DIFFÉRENCIATION
Selon Duncan, si les brucella ne peuvent pas être diffé-
2 MOBIL
renciées sur gélose simple ou glucosée elle peuvent l'être sur gélose au sang pepioné : abortus est en bacilles 3 à 4 fois plus longs que larges, tandis que mélitensis est en Cocci.
Favilli et Bonicelli estiment qu’une souche du premier, méême âgée de cinq mois et demi, se développe bien en culture sur gélose, alors qu’une du second pousse plus mal ou méme est morte. Pour Legezinski, ils ne se distinguent que par la microaerophilie.
Facaï a signalé que la température de la destruction des agglutinines serait différente : de 75° pour abortus, elle ne dépasserait pas 65° pour mélitensis. Par contre, Proscholdt a montré que l’abortus était détruit par un chauffage de 60 à 65° pendant une demi-heure.
Chas Murray, SMc Nutt et Paul Purvin ont établi, ces derniers temps, avec beaucoup de précision, qu'une pasteurisation à 62 - 63° pendant troïs minutes était suffisante pour détruire la brucella de souche bovine ou porcine. Ils ont signalé en outre l’influence considérable des conditions dans lesquelles est obtenue l'élévation de température, en insistant sur l'importance du modèle de pasteurisateur empployé, et, surtout, sur le mode de régulation de la pression.
Domingo et Lopez ont donné, comme procédé de différenciation, l’action de la bile sur les propriétés agglutinantes de ces agents : mais Tapia et Martin de Nicolas n’ont pas trouvé de différence marquée. |
Selon, Feusier, Meyer, Polettini, A. C. Evans, etc. on pourrait les reconnaître, à coup sûr, par la pratique de la réaction d’agglutination après « saturation » ou « absorption » des agglutines. Ce procédé consiste à absorber les
PURE CN TO ACNE D PTE
OO TEE
anticorps spécifiques d’un sérum malade par une quantité convenables de bacilles. On recherche ensuite les agglutinines secondaires ou résiduelles dont on meusre la quantité. On essaie différentes souches avec le sérum soumis à « l’absoption », on classe ensemble celles qui se comportent de la même façon.
D'après ces auteurs on pourrait arriver, en multipliant les épreuves, à une classification sérologique des brucella. Cette méthode semble donner des résultats, mais elle est très délicate et ne repose que sur les propriétés peu importantes des agglutines secondaires. De plus, il ne faut pas oublier qu'il existe des races de brucella qui se différencient des types mélitensis ou abortus, dont elles ont toutes les proriétés pathogènes, par ce fait qu’elles jouissent de propriétés antigènes spéciales, provoquant dans l'organisme infecté, la formation d’agglutinines strictement spécifiques. Elles n’agissent pas sur les brucella types et réciproquement les agglutinines de mélitensis et l’abortus ne donnent rien avec ces races.
Ce fait, bien connu pour le premier de ces agents, est tout aussi vrai pour le second, comme le prouvent les travaux de Gilbert, Mac Arthur, Wigmore, etc...
José Vidal et R. Abella ont essayé les diverses méthodes que nous venons de voir. Aucune ne leur à permis de reconnaître l'origine des germes. D’après ces auteurs c’est l'addition de bile qui donnerait les meilleurs résultats, mais avec une inconstance décourageante.
Sans adopter la classification qui donne comme mélitensis toutes les souches pathogènes pour l'espèce humaine et comme abortus toutes celles qui, soi-disant, ne le sont pas, sans souci de leur origine, il faut admettre que c’est
Le O0
encore leur virulence qui sépare les brucella avec le plus de netteté.
Nous avons vu plus haut comment il fallait interpréter cette différenciation, avec les cas de plus en plus fréquents, de transmission de la brucellose animale à l’espèce humaine. Î est aujourd'hui certain que l’abortus de souche bovine ou porcine est, à un certain degré, et dans des circonstances particulières, pathogène pour l’homme.
