‹ La Brie d'autrefoisChapitre 11 sur 33 · DANSES SUR L HERBE · texte numérisé non relu

DANSES SUR L HERBE

L'heure du diner n'étant pas encore sonnée, on choisit un endroit propice dans les clos voisins, ombrages frais, gazons moelleux, et l'on y improvise avec deux tonneaux vides placés debout un orchestre tout primitif; les musiciens s^ installent, et, sans plus tarder, danseurs et danseuses rivalisent d'entrain, de grâce et de gaieté.

Il arrive bien parfois qu'au milieu d'une valse entraînante , ou de quelque tranquille avant-deux, le fond du tonneau, cédant tout à coup sous le pied du violoneux qui bat la mesure, l'infortuné s'engouffre dans les flancs de la futaille, en agitant par-dessus sa tête le crincrin qu'il voudrait sauver du naufrage. Les danses s'arrêtent, et c'est au bruit des rires homériques qui accueillent sa disparition que le ménétrier, pris lui-même de gaieté folle, fait des

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efforts désespérés pour se tirer du perfide tonneau. Il y parvient enfin, et, remonté sur le fragile orchestre simplement changé de bout, glapît comme si de rien n'était ses commandements interrompus : « Main droite! Balance^ vos dames La queiie du chat! »

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