‹ La Bretagne et le duc d'Aiguillon, 1753-1770Chapitre 164 sur 174 · PARODIE DE LA LETTRE DE M. DE SALNT-FLORENTLN AU PREMIER PRESIDENT · texte numérisé non relu

PARODIE DE LA LETTRE DE M. DE SALNT-FLORENTLN AU PREMIER PRESIDENT

du 7 juin 1765

Le Roi, Monsieur, commence à Le roi commence à s'occuper,

s'occuper des affaires du Parlement Quoiqu'on l'ait voulu détourner

de Bretagne. Par m,ille courses de campagne.

Des troubles qui depuis un an Ont agité le Parlement De sa province de Bretagne.

Sa Majesté a remarqué, avec beau- Le roi ne se possède pas

coupde satisfaction, qu'au milieud'une Qu'il reste douze magistrats

défection qui devait être générale, il De fidélité sans égale :

reste douze Magistrats qui refusent Ah! quelle satisfaction

de donner leurs démissions et d'abdi- Aux jours d'une défection

quer les fonctions dont ils sont tenus, Qui devait être générale.

par la foi du serment, envers Sa Majesté et ses Peuples.

Elle m'a expressément chargé de vous écrire que vous leur témoigniez de sa part qu'Elle est d'autant plus contente de leur zèle et de leur affection pour son service et pour le bien public, qu'Elle n'ignore pas toutes les voies qu'on emploie pour les détourner du plus légitime des devoirs.

Sa Majesté veut que vous les assuriez qu'Elle est dans la ferme résolulion de leur donner dans toutes circonstances des marques distinguées de sa protection etde sa bienveillance.

Je suis persuadé que vous ne différerez pas d'exécuter les intentions de Sa Majesté à ce sujet et de me mettre en état de lui en rendre compte.

Je suis, Monsieur, etc.

A Versailles, le 1 juin.

Sa Majesté fait remarquer Ceux qui refusent d'abdiquer Toutes les fonctions publiques Dont ils sont tenus, par la foi De leur serment, envers le roi Et les peuples de l'Armorique.

Elle me charge expressément De vous écrire incessamment Que vous disiez à ces lidèles Qu'Elle a, dans le moment présent D'autant plus de contentement De leur service et de leur zèle,

Qu'Elle n'ignore point, hélas!

Qu'auprès des douze magistrats En ce jour même l'on emploie, Afin de les faire déchoir Du plus légitime devoir, Les plus illégitimes voies.

Dites-leur que Sa Majesté Leur veut, mais avec fermeté, Donner, en toute circonstance.

Des marques de distinction.

De toute sa protection Et de toute sa bienveillance.

Vous exécuterez, je crois.

L'intention du Seigneur Roi De la manière la plus prompte, Et vous m'écrirez Sonical Afin de me mettre en état 'De lui rendre un fidèle compte.

Je suis, Monsieur, et cœtera, Car même aux premiers magistrats Je ne mets \>oh\\. J'ai l' honneur d'élre, Le petit comte Florentin.

Fait à Versailles le sept juin L'an mil sept cent soixante-cinq.

Transcrivez douze fois ma lettre.

Vous voyez que je suis instruit

Tout aussi bien que Laverdi,

Car aux premiers mots de ma lettre

Je donne un démenti tout net Aux réponses que vous a fait, Le 20 de mai, le Roi mon Maître.

Puis il est écrit sur le dos Et contre-signe Phelippeaux, Que l'on remette cette épître A Monsieur, Monsieur d'Amilly, Auquel, comme juge démis, Je ne puis donner aucun titre.

Note du traducteur :

Il est bien honteux, par ma foi, De faire parler un grand Roi D'une aussi petite manière.

Jamais style ne fut si plat.

Et nos secrétaires d'Etat Sont de bien mauvais secrétaires.

Page 1