‹ La Brie d'autrefoisChapitre 1 sur 33 · LIBRAIRIE ABEL BERTIER · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE ABEL BERTIER

(place du marché)

QA Monsieur JuLES GRENIER,

A Villiers-sur-Morin.

Mon cher compatriote^

Vous me demande^ un Avant-propos pour vos Mœurs et coutumes de la Brie, rassemblées en un volume illustré. Mon premier mouvement a été de décliner cet honneur. Il ne m'appartient guère de délivrer une sorte de passeport littéraire à d'intéressantes études qui n'ont que faire d'une présentation au lecteur. Quand le charme du conteur suffit amplement, à quoi bon une Préface ?

Mais vous faites appel à ma qualité de Briard.,

VI Préface.

à mon amour pour tout ce qui touche à notre petite patrie^ à son histoire, aux souvenirs de son passé; à ce titre ^ que ma lettre tienne lieu d' Avantpropos.

Il ne s'agit pas d'ailleurs de recommander votre livre, que j'ai eu tant de plaisir à lire sous sa forme primitive. Ne porte-t-il pas en luimême la meilleure recommandation, jointe à cet attrait particulier qu'a toujours ce qui tient au sol natal et nous reporte aux années de jeunesse?

Dirai-je ici (le lecteur le verra bien vite) que vous ave\ eu la main heureuse en esquissant, d'une façon alerte et vivante, de petits tableaux de mœurs briardes, en nous rappelant ces coutumes villageoises, parfois naïves, parfois égrillardes, qui disparaissent peu à peu et seraient bientôt oubliées sans la pensée que vous ave\ eue d'en fixer le souvenir?

Tréface. vu

Si la gaité franche et malicieuse^ si la tournure d'esprit quelque peu gauloise de nos pères, persistent dans les environs de Crécy, les habitudes et les mœurs se sont modifiées avec les jeunes générations, les vieilles coutumes sont abandonnées, les traditions s'effacent à mesure que le temps marche, que l'instruction se répand, que nos villages eux-mêmes se transforment , — à leur avantage, assurément.

On ne remplace guère les usages séculaires, lorsqu'ils ont fait leur temps, et notre époque ne s'attarde pas à les regretter ; gardons-en du moins la mémoire, comme une curieuse page d'histoire locale.

Vous Vavei compris en abordant ce sujet, traité sur le ton qui convient : le récit est simple, fidèle, agréablement présenté et littéraire sans prétention.

Viii Tréface.

Les rondes, les refrains de la veillée et quelques chansons de circonstance^avaient leurs airs originaux, qu'il était bon de conserver aussi ; ce point n'a pas été omis.

Ce n'est pas tout. Déjà vos récits ont inspiré des artistes émérites, admirateurs de notre pittoresque vallée du Morin, à laquelle vous êtes resté fidèle; leurs spirituels dessins ont traduit votre pensée et complété votre œuvre ; voilà une bonne fortune dont je vous félicite .

Ceux qui auront lu les scènes attrayantes ainsi prises sur le fait .^ feuilleté ces dessins de Servin, de Bœt:{el^ de Yon., voudront les relire et les feuilleter encore. N'est-ce pas le succès ?

Mais par-dessus tout., mon cher compatriote, — et vous y sere\ plus sensible qu'au succès même, — vousaure:{ la satisfaction intime d^avoir

'Préface. ix

fait un bon livre, dont le sujet est notre chère Brie, qui tient si fort au cœur de ceux qui y sont nés.

AgréCy mes meilleurs compliments, et croyezmoi sincèrement

Votre bien dévoué.

Th. Lhuillier ,

Melun. mai i883.

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