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RÉACTION D'AGGLUTINATION

a) Agglutinines.

Découvertes par Charrin et Roger, dans des cultures de bacille pyocyanique, en présence d’immunsérum analogue, elles se rencontrent dans un grand nombre de sérums anti. Elles apparaissent dans de nombreuses maladies infectieuses,

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L'agglutination s'effectue à basse température et se montre seulement un peu plus rapide à 37°. Les agglutinines, auxquelles on l’attribue, résistent au chauffage à 56-60°. Elles ne dialysent pas et n’agissent qu'en présence d'électrolytes. D'après Bordet et Joas, les acides et surtout les alcalis les détruisent. Le sulfate d’ammoniaque à demi-saturation les précipite du sérum avec les globulines sur lesquelles elles seraient fixées. Les gommes, la gélatine s'opposent à leur réaction.

Expérimentalement, elles apparaissent dans le sérum trois ou quatre jours après l'injection des microbes, vivants ou morts. Elles atteignent leur maximum vers le dixième ou douzième jour et persistent très longtemps, quelquefois plusieurs années.

On les trouve non seulement dans le sang, mais encore dans le lymphe, les liquides d’œdème, les épanchements des séreuses, les bulles de vésicatoire, le lait, etc.

Bien que les agglutinines soient spécifiques, le sérum d’un animal infecté par une seule espèce microbienne agglutine parfois des microbes appartenant à une espèce voisine. Il y a une coagglutination.

b) Principe de la réaction.

Bordet le présente comme suit : « Lorsqu'on ajoute une trace de sérum anticholérique frais ou privé d’alexine, par chauffage pendant une demi-heure à 55°, à une émulsion de vibrions cholériques, dans l’eau physiologique, les microbes s’immobilisent immédiatement, puis, sans perdre leur vitalité, s’agglomèrent, s’agglutinent en petits amas visibles à l’œil nu. Le sérum d'animaux immunisés contre d’autres germes que le vibrion cholérique ne produit aucun effet »,

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«In vitro », selon ce même auteur, l'agglutination des microbes se produit en deux temps :

1°) Fixation de l’anticorps sur l’antigène et formation d'un complexe.

2°) Accolement par les électrolytes du milieu et réunion en amas des éléments chargés d'anticorps.

Les conditions d'équilibre avec le milieu du complexe antigène-anticorps diffèrent de celles de l’antigène normal. Il en résulte qu’au contact des électrolytes ajoutés en proportions variables, les éléments se rapprochent, s’accolent les uns aux autres, s’agglutinent et forment des amas de volume croissant.

En fait, l’agglutination est le produit de deux facteurs :

les propriétés agglutinantes des sérums et l’agglutinabilité des cellules.

L'action agglomérante varie considérablement avec la nature et la dose de l’antigène, la concentration de l’anticorps, le temps de contact, la température, le ph du milieu. L’agglutinabilité diffère, souvent, avec les races d’une même espèce microbienne.

D'après Widal, les germes morts se montreraient aussi agglutinables et agglutinogènes que les microbes vivants.

c) Application du principe.

C'est Wright qui, le premier, en 1897, utilisa pour le

diagnostic, les propriétés agglutinantes du sérum des sujets atteints de fièvre ondulante.

Sa méthode, après avoir été bien accueillie, fut rapidement délaïssée : la technique était mal définie et on n'y avait pas confiance. Il fallut attendre 1923 et la mise au point de la réaction pour qu'elle fut de nouveau employée.

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Pour la brucellose bovine, le procédé a subi des vicissitudes analogues ; préconisée par Holt, elle est rejetée par la Commission anglaise en 1909. Elle est réhabilitée par Brull en 1911. Depuis lors, la technique a subi différentes modifications ; de nombreux auteurs se sont efforcés de rendre pratique le diagnostic de Wright.

d) Source des anticorps.

Cette épreuve est souvent effectuée en partant du sérum de l’animal suspect. Les agglutinines sont décelables de 6 à 21 jours, selon Mac Fadyeau, après l'infection. La pratique a montré que le meilleur moment pour les rechercher allait du 12 au 15° jour après l'avortement ou l'accouchement de la femelle.

Ces événements paraissent provoquer le passage dans l'organisme des microbes jusque là cantonnés dans l'utérus, et agir comme une infection expérimentale.

La réaction positive se maintient en général au moins quatre mois. Selon Seddon, elle peut cependant disparaître plus tôt dans 10 p. 100 des cas.

Le sang est prélevé aseptiquement dans la jugulaire. Il est avantageux de le recueillir dans des tubes épais, permettant dès l’arrivée au laboratoire une centrifugation sans manipulation.

Le sérum collecté est inactivé par un chauffage de 30 à 60 minutes à 55-56°. L'opération peut avoir lieu en présence du caillot ; la décantation n’est pas nécessaire. Tout sérum hémolysé doit être rejeté, car il fournirait des précipités simulant une agglutination.

On peut s'adresser à d’autres humeurs, notamment au lait.

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Dès 1909, M. Fadyean et Stockmann avaient démontré les propriétés agglutinantes de ce liquide vis-à-vis de brucella abortus.

La lactoagglutination fut surtout utilisée en Amérique. Seddon la conseillait pour les grands troupeaux où la récolte du sérum est fastidieuse. Cet auteur coagule le lait par une trace de solution alcoolique de présure, de façon à obtenir le lactosérum. Celui-ci n’a pas l’opacité du lait ; il permet une observation plus facile de la réaction. On peut aussi se contenter d’une dilution très poussée du produit total de la traite.

Selon Stockmann, la réaction peut être considérée comme positive aux taux de 1/25 ou 1/20.

Dans ce procédé, on rencontre de nombreuses variations du taux d’agglutination, selon le quartier qui a fourni le lait, le moment de la traite, l’époque de la lactation, l’abondance de la sécrétion.

Les réactions obtenues ne concordent pas toujours avec celles du sérum. Cooledge, après inoculation de bacilles dans un quartier, y trouve des agglutinines au bout de 24 heures. Elles n'apparaissent que plus tard dans les autres parties de la mamelle. |

Dans un essai d'infection par le trayon, Schweder observe que le pouvoir agglutinant de la partie infectée est nettement supérieur à celui des autres.

L'apparition des anticorps dans le lait semble donc dépendre, non seulement de l'infection de l’animal, mais aussi et surtout de celle de la glande mammaire.

Aux variations, citées plus haut, du taux des agglutinines, se superpose donc l’inconstance de l'élimination des bacilles par la mamelle.

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