‹ La Bronchio-Pneumonie Du NourrissonChapitre 2 sur 56 · À MON MAITRE · texte numérisé non relu

À MON MAITRE

LE Docteur RIBADEAU-DUMAS

Qui m'a inspiré ce travail.

Travail du Service du Docteur Ribadeau-Dumas à la Maternité

Introduetion

La broncho-pneumonie du nourrisson est une affection des plus complexes et des plus hétérogènes.

L'anatomie pathologique comporte des descriptions variées. À côté des foyers miliaires de suppuration bronchique qui en constituent la lésion élémentaire, existent selon la plage pulmonaire, des altérations parenchymateuses, congestion, splénisation, infiltration grise avec nodules péribronchiques. Des lésions mécaniques s’y ajoutent, œdème et atélectosie. Enfin, il faut faire une place aux œdèmes infectieux dont la séméiologie est encore mal éclairée. |

La clinique enseigne que cette affection revêt 2 aspects étiologiques : tantôt c'est une maladie infectieuse brutale qui terrasse un organisme résistant, et elle se rapproche de la pneumonie, tantôt elle frappe d’une atteinte d'apparence plus légère mais fatale, un pauvre enfant débilité par la syphilis, par des troubles digestifs, ou seulement parfois par le séjour trop prolongé dans l'atmosphère hospi-

talière ; l'enfant épuisé meurt de broncho-pneumonie comme un adulte mourrait de tuberculose.

Toutes les broncho-pneumonies ont pourtant de grands traits communs ; ce sont les signes respiratoires, dyspnée et cyanose, qui trahissént « l’anoxhémie », la présence d’un foyer pulmonaire, et les siones généraux qui témoignent de la virutence de l'infection. Selon le cas, le syndrôme respiratoire ou le syndrôme toxi-infectieux l'emporte dans la constitution du tableau clinique.

Il nous a paru intéressant d'étudier ces 2 syndromes dans leur essence même, à un point de vue

physiopathologique.

1) Nous n'avons pu que rapporter à la bronchopneumonie du nourrisson les données récentes sur l’anoxhémie dans ies pneumopathies de l'adulte.

Ces données n’expliquent l’asphyxie que dans un certain nombre de cas, où existent des lésions pulmonaires étendues, et il faut souvent invoquer une origine toxique de la dyspnée:

2) Le syndrome toxi-infectieux nous a paru dominé par deux faits cliniques : l’anorexie et les variations de la courbe de poids, qui sont elles-mêmes fonction de la rétention d'eau ou de la déshydratation. :

Nous verrons comment l’anorexie peut être d’origine toxique, ou purement d'origine gastrique, causée par la présence des mucosités bronchiques dans l'estomac.

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Mais bien plus intéressante est’ l'étude du Métabolisme de l’eau :

Nous nous sommes attaché à déterminer le mode d'élimination de l’eau et en particulier la grandeur de la perspiration, c’est-à-dire de l’évaporation cutanée et pulmonaire : c’est la perspiration qui règle l'équilibre des échanges hydriques dans les tissus ; elle assure l'équilibre calorique et la régulation thermique. Elle constitue une donnée fondamentale de la physiopathologie du nourrisson.

Ces notions physiopathologiques nous permettent d'aborder le problème thérapeutique. En dehors de la thérapeutique classique, on tente d'opposer aux syndromes asphyxique et toxique un traitement spécifique : à l’asphyxie l'oxygène, à la toxi-infection, la sérothérapie.

Nous verrons quels sont les résultats actuellement acquis, et dans quelle mesure on peut compter sur les traitements classiques et sur les traitements spé-

cifiques.

Etude Clinique

- Nous avons vu que la broncho-pneumonie tire son

unité du lableau clinique. Nous le décrirons d’un seul tenant et nous exposerons ensuite les formes qu'il peut revêlir.

1. Début. — Le début se fait selon des modes variables selon que l'enfant est antérieurement bien portant, où que la broncho-pneumonie apparaît comine un épiphénomène au cours d’une autre affection.

A) Bronchopneumonie primitive.

Parfois, le début est brutal, comme celui d'une pneumonie. L'enfant subitement crie, s’agite, et vomit. Puis il refuse le sein, sa température monte à 39° et dès les heures suivantes, la toux et la dyspnée ébauchent le syndrôme pulmonaire.

D'autres fois, la broncho-pneumonie complique une trachéobronchite.

Depuis plusieurs jours, existe du coryza ; l'enfant, le nez enchifrené, obstrué par des mucosités

La ARE

verdâtres purulentes, refuse le biberon ; il est subfébrile, son poids est stationnaire ; l'infection descendante se manifeste par une trachéobronchite, avec sibilances, ronchus, quintes de toux ; la fièvre dépasse 38°.

La broncho-pneumonie n ‘éclate pas à grand fracas : mais la température s'élève à 39, la respiration devient de plus en plus rapide, pénible, les quintes de toux s’exacerbent, et l’auscultation fait entendre des bouffées de sous-crépitants fins.

B) Bronchopneumonie secondaire.

L'enfant est déjà gravement malade, atteint de diarrhée avec déshydratation ou d’une maladie infectieuse quelconque.

La complication pulmonaire peut se manifester d'emblée par la dyspnée et la recrudescence de la fièvre.

Mais souvent il n’en est pas ainsi ; on est seulement étonné de l’altération subite du facies, il y a un peu de toux, pas de dyspnée ; la température est à peine à 38°, mais une auscultation attentive décèle l’éclosion d’un foyer pulmonaire.

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