D'autre part, il a été prouvé expérimentalement que le mélitensis peut infecter les bovidés et se comporter comme un abortus.
Miss A Evans inocule dans la veine d’une vache en gestation un tube de culture d’une brucella isolée de l’homme ; quarante-cinq jours plus tard l’animal avorte, après cinq mois et demi de gestation. Le microbe est retrouvé dans le contenu stomacal, le liquide péritonéal de l’avorton et le colostrum.
Carpenter injecte de la même façon 10 cc d’une dilution, en eau physiologique, d’une culture de mélitensis à 5 génisses pleines ; elles avortent du 5° au 20° jour après l’inoculation. Le germe est mis en évidence dans le colostrum, le placenta et le fœtus.
La virulence des souches microbiennes pour le singe étant couramment considérée comme un témoin de leur pouvoir pathogène pour l'espèce humaine, il était logique que les expérimentateurs s'adressent à lui.
Le mélitensis est très virulent pour cet animal. Une faible dose (5.000 microbes) suffit souvent à déterminer chez celui-ci une maladie analogue à celle observée chez l’homme. Dans quelques cas, l'infection ne se déclare pas mais le
sang renferme des agglutinines et les tissus recèlent l’agent inoculé.
D'après F. Meyer et B. Eddre, à la suite d'une réaction de cette nature, les animaux résistent à l’ingestion des cultures très virulentes.
Burnet rapporte que deux volontaires et deux singes, ayant reçu sans dommage, une inoculation de trente à deux cents millions de brucella abortus, ont résisté à l'épreuve faite avec le mélitensis ; le contrôle par hémoculture a montré qu'aucun d'eux n'était atteint de mélitococcie. Ces résultats mettent en lumière la valeur de la vaccination croisée et un fait que l’on a paru oublier dans l'interprétation de certaines expériences : la faible sensibilité naturelle du singe aux brucella.
A ce propos F. Meyer et B. Eddre signalent que toutes les races de cette espèce animale ne sont pas sensibles à l’infection, loin de là, et que, parmi celles qui le sont, une proportion importante de sujets a une immunité très solide vis-à-vis de la contamination digestive.
Si l’on en croit les expériences de nombreux auteurs, notamment de Burnet, avec Abortus il faut donner des doses massives, dépassant 16 milliards de corps microbiens, pour obtenir une maladie. Les symptômes cliniques sont alors peu appréciables et on ne peut généralement établir l’existence de l’infection que par la recherche du pouvoir agglutinant dans le sérum et l’ensemencement de substance organique convenablement choisie.
Fleichner, Vecki, Shaw et Meyer ont montré, en 1921, que l’abortus peut produire chez le singe une maladie identique à celle que provoque le mélitensis.
Forest Huddleson et E. T. Halleman reprennent ces expé-
riences en 1929 et aboutissent aux mêmes résultats. Ils font remarquer cependant qu'avec des cultures d'origine bovine, l'infection peut ne pas se produire ou être très lente.
D'après ces auteurs les singes sont, par contre, particulièrement sensibles aux souches porcines de l’abortus, pour eux plus virulentes que le mélitensis. La différenciation par le singe est donc loin d'être aussi nette que l’on avait cru tout d’abord.
Notons, à côté de ces résultats, pour le moins inatten-
dus, que Gilbert a signalé en Palestine une brucella dont la virulence serait l'intermédiaire de celle du mélitensis et de l’abortus ; que la méthode de l'absorption des agglutinines a permis de différencier, en Amérique, jusqu'à huit variétés de brucella.
Ces faits, les expériences nombreuses tentées dans le monde entier pour reconnaître l’origine des germes brucelliques ; les résultats souvent contradictoires obtenus Ra maladie que provoquent, chez l’homme, les deux microbes avec des symptômes d'intensité variable, suivant le pays et les conditions d’infection, nous amènent à adopter l'explication de ceux qui pensent que le mélitensis et l’abortus constituent, non seulement un même genre brucella, mais qu'ils appartiennent à une seule et même espèce microbienne.