INOCULATIONS DIVERSES
On y a recours lorsque l’on ne dispose que de produits ne renfermant pas le microbe à l’état pur, ou en quantité suffisante pour fournir une culture.
La quantité de matière virulente à injecter est variable avec sa nature et sa provenance. Elle est cependant généralement de l’ordre de quelques centimètres cubes.
On peut s'adresser aux voies intramusculaire, sous-cutanée, ou intra-péritonéale. Pour Nelson, ce dernier mode d’inoculation serait le meilleur ; il provoquerait la stérilisation partielle des germes associés.
Le cobaye succombe à la maladie au bout de quatre mois, souvent plus. L'évolution de l'infection est très lente. Au bout de deux à trois mois seulement, on peut noter des lésions intéressantes. Elles siègent au niveau de la rate qui est hypertrophiée, bosselée ; du foie, qui présente des déformations, des lésions ondulaires, des tubercules. On note encore de la pneumonie, des hypertrophies ganglionnaires, des arthrites, des orchites, etc.
Le microbe peut généralement être retrouvé dans la rate et isolé de ses lésions. D’après Smillie, il serait encore pos- -sible de trouver la brucella dans cet organe et même dans les autres, en dehors de toute altération visible, et ce dès la troisième semaine après l’inoculation.
Il est bon, lorsque l’on a recours à cette méthode, de la compléter par des ensemencements nombreux placés dans les conditions requises par le microbe ; par la recherche hâtive, chez le sujet d'expérience, des modifications humorales et surtout sériques.
2° — TLACTO-INOCULATIONS.
En dehors de l’agglutination, applicable au lait, et que nous verrons plus loin, il existe un autre moyen de décéler l'infection brucellique, en partant de ce liquide. C’est une inoculation au cobaye.
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Elle a été employée par Schwartz, Proscholdt, qui en ont précisé la technique, puis par Schroeder, Cotton, Evans, etc... pour la recherche de l'élimination du microbe par la glande mammaire.
On nettoie sérieusement la mamelle et surtout les trayons, puis on prélève une quantité égale de lait dans chacun des quartiers. On se sert pour cela d’un tube de verre de 100 ec environ; stérile et assez épais pour résister aux manipulations. On le soumet à une centrifugation mécanique de 3.000 tours pendant 15 à 20 minutes. La crème se rassemble à la partie supérieure en une couche de 1 em à 1 cm 1/2, formant approximativement la 25° partie du liquide total. Au fond, on trouve un dépôt, le culot de centrifugation, dont l'importance varie beaucoup avec l'animal et la propreté du lait.
Au moyen d’une petite spatule, préalablement stérilisée, on soulève la couche de crème pour vider le petit lait qui occupe toute la partie moyenne du tube. On la mélange ensuite au culot de centrifugation, en ajoutant, pour homogénéiser le tout, un peu de sérum physiologique ; les bacilles étant rassemblés dans ces deux parties, surtout dans la première.
Le produit est ensuite inoculé au cobaye en intrapéritonéale, intramusculaire ou simplement sous-cutanée, à la dose de 1 ce ou ‘1 ce 1/2. Il est prudent d’injecter le même matériel à plusieurs sujets, car la réaction est souvent violente et peut amener rapidement la mort.
Les lésions sont semblables à celles décrites plus haut. Elles n’äpparaissent qu’au bout de 2 mois à 2 mois 1/2 ; elles portent sur la rate et le foie. On note en plus des in-
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filtrations œdémateuses du tissu conjonctif sous-cutané et des tendons, des ilots de pneumonie, de pleurésie.
D'après Schwartz et Swen Wall, l'examen du sérum des cobayes effectué au bout de 4 à 6 semaines, en prélevant 3 à 4 cc de sang directement dans le cœur, donnerait des indications excellentes.
Schwartz, en 1929, a déclaré avoir obtenu par ce procédé des résultats tout à fait satisfaisants. Il a signalé en particulier avoir décélé l'infection d’une vache dont le lait avait été mélangé à celui de 50 autres femelles saines.
CONCLUSION
Les gros inconvénients de ces méthodes, outre le temps qu'elles demandent, sont : l’intermittence de l'élimination brucellique ; la lenteur de l’évolution de l'infection chez le cobaye, qui laisse une grande place à la mortalité par d’autres causes ; le peu de résistance de l’animal. On peut diminuer ce dernier écueil en multipliant le nombre de sujets inoculés, en complétant l'opération par des ensemencements et la recherche précoce des modifications humorales. Il n’en restera pas moins que les produits qui sont à la base de ces procédés contiennent le germe avec une grande irrégularité et, qu’en particulier, la lactoinoculation ne pourra jamais décéler que l’émission de bacilles par la mamelle.
Les inoculations sont inapplicables au diagnostic de la brucellose bovine.