RÉACTIONS SECONDAIRES
a) Réaction d'Abderhalden.
Cette réaction, encore peu utilisée, est basée sur la recherche des ferments protéolytiques spéciaux ou ferments destructeurs d’albumines spéciales.
À chaque variété d’albuminoïde correspond un ferment particulier que la méthode peut mettre en évidence, dans certains états pathologiques ou physiologiques tels que la gestation.
Kortz a appliqué cette méthode à la maladie qui nous inté-
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resse. Par dialyse, il révèle la présence dans le sérum des animaux infectés, du ferment qui décompose les protéines de brucella abortus. La technique de cette réaction est complexe et sort du domaine courant des laboratoires.
| b) Mise en évidence de l’antigène.
Réaction de Holth.
C’est en réalité une réaction de fixation du complément effectuée avec une solution physiologique de lambeaux ou d’exsudats cotylédonnaires.
La solution est filtrée et mise en contact avec le sérum abortif. Ce dernier, s’il y a infection, apporte la sensibilisatrice et l’alexine. Si, après addition de globules rouges et d’'hémolysine, les globules ne sont pas détruits, c’est que la sensibilisatrice avait été fixée.
Il y a lieu de conclure à la présence d’antigène abortif. Réaction de Thomsen et Holth.
Elle consiste à injecter la solution physiologique préparée de la façon indiquée au-dessus, dans les veines d’un lapin. Cela provoque la formation de substances spécifiques dont les propriétés fixatrices et lytiques vis-à-vis des germes correspondants sont en tous points comparables à celles de la sensibilisatrice de Bordet.
Après 7 à 10 jours, on recherche les sensibilisatrices ou même les agglutinines.
c) Réaction de précipitation.
On recherche ici les précipitines, substances qui agissent de la même façon sur les micelles albuminoïdes, que les agglutinines sur les microbes” Comme ces dernières, elles sont spécifiques, ne sont détruites qu’à 70° et mani- festent leur activité même en l'absence d’alexine,
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Pour les mettre en évidence, on peut s'adresser à un antigène spécifique. C’est le principe de la réaction d’Ascoli. En l'occurrence, on pourrait prendre un extrait microbien, par exemple « l’Abortine », dont nous parlerons plus loin, de même que pour la morve Panisset et Miessner ont eu recours à la malléine.
On peut au contraire employer un antigène non spécifique. On agit de la sorte dans la réaction de floculation de Meinche, la réaction de Fulton ou la réaction de Sachs et Georg. Celle-ci est surtout employée pour reconnaître la syphilis ; elle s'effectue avec des extraits d'organes simples, additionnés de cholestérine.
3° — RÉACTION DE DÉVIATION DU COMPLÉMENT OU DE FIXA- TION DE L'ALEXINE.
C’est la recherche dans le sang des sujets suspects de la sensibilisatrice de Bordet ou ambocepteur d'Ehrlich.
a) Sensibilisatrices.
Ce sont des anticorps qui peuvent fournir de très utiles indications pour le diagnostic de nombreuses maladies. Aussi leur étude a-t-elle pris une grande extension. Pfeiffer, en 1894, a démontré le premier leur existence, par une expérience devenue classique, avec un cobaye vacciné contre le choléra et du vibrion cholérique.
Bordet et Gengou en 1898, puis Ehrlich et Morgenroth en 1899 ont expliqué cette expérience. Dans le sérum du cobaye vacciné contre le choléra, il existe deux substances ayant des propriétés différentes :
L'une se trouve dans tous les sérums normaux d'homme ou d’animal ; elle est thermolabile, c’est-à-dire détruite par un chauffage de 30 minutes à 55°, c’est :
L'alexine pour Buchner, le complément pour Ehrlich,
la cytase pour Metchnikoff.
L'autre est spécifique, elle se fixe sur l’antigène qui a provoqué sa formation, le « sensibilise », pour permettre à l’alexine de le détruire ; cette substance est thermostable : elle résiste au chauffage à 55°, c'est :
La sensibilisatrice de Bordet, ou le fixateur de Metchnikoff.
Dans l'expérience de Pfeiffer, il y a destruction du vibrion cholérique, lysé par l’action combinée de la sensibilisatrice et de l’alexine : il y a bactériolyse. Si au lieu de microbes, l’antigène est constitué par des globules rouges, Paction lytique que l’on ne peut dans le cas précédent qu’observer au microscope et difficilement, se manifeste par la mise en liberté de l’hémoglobine : il y a hémolyse. Cette réaction est facilement appréciable. Mais pour obtenir la destruction des hématies, il faut leur opposer un sérum renfermant une sensibilisatrice active pour elles.
C’est dans le but de faciliter la lecture du résultat que
Bordet et Gengon, en 1901, combinèrent la bactériolyse et l’hémolyse, réalisant la réaction de fixation de l’alexine ou de déviation du complément.
