SE TORRES
accentué pour permettre d'établir deux descriplions cliniques.
1° Syndrome asphyæique.
L'enfant, à la suite de l’apparition d’un nouveau foyer, lend à se cyanoser ; d’abord la cyanose est temporaire et cède à un bain sinapisé ; mais les crises de cyanose durent de plus en plus longtemps et sont accentuées par des convulsions qui entraînent une apnée de plusieurs secondes, et la cyanose devient permanente ; les lèvres et la langue sont bleues, les joues livides, les mains, si elles sont exposées à l'air, elt'le nez sont froids. Le refroidissement du nez en particulier, semble comporter un pronostic grave. Le rythme respiratoire change, la respiration n'est plus « poussée », haletante, elle est au contraire superficielle, rapide, 8o, 100, 120 mouvements à la minute ; la toux est faible, avortée, incessante.
L'examen physique décèle une extension rapide des lésions, des râles fins mêlés à de grosses sibilances naissent en tous points de la poitrine. Enfin le pouls devient filant, incomptable, le corps se couvre de sueurs froides et la mort survient par asphyxie en un à trois jours.
Dans ces formes la température est extrêmement variable, mais d'ordinaire peu élevée, aux environs de 38. S'il existe une hyper ou une hypothermie terminale, elle reste le fait des dernières heures. Le poids est relativement stationnaire.
PES ER 2° Syndrôme toxi-infectieux.
L'aggravation de la maladie se marque par l’altération du faciès. Le visage est d'un blanc cireux, les muqueuses décolorées, le regard vague, les yeux grands ouverts ne s’attachent à aucun objet, la respiration est de plus en plus rapide et superficielle. Trois caractères soulignent l'intensité de la toxi-infection : l’anurie, les troubles digestifs et la dénutrition.
L'anurie est presque absolue.
Il nous est arrivé, pour recueillir des urines chez un petit garçon, de lui fixer, en guise d’urinal, un tube à essai maintenu par 3 bandes de diachylon sur le pubis et sur les plis inguinaux et de n'avoir pas une goutte d'urine à la fin de la journée.
Les troubles digestifs comrortent une anorexie absolue et de la diarrhée.
L’anorexie est telle que l’enfant refuse tout biberon et rejette aussitôt le liquide versé dans la bouche. Il vomit si l’on insiste. Quelquefois on arrive à lui faire prendre une cinquantaine de grammes de lait après un bain sinapisé. sk
La soif même semble disparue, car l'enfant n'acceple pas plus l’eau que le lait. Nous avons vu des enfants malgré tous les efforts de l'infirmière ne pas prendre plus de 300 grammes par 24 heures au lieu d’une ration de 800 et encore en rejeter une partie.
La diarrhée est toujours modérée et se réduit à quelques selles liquides et parfois décolorées.
Les troubles de la nutrition sont décelés avant tout par un amaigrissement rapide qui atteint 100 el 200 grammes par jour.
La peau est flasque et garde le pli. Les yeux sont enfoncés dans les orbites, les fontanelles sont déprimées, et il arrive que lés pariétaux se chevauchent. Ce tableau rappelle un peu celui du choléra infantile : il y a déshydratation bien plutôt que fonte du pannicule adipeux.
Enfin, un autre signe de l’altération tissulaire est fourni par la lente résorption des produits injectés par voie sous-cutanée. Les bulles d’œdème dues à l'injection d’un sérum artificiel glycosé ou chlorurésodique, ou encore du sérum anti-pneumococcique persistent plusieurs heures, et le lendemain le tissu sous-cutané est encore infiltré. L'huile camphrée laisse une nodosité persistante. On a l'impression que les tissus de l’enfant ne sont plus capables d’absorber aucun produit.
L'examen physique révèle des lésions variables mais souvent peu étendues. Ce sont des petits foyers de râles occupant une surface limitée, entre lesquels s'entend le murmure vésiculaire. On est frappé par le contraste entre l'intensité de la dyspnée et la gravité de l’état général, d’une part, et d'autre part, le peu d’étendue des lésions.
Le cœur bat à 150, le foie est augmenté de volume et dur.
Cette période d'intoxication ne dure guère que 2
ou 3 jours. L'enfant entre dans la phase agonique :
Le corps se couvre de sueurs ; le pouls est presque imperceptible, les battements du cœur deviennent incomptables. La respiration se ralentit et en même temps comporte des pauses qui tendent à s’allonger, le corps devient tout entier livide, et la mort ne tarde pas à survenir.
Nous avons passé sous silence l’étude de la température que nous nous réservons d'étudier longuement au chapitre de physiologie pathologique. Dans les derniers jours, la courbe thermique est instable, et comporte des oscillations étendues, entre 38 et 47. Dans les dernières heures, la température s’élève parfois au-delà de 4r degrés. D’autres fois, elle s’abaisse au-dessous de 37, et nous avons des observations de mort en hypothermie, à 35 et 34 degrés.
Nous avons décrit en les séparant nettement, les 2 grands syndromes asphyxique et toxique. Mais ils sont toujours associés, selon des modalités diverses. Il arrive toutefois que l’un d'eux domine nettement la scène clinique : Certaines formes aiguës à évolution rapide peuvent être uniquement asphyxiques ; et certaines broncho-pneumonies secondaires, chez des débilités, peuvent comporter des foyers minimes et un grand développement des signes de toxi infection. i