SURAIGUËS
Elles se présentent sous 2 aspects, asphyxique el toxique.
La forme asphyxique, ou catarrhe suffocani, est due, soit à une bronchite capillaire, soit à un œdème infectieux aigu.
Dès le premier jour, les symptômes asphyxiques sont marqués, la respiration est pénible, avec tirage, dyspnée expiratrice ; sa fréquence atteint 60 à 8o mouvements par minute. La contraction des inspirateurs accessoires, la cyanose du visage, la fixité du regard dénotent l’angoisse de l'enfant.
À l’examen physique, pas de matité. L’auscultation fait entendre un mélange de râles divers : des râles de bronchite, sibilants et ronflants, et surtout des sous-crépitants à fines bulles ; ces râles sont disséminés dans toute l'étendue des deux poumons. On a l'impression qu'aucune plage pulmonaire n'est épargnée par la maladie. Le murmure vésiculaire est étouffé par cette « tempête » de râles. Nulle part on n'entend de souffle. Dans certains cas, les râles de bronchite manquent presque complètement ; les râles fins d'œdème sont seuls perçus dans les poumons.
Le catarrhe suffocant guérit parfois. Mais le plus souvent, en 3 ou 4 jours, l’évolution se fait vers la mort par asphyxie, avec polypnée extrême, diminution de la toux, refroidissement périphérique.
La forme suraigue toxique s’observe chez des débiles, ou à la suite d’une surinfection hospitalière ; elle termine aussi une pneumococcie prolongée à poussées récidivantes.
Elle est annoncée par une petite élévation thermique et par une légère baisse du poids qui ne se relève pas le lendemain.
Un ou deux jours plus tard, la température monte à 39, puis à 4o ou 41. L’auscultation révèle un ou deux foyers limités avec quelques râles, du retentissement du cri, sans souffle. Mais l’altération du visage, la dyspnée, la chute rapide du poids, qui atteint 5 où 600 grammes en 3 jours, font porter un pronostic fatal. L'enfant présente au moment de la mort une hyperthermie qui peut dépasser 42, ou, plus rarement une chute thermique à 35 degrés.
Le diagnostic s'impose. Le caractère de la dyspnée, l’altération de l’état général ne laissent place à aucun doute, et le diagnostic de broncho-pneumonie précède l’auscultation. Dans un cas personnel, toutefois, la respiration était si lente et si pénible, le tirage si accentué, que, malgré la rareté du croup chez le nourrisson, nous avons fait un tubage. L'autopsie, le surlendemain, montrait un foyer de broncho-pneumonie. Les ensemencements ont tous été négatifs. Cette erreur assez fréquente chez les jeunes enfants, doit rester exceptionnelle chez le nourrisson.