‹ La Bretagne ancienne et moderneChapitre 65 sur 103 · ARTHUR III · texte numérisé non relu

ARTHUR III

Designé par Pierre II comme par François I", le connétable de Richemont, sous le nom d'Arthur III, n'occupa que seize mois le trône de Bretagne. Il voulut garder la charge de connétable, qu'il gérait depuis trente ans ( il en avait alors soixante-cinq ) : « Je dois honorer dans ma vieillesse, disait-il. cette dignité qui m'a honoré dans ma jeunesse. » Il n'en défendit pas moins fièrement ses prérogatives de duc. Quand il alla rendre ses devoirs au roi Charles VII, à Vendôme, on portail devant lui deux épées. Malgré toute réclamation, il fit l'hommage simple, « tel que ses prédécesseurs, etc., » sans serment ni salut, debout et ceint, éperonné, armé et botté, n'accordant l'hommage lige que pour ses terres de Montfort et de Ncauflle-le-Chastel.

Plusieurs historiens prétendent qu'Arthur quitta Vendôme empoisonné par les llatteurs du roi. Le fait est qu'il languit de jour en jour, et mourut peu de temps après. D'autres attribuent sa mort à la colère que lui causa l'ingratitude de l'évèque de Nantes, Guillaume de Malestroit. qui. à la suite d'un démêlé sur l'interminable question du temporel ecclésiastique, se permit d'excommunier les officiers d'Arthur du haut de la chaire où il l'avait élevé de ses mains ducales

Ainsi que la plupart des grands hommes, Arthur était de petite taille. Ses gros membres et son rude visage n'avaient rien de distingué. Comme capitaine, son mérite est incontestable. Il fut presque toujours vainqueur. Comme connétable, nul ne fut plus constamment persécuté ni plus constamment fidèle. Comme politique, le traité d'Arras fut son ouvrage : c'est tout dire. Comme prince, il était fort éclairé, mais impérieux et impitoyable, surtout à l'égard des hérétiques et des sorciers, qu'il toisait brûler par

' Titres cl prouve» «les résines de Jean V, «le François 1", de Pierre II et d Arthur III : D. Moricc et P .Taillandier, t I, p 428, à l II, p 00 ld. Arles de Bretagne, t. II. col. "71 à 1732 — Le Baud. p 440, etc. — 1). Lobincau, I 1, p 409 à 071. — Id. Preuves, col. 803 à P2I0 — D Arjrenlré. p. 783 à *J0O — Chroii de Sainl-lfcni» — Ju vénal dcsFrsins, p. 1*8 — Monslrelel, 1. 1. c. XXXVI, elc.

— Byrncr, t VIII, IX, X, elc —Citron, de Saint -lliiour : Actes uk Bhf.t., t I, toi 87 — Histoire de Charles VII, par Bon y, p. 421, et. — Histoire d'Arthur de Hichcmonl, par Codefroy, p, 8, elr

— Hisl d'An*!., par Lingard, t V, p. 26. elc — Itoru, t. II, p. 230 — Hisl de la Purelle, par Gudefrov, p. 500. elc. — Mémoires dos lléiiticrs de Gilles «le Bail, Inlerropil de Bai/ — M S -Alain Boucnanl : chnm.. f«d CI.XXYU, elc - Ordon. des rois, t. X. p. 472, Ole — Hisl lamentable de Cilles de BreUgn& — Constitutions de Jc.tji V, de Pierre 11, elc. (Actes de Bretagne). — Albert le Grand, Vie «le Françoise d'Ambou*. — Archives de Nantes, armoire F ; cassette A ; l«-U ; G-C ; Il -T. et U ; C-C; A-B; J-B; T-B: l.-H; K— Il ; K-F- — Jean Chartier, p 263, elc — Livre couvert de cuir rouge, écrit sur vélin, .un pu I sont les informations, procédures et sentence donnée contre M' Gilles «le Bai/, par lévéïpie «le Nantes, etc. : archives de Nantes, Armoire M : cassette K.

4!H> LA IMETAliNE ANCIENNE

douzaines quand il ne les immolait pas de sa propre main, comme le sire de Gyac. La France, qui a élevé une statue à Jeanne d'Arc, en doit une au moins à Riehemon! : car si Jeanne rendit l'espoir à Charles VII et aux Français. Richemonl leur rendit la France. La gloire de la Pucellc domine à tort celle du connétable : ces deux noms ne devraient jamais être séparés.

Page 1