môme que l'usage des souliers en cuir bigarré. Oue de fois nous avons vu, dans la Cornouaille, les veuves suivre le convoi de leurs maris, sinon vêtues de robes jaunes, comme la dame du conte (on ne

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fabrique guère d'étoffes de celle couleur en Bretagne), du moins coiffées de toile passée au safran ! Rien de poétique et de touchant comme cette couleur des feuilles mortes et du deuil de la nature au déclin de l'a nuée, appliquée au deuil des épouses sur le déclin de la vie!

Un concile assemblé à Nantes au septième siècle réglait ainsi les pénitences publiques : — Un mari qui surprend sa femme en adultère peut la renvoyer, elle sera mise en pénitence pour sept ans. Pour se réconcilier avec elle, le mari fera la même pénitence. Après les sept ans révolus, tous deux pourront être admis à la communion. — Trois ans de pénitence pour celui ou celle qui aura forniqué. — Cinq ans pour le célibataire séducteur d'une femme mariée ; sept ans pour sa complice. — Sept ans pour le mari réducteur d'une jeune fille ; cinq ans pour sa complice. — L'homicide volontaire sera en pénitence le reste de sa vie ; l'homicide de cas fortuit y sera cinq ans; il jeûnera quarante jours au pain et à l'eau, sera privé de communion pendant trois ans, et pendant deux ans des prières de l'Église.

Quant à ces repas (pastus), dit le même concile, « qui sont servis avec profusion, où l'on prodigue les liqueurs enivrantes, où l'on veut que chaque convive boive comme les autres, où il s'élève des disputes qui font naître des homicides (ne reconnaît-on pas encore les repas gaulois?}, nous les interdisons aux prêtres sous peine de dégradation de leurs ordres, et aux laïques, hommes ou femmes, sous peine d'excommunication1. »

Ces festins reprouvés par les Pères de Nantes avaient lieu partout en Bretagne ; on ne terminait aucune affaire sans cela. Le chef du repas, aprè.* avoir bu à son voisin, lui passait sa coupe pleine ; celui-ci l'avant vidée, la remplissait pour un autre, cl ainsi de suite. La coupe voyageait ainsi indéfiniment autour de la table. «Il paraît, dit Lobineau, que les Bretons .limaient fort le vin dès ce temps-là, car boire ensemble était la condition essentielle des moindres traités. » Outre le vin, les liqueurs favorites en Bretagne étaient l'hydromel, tant célébré par les bardes, et une sorte de bière ou cervoise faite avec de l'orge. Le penchant à l'ivrognerie datait de loin chez nos aïeux, (irégoire de Tours nous montre le prêtre breton Winnoch résistant d'abord aux atlraits de la douce liqueur, «en sorte qu'il avait plutôt l'air de baiser sa coupe que d'y boire; puis se laissant aller à boire si démesurément, qu'armé de couteaux, de pierres et de bâtons, il poursuivait les gens avec furie. » Suivant le même historien, Eonius, évèque de Vannes, à la suite de longs excès de vin. mourut d'apoplexie en disant la messe. Dans les siècles suivants, les sévères lois

* Le moine de Sainl-Gall, Vie DtCimarjUGNE — De l.i Villcmarqué, Comï* popiiaibes, l l,p. 260 — Fn'-mirmlle, Finistère, t. II, p 108. — Dcric, t. III, p. 70. — Aclcs «le Sainl-rol-de-Léon, dan< Br»lbndu*. — Voyage de Cambri. Ed. Fréminville, p. 438. — Cartulairc de Redon. Cli Cuiwt, Histoire M St(u.ocT, p. 5 — Dcric, Hisroinr. ecclésustiqi'e, t IV, p clc — Grégoire de Tours, I VIII. fk, inif . I V, ch. tu — Sinnoiid, Comuu Culuc

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de la chevalerie réprimèrent ces désordres chez les nobles bretons.

Le concile déjà cilé autorisai! loulcfois les clercs et les fidèles à boire el à manger dans leurs pieuses réunions, mais un seul morceau de pain, et un seul coup de liqueur. C'est de là qu'est venu, selon Dcric', l'usage des pains bénits el des gâteaux dans les assemblées de confréries.*

Un dernier article de ce concile prouve combien les souvenirs druidiques persistaient opiniâtrement dans les croyances du peuple breton : « Les prêtres mettront tous leurs soins à faire arracher et brûler les arbres auxquels le peuple rend des hommages superstitieux, et dont il n'ose couper une branche ni un rejeton. Il y a aussi des pierres dans les lieux abandonnés et dans les bois devant lesquelles le même peuple dépose des vieux et des offrandes : il faut les enlever toutes jusqu'à leur base enfoncée dans la terre, el les éloigner des habitations de leurs adorateurs. »

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