C’est Holth, en 1909, qui, le premier, a appliqué la réaction de fixation au diagnostic de la Brucellose bovine en partant de cultures de la brucella. Après lui, la Commission anglaise, puis de nombreux auteurs ont utilisé ce procédé, souvent avec un antigène différent. Zwick et Zeller emploient des extraits aqueux de placenta de vaches infectées. Gwatkin utilise un filtrat, sur bougie Berkefeld, de culture de 10 jours, en bouillon peptoné, de sept souches d’abortus. Il l’additionne de 0,5 p. 100 de phénol,
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Marcis en 1925, Mac Thime et Rettger en 1926, ont trouvé des sensibilisatrices dans le lait de vaches infectées. On peut les rechercher dans ce liquide, mais il faut le neutraliser au bicarbonate de soude, pour éviter les erreurs dues à l’action anticomplémentaire de l’acide lactique.
b) Principe de la Réaction.
Dans un premier temps, on met en présence les éléments d’un système bactériolytiqué :
1°) sérum du sujet suspect chauffé à 56° (conservation de la sensibilisatrice si elle existe, disparition de l’alexine). 2°) antigène correspondant.
3°) sérum normal de cobaye (apport d’alexine neuve en quantité connue).
On porte le tout à l’étuve à 37° pendant une heure.
Dans un deuxième temps, on ajoute au mélange : 1°) des hématies de mouton, 2°) du sérum de lapin antimouton, chauffé à 56° (il contient la sensibilisatrice spéciale aux globules rouges de mouton et est privé d’alexine). * On laisse ensuite le tout à l’étuve à 37° pendant deux heures.
Deux cas peuvent se produire :
L'animal est infecté :
La sensibilisatrice spécifique de brucella abortus existe dans son sérum. Pendant le premier temps, elle se fixe sur l’antigène de ce même microbe, le sensibilise. L’alexine peut dès lors être absorbée par ce complexe : il y a bactériolyse. Dans la deuxième phase, la sensibilisatrice du sérum antimouton agit bien spécifiquement sur les hématies, mais il n’y a plus d’alexine : il ne peut y avoir hémolyse.
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Les globules rouges intacts se déposent au fond du tube ; le résultat est positif.
L'animal n'est pas infecté :
L’antigène brucella ne trouve pas sa sensibilisatrice spécifique, que le sérum de l'animal sain n’a pas apporté. Il ne peut être attaqué par l’alexine qui reste libre. Il n’y a pas bactériolyse.
Les hématies toujours sensibilisées par l’apport du sérum de lapin antimouton sont attaquées par l’alexine qui n’a pas été « fixée » au premier temps de l'opération. Les globules sont détruits : il y a hémolyse. La réaction est négative.
c) Matériel.
Pour réaliser cette épreuve, il faut :
1°) des globules rouges de mouton. On les isole par de multiples lavages, à l’eau physiologique, de sang défibriné. Ils ne doivent présenter la moindre hémolyse dans ce liquide.
2°) du sérum antimouton. On l’obtient en injectant une émulsion physiologique d’hématies de cet animal, à 8 ou 10 reprises sous la peau d’un lapin.
3°) de l’antigène. Sa composition est variable. Il est le plus souvent à base de cultures microbiennes ou d’extraits d’organes d'animaux infectés.
4°) du sérum du sujet suspect. On le tire par centrifugation de 100 ce du sang recueillis par ponction veineuse. Il doit être chauffé à 56° pendant au moins 20 minutes. 5°) de l’alexine. On la trouve dans le sérum normal de cobaye, frais ou conservé par le froid.
Pour assurer à la réaction toute sa valeur, il est néces-
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saire de titrer la plupart des éléments énumérés ci-dessus. Par exemple, il est certain que si on apporte une quantité trop grande d’alexine, elle ne sera pas complètement fixée par le complexe antigène-sensibillisatrice de la brucella. II pourra y avoir hémolyse en même temps que bactériolyse. Le résultat sera faussé.
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La mise en œuvre de cette réaction exige une préparation longue et minutieuse ; un opérateur averti et consciencieux. Le matériel qu’elle nécessite est important. Il faut opérer avec de nombreux tubes témoins. Elle demande beaucoup de temps et ne peut être effectuée en série.
Dès son apparition, on a cherché à se rendre compte de sa valeur. Thomsen, Mac Fadyean, Huddleson, l’ont comparée à l’agglutination et ont obtenu des résultats concordants. Lentz et Miessner ont trouvé que la déviation donnait des résultats positifs là où l’agglutination ne révélait rien.
Il ne paraît pas, malgré son adoption par quelques auteurs, dont Mohler, Traum, Gwatkin, qu'elle puisse remplacer la réaction beaucoup plus simple de l’agglutination.
Elle peut, cependant, lui être associée pour préciser les résultats douteux, sur lesquels il importe particulièrement de se faire une opinion.